[RP forum]Le soir du Sommet

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Cypries
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Cypries » 15 Août 2014, 11:12

Spoiler : :
Bilan du RP Veilleur, joué en jeu. Comme prévu, on a considéré que les personnages Veilleurs des joueurs indisponibles étaient présents en PNJ !


Peu avant le début de la réunion, la quinzaine de membres de l'Escouade de Caledon se regroupa à Cathal, répondant à la convocation de son meneur, le Maître de Guerre Cypries. En dehors des Veilleurs, tous équipés et parés au pire, se trouvait également Amynarmëh, secondant fidèlement son compagnon. Après un rapide état des lieux et un bref bilan stratégique, que l'on pouvait résumer par "on est à la fois l'avant-poste qui guette et l'arrière-poste prêt à soutenir", tout s'engagea bien plus rapidement que prévu.

Il y eut d'abord un doute, de la part de la Protectrice-Jardinière qui vérifiait le réseau racinaire mis en place pour surveiller les profondeurs souterraines.


- Je ne... suis pas sûre... Je crois que ça a bougé, par ici... Un peu comme un glissement de terrain ?

S'il s'agissait là d'une avancée discrète des ronces souterraines ou d'une autre cause naturelle, nul ne le sut jamais. Car c'est soudain une grande forme sombre accompagnée d'un cri strident et d'un claquement de gigantesques ailes qui déchira le ciel, lâchant, au hasard de son vol vers le sud, quelques projections d'une substance visqueuse, noirâtre, interrompant pour de bon la réunion des Veilleurs.

Veilleurs qui se jetèrent immédiatement à couvert, sauf Cypries qui, fidèle à sa réputation de vivacité et d'adresse hors du commun - dans les négatifs, finit recouvert par l'un de ces "crachats draconiques". La bave se révéla fort corrosive. Heureusement tiré immédiatement en sécurité par le Chevalier Gernoshan, il eut le temps de s'assainir de flammes purificatrices, typiques d'une magie de Gardien. Il n'y laissa que la couche superficielle de son armure d'écorce, et quelques feuilles-cheveux.

Bien coordonnés, les Veilleurs se répartirent immédiatement. Ceux déjà parfaitement apprêtés, tels que la Croisée Caïwen, firent le tour de Cathal pour vérifier les dommages collatéraux : quelques blessés légers par projections corrosives, une civile plus touchée, prise en charge par le guérisseur Gaetan, rien de très grave au final. Les autres finalisèrent leurs préparatifs, passant heaumes et respirateurs, car certains rapports des éclaireurs au Col Aride avaient fait état de la présence de spores aux effets encore méconnus. Et c'est au petit trot que toute la troupe, accompagnée d'Amynarmëh, se rendit plein sud, à peine trente secondes après le passage du dragon. Il ne planait pas le moindre doute : c'est vers le Bosquet que se rendait le monstre.


- N'oubliez pas les consignes ! On prend l'ennemi en tenailles si on peut, on aide les rescapés ! On se met aux ordres des Protecteurs si besoin !

L'on acquiesça aux ordres de Cypries... Puis les Rêveurs du groupe s'immobilisèrent. Quelque chose venait de profondément s'ébranler dans le Rêve. Un mal-être, une instabilité, dans un référentiel qui avait toujours été présent.

- Mère...

L'ordre reprit bien vite, même s'il fallut encadrer Amynarmëh, clairement le plus touché par ce changement. Calbagh s'étonnera sans doute, avec du recul, de sa grande maîtrise de lui-même. Le Chevalier Gernoshan s'enquit de ces mystérieuses nouvelles, invisibles pour elle, puis...

- On a b'soin d'un lieu en hauteur pour voir où en est la situation.
- Oui
, répondit Cypries, d'autant plus sérieux et stable que s'étiolait le référentiel onirique de leur Mère. On pourra voir ça depuis Caer Astorea.

Arrivés sur place en bon ordre - leur petit groupe tranchait dans la panique ambiante, Cypries ordonna de s'équiper des longue-vues et... changea rapidement d'avis. Il n'y en avait pas besoin. Les assauts du dragon étaient visibles à l’œil nu sur le tronc et les branches de l'Arbre Clair. Mais ce qui était visible, aussi, c'est que ça ripostait. Les défenseurs du Bosquet n'avaient pas baissé les bras... et eux non plus.

Ils fendirent les flux paniqués de Sylvaris, qui fuyant le Bosquet, légèrement blessé, qui souhaitant s'y rendre pour le défendre, restant pour leur part au pas. A la porte nord du Bosquet, Cypries assigna la Croisée Abigael, grande Norn qui servirait de point de repère et de regroupement pour l'Escouade. Le reste de la troupe s'avança derrière le Chevalier Gernoshan dont l'imposante carrure traçait une piste claire au milieu des habitants désorganisés. Cypries attribua un à un les membres de l'Escouade, dont la Croisée Sikrieria et les Recrues Cynwrigh et Zaezoum, pour accompagner vers l'infirmerie d'Astorea de petits groupes de blessés légers. C'est au final avec le Chevalier Gernoshan, la Croisée Caïwen, la Recrue Calbagh et son chien Sully, et Amynarmëh, que Cypries put voir le dragon fuir la zone de combat, repoussé, malmené, mais pas anéanti, loin de là.

Le petit groupe participa à achever les ronces qui parasitaient l'Arbre Clair, puis Cypries libéra chacun d'eux, leur demandant de se retrouver au point prévu trois heures plus tard et de se rendre utile d'ici là, selon les consignes données. Mis à part Sully qui avait essuyé une projection de cette même substance noirâtre, et l'armure de Caïwen passablement entamée de la même manière, ils étaient frais et indemnes et avaient donc pour Devoir de Veilleur de s'activer pour le Bien des victimes du dragon.

Cypries, sans lâcher un Amynarmëh visiblement très touché par les événements, constata que les délégations des différents peuples, ainsi que celle du Pacte, se portaient bien, s'informa brièvement des nouvelles, puis se rendit à la Cosse de l'Aube. Inquiet pour ses proches, évidemment, mais surtout désireux de se rendre utile grâce à ses talents de guérisseur, qu'il n'avait d'ailleurs plus sollicités depuis longtemps. Il croisa Eulùenn et Mânfael - vivants, bien que touchés - puis trouva sur place son Frère, inconscient et en bien piètre état. Il s'avança pour aider à le soigner, lorsqu'un Sylvari paniqué entra dans la cosse en y portant une Svyllia gravement blessée. Laissant Cael dont l'état avait déjà été stabilisé par Thelawiel, Cypries s'occupa d'elle en priorité, envoyant Amynarmëh chercher Pierrot, élève nécromant de la Rose et la Plume. Aidés de Thelawiel, Ciam et Larthé, ils prirent soin, autant que possible, de la pauvre Svyllia. Cypries ne quitta ensuite pas les lieux, gardant dans ses mains celles de Cael et de Svyllia, sa présence tutrice clairement marquée et rayonnante dans le Rêve.

Au lieu de rendez-vous de l'Escouade des Veilleurs, il fit simplement parvenir le message de rester mobilisés au Bosquet et de reprendre, sous les ordres du Chevalier Gernoshan, les dispositifs anti-terroristes, plus cruciaux que jamais dans ce Bosquet affaibli. Il précisa que tout volontaire extérieur souhaitant aider les Sylvaris devait se mettre sous les ordres des Protecteurs, qu'il ne fallait pas laisser de chaos s'installer, même de la part d'individus à première vue bien pensants.

Il resterait pour l'instant à la cosse du l'Aube, pour sa part, soignant de son mieux le couple de ses plus vieux proches, guettant l'amélioration espérée de leur état, demeurant bien sûr disponible si sa présence devait se révéler requise.
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Ciam
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Ciam » 15 Août 2014, 15:26

Cyllia

Un frisson.
Cyllia traquait sa proie depuis quelques minutes déjà. Elle savait qu'elle ne pourrait pas lui échapper bien longtemps, que sa lame aura tôt fait de transpercer son coeur pour l'achever, sans plus de douleur que celle infligée par le piège qu'elle lui a tendu.
Mais ce frisson n'avait rien de celui de la chasse. Elle s'est figée, un instant. Elle a senti la panique, la détresse de ses pairs, la souffrance de sa Mère, et c'est sans hésiter un instant de plus qu'elle rebroussa chemin vers le Bosquet.
Elle courut, sans même y penser, jusqu'à se retrouver sur place. Des créatures végétales attaquaient. Elle saisit son espadon d'ambre et se jeta dans la bataille, tranchant ronces et loups Mordrems dans une sorte de transe guerrière. Le spectacle pouvait avoir quelque chose de beau, s'il n'était pas terrifiant. La Sylvari finit par tomber, blessée par ses adversaires sans même s'en être rendue compte. Heureusement pour elle, la bataille se terminait...
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Nantu Perce-Bruyère
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Nantu Perce-Bruyère » 15 Août 2014, 22:27

Nantu

Nantu était en train de réviser et d'optimiser son carnet de feuilles médicinales, quand tout à coup un tremblement de terre fit tomber certaines feuilles de son carnet. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait mais c'était dangereux. Il courut avec Navataris à ses côtés mais suite au tremblement de terre il ne faisait que des zig-zag. En approchant du vide, Nantu tomba sur un pont arboricole situé en dessous. Son chien de fougère lui, s'était accroché en mordant les montants de la barrière végétale qui normalement sécurisait l'étage du Bosquet. Navataris attendit quelques minutes pour que l'apprenti guérisseur reprenne ses esprits. L'espace qui séparait l'étage du bosquet et le pont arboricole était de seulement trois mètres.

Puis le jeune guérisseur prit l'arc court végétal et plusieurs flèches pour les placer dans sa bouche. Il décocha deux flèches pour tuer un mordrem en descendant le pont arboricole. Il était proche de la Cosse de l'Aube quand un autre mordrem lui sauta dessus pour le mordre au bras gauche. Navataris lui sauta dessus en lui mordant la gorge et le déplaçant d'un mètre du bras de Nantu. Alors le guérisseur pris sa dague à sa ceinture pour l'enfoncer dans la tête du loup. Il avait la main ensanglanté. Il était terrorisé par l'acte qu'il avait fait mais quand il regarda autour de lui, le jeune guérisseur terrorisé n'avait pas remarqué le vrai désastre, le chaos même...

Il laissa sa dague couverte de sang dans le crâne de la bête. Il courait vers la Cosse de l'Aube quand il vit Larthé par terre avec un loup mordrem qui s'accrochait à une de ses jambes.

- Larthé !

Alors, il ramassa la flèche qu'il avait faite tomber en criant pour sa bien aimée. Puis il bandit son arc court mais il avait mal, tendre son bras gauche était une souffrance pour lui. La corde de l'arc s'ensanglantait au fur et à mesure que sa main droite restait sur elle mais il décocha sa flèche qui atterrit dans la nuque du loup mordrem sanguinaire. Il avait tué trois fois, un acte qui faisait hérisser ses feuilles bleues.

Mais à peine avait-il décoché la flèche qu'un loup particulièrement plus gros lui sauta dessus pour le faire tomber sur le sol avec la bête sur le torse. Le fidèle chien de fougère du jeune sylvari sauta sur la gorge du loup pour le mordre jusqu'au sang. Nantu, lui, était presque inconscient mais sa vision était troublée par le choc. Les deux animaux eux se mordirent jusqu'au sang, chaqu'un à leur tour en se roulant dessus. Une bataille horrible surtout que le jeune maître du chien de fougère blessé ne pouvait rien faire et au bout de plusieurs minutes la cécité qui l'enveloppait disparue et ce qu'il vu le fit pleurer... Navataris était mort ! Il était mort pour lui, les deux corps des animaux étaient sur le sol rempli de sang. Puis il s'évanouit.
*it's you or me. The way I see it, it might as well be you*

Nantu Perce-Bruyère: Archer apprenti guérisseur
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Cappaeriel
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Cappaeriel » 16 Août 2014, 00:59

Lui. Elle.

Il flotte dans un univers blanc. La pâleur est celle de l'absence ; la lividité, et non pas la lumière. L'abandon. Le rien.

Les échos colorés du monde sont trop lointains pour lui parvenir. Il flotte, dans un espace sans haut ni bas, sans début, sans fin. Sans temps. Sans rien.

Même son corps brisé est bien trop distant, à présent, pour qu'il puisse encore ressentir la douleur, ou se souvenir de ce qu'il s'est passé. Ici, il n'y a que l'engourdissement, et l'attente. Il a oublié son nom, son passé, son présent, et son futur est une notion impossible. Il ne sait plus rien.

Nager dans ce vide, pour aller où ? Percer la pâleur, et se retrouver où ? De quel côté du voile ? Comment peut-il le savoir ? Il n'y a rien, ici. Il n'a rien non plus. Plus de corps, ni d'image, et à peine une bribe d'esprit. Il cherche, dans le désert de son coma. A jamais, rien.

Parfois, des bribes passent, pourtant, mais il n'a pas de mains pour les saisir, et elles disparaissent aussi vite qu'elles sont apparues. Il ne lui reste que de la poudre d'aile de papillon aussi incolore que le reste, et la frustration légère, si légère, car nulle chose ici ne saurait être prononcée. Il ne peut pas se mettre en colère. Il ne peut pas pleurer. Il ne peut pas parler. Il ne peut rien.

Un instant, il se souvient, il est déjà venu ici, oui... ou reviendra t-il ? Il ne sait plus rien. Il a le sentiment d'avoir toujours été au sein de ce vide morne, flottant sans même la force de se plaindre de rien.

Là où il n'est nul son.

Là où nulle couleur n'existe.

Là où il n'est nul contact.

Là où la solitude englobe à jamais l'être.

Là.

Où.

Il.

N'est.

RIEN.

Du.

Tout.

RIEN.

Il y a elle.

Il la retrouve. Il se souvient avec une brusquerie si douce de la musique de sa voix, et de ses yeux, et de la sensation de ses doigts dans ses mains.

Il ne s'interroge pas sur ce qu'elle fait là. Elle flotte, tout comme lui. Elle n'est pas, à proprement parler, une vision, juste une sensation ténue, une impression fugace légèrement plus colorée que les autres, qui agite un sens, puis l'autre, faiblement. Et elle demeure. Seule parmi les autres, elle demeure, et elle ne fuit pas, et elle se rapproche, car elle aussi cherche.

Et il comprend qu'elle est aussi perdue que lui. Et soudain, ils peuvent, juste un peu, pousser sur leurs pieds pour se projeter dans le désert sans dimension, brièvement, ouvrir leurs yeux pour les croiser, avant d'oublier de nouveau ce qu'est la vue, juste un instant, s'enlacer et pousser un long soupir, sentant le souffle de l'autre sur leur visage. Ce n'est pas grand-chose. Mais une fois noués, il ne se lâcheront plus. Même quand l'oubli affluant, comme toujours, viendra gommer toute trace de sensation.

Mêlés l'un avec l'autre, ils continuent de dériver ensemble aux frontières de la mort et de la vie.
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Svyllia
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Svyllia » 16 Août 2014, 15:22

Elle. Lui

Plus blanc que le Zircon et infini. Autour d'elle n'était que l'absolu, le vide blanc sans nom, sans lieu, sans temps. Elle n'était qu'un minuscule point de ce champ de clarté unique, une goutte d'eau flottante dans cet océan de perdition calme.

Aucune sensation.

Aucun sentiment.

Aucune pensée ne venait la traverser.

Juste cette présence acceptée de force, cette impression de vide et d'absence, spectatrice forcée qu'elle était d'un spectacle dénué de sens, de début et de fin.

Terrifiée?

Apaisée?

Ces mots n'avaient cours ici. Seul comptait le fait qu'elle était là, coquille vide de toute essence, dérivant sans vouloir même combattre le courant qui la gardait ici. Quelques zestes incohérents de mémoires se manifestaient, parfois, dans d'illusoires images, sons, ou odeurs, rappelant une existence qui n'était pas de cette temporalité, qui n'était pas celle ci, et qu'elle voyait apparaître et s'évanouir sans même chercher à s'y raccrocher.
Ce lieu, pour autant qu'il en soit vraiment un, lui semble malgré tout étrangement familier. Comme si elle l'avait partagé, comme si elle y avait plongé profondément ses mains, pour en extirper quelque chose... quelqu'un... mais quoi?
Qui?
Cette sensation disparut et se désintégra dans l'infinité blanche, résonnant encore un peu, plus faiblement, comme un souvenir oublié, avant de s'effacer, et ne laisser sur elle que ce rien.
Ce rien qui vit ici, dans lequel elle nage, sans raison, sans but.
Ce grand rien qui l'étreint et la déchire à la fois, qui la mord et la protège en même temps, ce grand rien qui est.
Tout simplement.

Et pourtant, elle le vit, lui, et l'observa sans qu'il ne soit. Le contempla et l'accepta sans le comprendre, sans même chercher à comprendre. Et du plus profond de son être perdu, si profondément enraciné en elle comme une deuxième nature, comme cette part indivisible de son âme,elle sut.

Elle sut s'en approcher malgré l'absence de repères, et ébrécher l'absence de sens du désert blanc.

Elle sut se blottir contre lui, et ramener fugacement les échos de leurs étreintes.

Elle sut ramener en ce lieu une étincelle, une lumière différente et fragile, et amener l'espoir de la faire de nouveau briller et déchirer ce voile.

Elle sut.

Elle sut qu'ils ne se quitteraient jamais.

Comme ils ne se furent jamais quittés.


Loin, si loin de cet endroit, un frère et une soeur, allongés l'un à coté de l'autre, perdus dans un sommeil sans fin, raccrochent à leur existence et dans le Rêve, faiblement, l'écho de ces retrouvailles, de concert :

$Amour$
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Cypries
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Cypries » 16 Août 2014, 18:51

Dans la réalité, les mains de Svyllia et de Cappaeriel sont à présent l'une contre l'autre, leurs doigts refermés pour qu'elles restent tenues, liées.
Cypries et Thelawiel y veillent. Cypries, d'ailleurs, continue de poser une main sur les leurs, ou caresser gentiment leurs feuilles-cheveux, leur parlant régulièrement, leur partageant souvent des émotions oniriques. Patient. Il a cru ressentir un petit grésillement onirique de leur part, ce qui a redonné de l'espoir alentours.

Il y aura également eu, hier, une tentative - vaine - de les tirer du coma par l'odeur alléchante de tartelettes encore chaudes. Gourmette n'a pas laissé les pâtisseries se perdre, nulle inquiétude à ce propos.
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Cypries
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Cypries » 16 Août 2014, 19:10

Sur un autre plan, un mémo, rédigé par Cypries, est à présent visible, affiché pour la communauté, à la manière des annonces, des cours...

Elirth, élève de la Rose et la Plume, a été retrouvée ce jour, Endormie pour Toujours. Elle est tombée en se battant contre les créatures de Mordremoth pendant la réunion au sommet. Il est possible d'aller la voir une dernière fois dans la salle servant de morgue, isolée au fond des bureaux des Protecteurs. Selon le choix de la principale destinataire de son testament, Hanaraka, elle sera enterrée avec les autres victimes de ce triste jour lors de la cérémonie commune.

Puisse-t-elle Dormir en paix. Le Rêve n'oublie jamais.


Si certains iront la voir, son corps a été apprêté, dignement, placé dans un linceul de grandes feuilles qui couvrent tout sauf son cou et son visage.
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Ormeronce
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Ormeronce » 16 Août 2014, 20:54

Ormeronce

L'étage supérieur du Bosquet était noir de monde, la foule grouillante se massant autour du portail par lequel les dirigeants des plus grandes nations de Tyrie devaient arriver d'une minute à l'autre. Les jambes pendant dans le vide, le sylvachampignon observait la scène, perché sur une branche de l'arbre mère, tapotant sur ses genoux en attendant que commence le Sommet. Les pensées se bousculaient derrière son front, sans qu'il arrive à savoir s'il était plus excité par la venue des dirigeants en elle-même, ou sur l'issue que cette rencontre pourrait avoir. Il poussa un soupir, tentant de faire le vide dans son esprit pour mieux se concentrer sur ce qui se passait en contrebas, une première personne avait franchit le portail.

Les délégations se succédèrent, la Reine Jennah, talonnée par les gardes de la lame brillante, Knut Ours-Blanc, le Conseiller Phlunt, et Smodir l'Impassible. Tous défilèrent sous ses yeux pour se rendre à la Chambre d'Omphalos où devait avoir lieu la rencontre. Lui, sur son perchoir, trépignait comme une jeune pousse tout juste sortie du cocon. Puis commença l'attente. Nul ne pouvait savoir avec exactitude la teneur des propos tenus entre les dirigeants des cinq nations... Il passa le temps comme il pouvait, observant les autres en contrebas. Les uns discutaient, les autres se rendaient au Refuge afin de se désaltérer, chacun passait le temps en attendant le résultat de ce qui était sans aucun doute l'assemblée le plus impressionnante qu'il y ai eu depuis des lustres...

Il observait avec amusement un groupe de ses jeunes frères et sœurs assaillir un charr de question vraisemblablement toutes plus excentriques les unes que les autres quand le choc eu lieu. Le grincement des racines de l'Arbre Clair fit écho au tremblement, résonnant à ses oreilles comme une plainte lancinante. Il sauta sur ses pieds tout en portant la main à son arc, en équilibre sur la branche de sa mère dont la souffrance se répercutait en pulsations sourdes dans le Rêve. Et les créatures surgirent, sortant de terre, abominations de chair et de végétal mêlés. Sa sève ne fit qu'un tour, et son rêve se para d'une idée inlassablement répétée : défendre. Il n'était certes pas le combattant le plus chevronné du Bosquet, mais sa position lui donnait à avantage conséquent. Il tâtonna dans son carquois et en tira l'une de ses trois flèches à empennage noir. Curare, pas d'hésitation, ces abominations devaient être éliminées à tout prix. Encocher, tendre l'arc, tirer. La flèche siffla, glissant sur l'air en direction de sa cible, et la pointe se ficha dans le flanc d'un loup Mordrem. La bête continua de charger la proie qu'elle avait prise en chasse quelques secondes, avant de s'écrouler sur le sol, prise de convulsions. Il encocha une seconde flèches, continua son œuvre de mort. Plus d'états d'âme à avoir, il devait protéger sa famille.

Il portait une énième fois la main à son carquois lorsque l'ombre perça les nuages. La silhouette sinistre du dragon se dévoila rapidement à la vue de tous. Le tireur suspendit son geste, les yeux écarquillé par un mélange de peur et de surprise. Le champion de Mordremoth fondit sur la chambre d'Omphalos, plantant griffes et crocs dans l'écorce de l'Arbre-Mère. La structure de l'Arbre s'ébranla une nouvelle fois, déséquilibrant le sylvari qui tenta de se rattraper maladroitement à son perchoir. Il cru un instant réussir à crocheter un bout d'écorce et stopper sa chute, mais ne parvint en fait qu'à s'écorcher les doigts. Le monde devint flou, se délitant autour de lui dans sa chute. Puis vint le choc. Il fut happé par le vide.
Dans un dernier éclair de lucidité, il perçu l'image floue de jambes qui s'agitaient en tous sens. Son ouïe perçu un croassement, lointain. Puis le silence et l'obscurité l'étreignirent.
J'ai sauté Zack Effron -Calbagh
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Oriel
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Oriel » 18 Août 2014, 01:10

La cosse paraissait exigüe à Oriel après les crêtes acérées des Cimefroides, où pentes et ciel se renvoyaient leur blancheur aveuglante sans obstacle aucun. Cela valait mieux qu'une tente froide à la toile imbibée de fumée, humide de glace fondue par le feu et de condensation. Que des ruines dont le mystère et les découvertes potentielles lui restaient indifférents, tant il se gelait les couilles à monter la garde pour les explorateurs du Prieuré.

Il y avait cette atmosphère sombre et gorgée d'eau propre au Bosquet, où tout était végétation et où tout semblait prêt à exploser de couleurs et de luxuriance. Les fleurs disposées par Arty diffusaient une senteur plus fraiche dans la pièce, leurs corolles s'épanouissant en bouquets clairs qui serpentaient pour suivre le mobilier et les courbes des murs. Des petits hublots translucides rentrait une lumière jaune et la rumeur enflant et désenflant comme une mer en attente de tempête.

Les terrasses croûlaient sous la foule comme des branches trop chargées, les protecteurs ordonnaient les flux de visiteurs et d'escorte sur les spirales de passage, évitant les bousculades. Arty était quelque part dans cette effervescence, se faufilant sans doute dans l'espoir d'avoir un aperçu du cortège. Le Charr restait chez eux pour ranger le contenu de ses coffres, respirant des bouffées de poussière et de nostalgie. Cache-museau tricoté par Cael, carnet offert par Svyllia - pour faire des rapports -, bambou des marais de Lumillule, gravé du nom de troupe improvisé Griffépine, touffe de poils arrachés par Calbagh lors d'un rodéo particulièrement violent, épée d'entrainement en bois pour pratiquer avec Pum et Falcon, et autres reliques plus anciennes... De tous les moments, c'était sans doute le moins opportun pour trier les vieilleries, alors que les Protecteurs étaient sur le qui-vive et que le sort du monde se décidait peut-être là haut. Il avait enfilé son armure, au cas où, mais il s'était également fait excuser auprès de Cappaeriel, lui expliquant qu'il craignait d'être reconnu. Oui, avec l'éveil d'un Dragon, les siens avaient sans doute mieux à faire que se préoccuper du sort d'un fugitif dans son genre... Mais si l'Impérator Smodur s'était déplacé, les Cendres patrouillaient forcément pour assurer sa sécurité. Algieba et sa troupe avaient peut-être été appellés, au nom de ses talents diplomatiques... Algieba était peut-être ici, au Bosquet. Alors non, il ne pouvait pas sortir, et l'atmosphère tropicale qu'il aimait comme son nouveau foyer lui semblait irrespirable.

Il commençait l'entretien de ses armes lorsque l'arbre fut ébranlé. Les délicates poteries qu'Arty ramenait de chez les humains versèrent des étagères et la commode s'effondra ; des broussailles voisines, tordues, crevèrent une des fenêtres. Le silence soudain, à l'extérieur, laissait entendre des craquements profonds, comme si un géant étirait vertèbre par vertèbre sa colonne vertébrale. La première pensée d'Oriel, stupide, fut un tremblement de terre. Et puis les cris commencèrent, déchirant l'espace et hérissant le poil sur son dos. Ces cris, c'étaient les mêmes que ceux du massacre de l'Aube, ceux d'un peuple dont on assaille l'âme même. Dont on déchire le Rêve. Et le frappa l'évidence : Arty, dehors, au milieu d'une bataille, sans défenses. Comme cette fois là, où il avait failli mourir. Où il avait perdu un bras.

Il se rua au dehors, dérapant sur les rampes trop étroites pour atteindre le sol, le niveau le plus bas d'où il jugea que l'attaque devait provenir : par le sol ou par la Mer. Puisant dans son inquiétude la colère qui l'avait toujours porté à la guerre et au combat, il s'extirpa de la foule en panique pour rejoindre les zones d'affrontement. Retrouver son compagnon était impossible ; il devait défendre les civils, agir en soldat. Il devait avoir foi en Arty, ce n'était plus une jeune pousse sans défense, il s'en sortirait sans lui, cette fois.

Contrairement à ce qu'il croyait, le gros des "troupes" adverses ne se trouvait pas en bas, à entendre la cacophonie des étages supérieurs. Il le remarqua à peine cependant. Une créature qu'il n'avait jamais vu, un chien végétal qui n'avait rien du sympathique limier sylvain, lui bondissait dessus avec une vitesse alarmante. La chose cherchait la gorge, découverte par sa mauvaise habitude de ne pas porter de casque. Surpris par l'agilité stupéfiante de la créature, il ne put lui porter qu'un coup biaisé, et vacilla, déséquilibré par la puissance cynétique de la bête. Reculant sur plusieurs pas, il écarta sa gueule de fleur bavante de sucs du dos du bras, luttant tandis que des tentacules en émergeait pour se diriger vers sa tête exposée. Son autre bras prit l'élan nécessaire et d'un coup qui lui frola les moustaches, il dégomma la bouche béante et hideuse.

La confusion régnait. Les plantes luminaires s'étaient éteintes, comme étouffées par quelque chose, et la seule lueur éclairant les lieux était la luminescence des lacs. Il trébucha sur des corps. Autour on se battait. Il lui sembla reconnaître des membres de la Gardesonge. Surtout des inconnus. Protecteurs, étrangers. Se regroupant quand surgissait un monstre d'une brêche dans le sol. Des lianes entravèrent ses pattes et il chuta pour de bon. Loin devant, près des racines majestueuses de l'Arbre Clair, les plantes malveillantes semblaient prises d'un regain de violence, et il pouvait entendre des éclats de voix assourdis, voir des silhouettes se tordre entre les ronces. Des fissures dans le sol rayonnaient de ce point et par là étaient sorties celles qui l'assaillaient, plus petites. Il jura tandis qu'elles s'insinuaient entre ses plates. Sa masse contendante ne servait à rien. Grondant, il fit appel à ses flammes purificatrices. Une liane se rétracta, grésillant, noircissant. Un sylvari sectionna l'autre d'un coup d'épée. Et ils étaient de retour dans la mêlée, gestes machinaux, voile rouge, détruire, brûler. Il n'y avait pas à se contenir contre cet ennemi là. Il n'y avait pas à penser. Juste se battre, pour la survie de tout ce qui était, tout ce qu'il aimait. Le charr laissa libre cours à son besoin de lutter à mort, retenu depuis trop longtemps. Alliés. Ennemis. Tuer. La grosse bête en armure bondit, roula, masse qui écrase, griffes qui déchirent, machoires se serrent, le goût de la sève et son sang âcre envahissant sa gueule. Et les flammes, ah, les flammes, bleues et rouges dansant autour de lui, courant sur ses bras, léchant sa crinière. Fidèles compagnes trop souvent reniées.

Lorsque la bataille s'acheva, que les Veilleurs les eurent rejoints, qu'ils s'acharnèrent de concert sur les lianes rescapée, plantées dans le corps blessé de l'Arbre géant, l'épuisement tomba comme une chappe sur son échine. Il réalisa qu'il boitait, qu'il saignait. Son poil était roussi et englué de sève. Son état était beaucoup moins grave que les blessés qu'on transportait sur des civières, cependant. Beaucoup moins grave que les morts. Il pourrait attendre. A moitié hébété, il songea à Arty, vérifier qu'il allait bien. C'est là seulement qu'il remarqua la gravité sur les visages des membres de la Gardesonge. Entendit le nom prononcé à mi-voix. Et frappé de terreur se précipita vers la cosse de l'Aube.

Cael.
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Kata Keranu
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Kata Keranu » 18 Août 2014, 15:46

Kata était sortie ce jour-là. Elle avait fuit l'affluence de monde au Bosquet pour aller profiter un peu du calme de Caledon, après sa journée d'entraînement. Depuis, il semble qu'elle ai disparut...

Spoiler : Pour ceux qui veulent en savoir plus, attention... spoil sur ce qui arrive à Kata :
Si vous souhaitez enquêter sur ce qu'il est advenu de Kata, contactez-moi.
http://laroseetlaplume.sylkansael.com/forum/viewtopic.php?f=6&t=1021
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