[RP forum]Le soir du Sommet

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Cappaeriel
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[RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Cappaeriel » 13 Août 2014, 22:53

Spoiler : :
Topic jumelé ici.


Tout commença par une foule dense. L'étage supérieur du Bosquet était noir de monde, peut-être plus qu'il ne l'avait jamais été, même lors des occasionnelles fêtes et foires. Les jeunes pousses chuchotaient avec excitation en se poussant du coude et montant sur les pointes des pieds, et les habitants plus mesurés n'étaient pas en reste. Certains avaient escaladé les branches basses et les bâtiments pour s'offrir un point de vue imprenable.

Car, s'il n'y avait pas eu d'annonce publique, les préparatifs avaient fait se répandre la rumeur comme une traînée de poudre... et à présent, rien ne pouvait plus être caché : les dirigeants du monde se réuniraient au Bosquet ! Pour tous, c'était là l'occasion d'apercevoir Caithe ou Trahearne, les Premier-Nés héroïques, si souvent absents... certains rêvaient de demander l'adresse de son tailleur à la Reine Jennah, d'autres encore plus ambitieux de provoquer Knut Ours-Blanc ou Smodur l'Impassible en duel. Les plus politiciens méditaient sur le symbole de la venue du Conseiller Phlunt dans les relations sylvari-asura, proches, mais mouvementées depuis leur première rencontre. D'autres encore murmuraient à propos de cet étrange sylvari épineux qui se tenait raide comme un i, et ne semblait s'occuper qu'à échanger des remarques sarcastiques avec sa voisine -n'était-ce pas Canach, le criminel ?!-.

Du portail asura, jusqu'aux cosses ascendant vers la Chambre d'Omphalos, un cordon veillait à ce que rien ne déborde. Principalement composé de Protecteurs, il s'adjoignait également de Pacificateurs asura, de Séraphins humains, de Soldats du Fer, et de volontaires norns.

Lorsque le Héraut annonça l'arrivé du premier des invités, la foule bruyante se tut, à l'exception de quelques murmures légers. Les uns après les autres, les dirigeants de la Tyrie pure sortirent du portail, et avancèrent au milieu du couloir, vers l'ascenseur qui les menait à la Chambre d'Omphalos.

En première place vint Jennah « aux pieds nus », talonnée par de prestigieux gardes Lame Brillante et Kasmeer Meade, qui avait su faire parler d'elle chez les sylvari pour son coup de force contre la Tour des Cauchemars.

Puis ce fut Knut Ours-Blanc qui s'avança, moins connu des sylvari, mais dont la prestance vigoureuse de norn suffisait amplement à asseoir l'admiration chez les spectateurs.

Ce fut ensuite au tour du Conseiller Phlunt, dont l'accueil fut plus mitigé... les plus jeunes se réjouissaient de sa présence comme pour celle de tous les autres ; mais certains des plus anciens croisèrent les bras avec une certaine réserve. Les races asura et sylvari devaient subir encore longtemps le souvenir des expériences cruelles subies par Malomedies...

Quant à Smodur l'Inflexible, s'il fut accueilli avec un silence impressionné avant d'être acclamé, c'est qu'il s'agissait tout simplement -et bon nombre de sylvari le savaient, même parmi les plus jeunes- du dirigeant d'une des plus vastes forces armées de Tyrie, sinon la plus grande. Sa participation, et à travers lui celle du peuple charr, pèserait très lourd dans la balance.

Les uns après les autres, ils s'élevèrent vers l'Avatar de la Mère, accompagnés de leurs gardes, de Trahearne, représentant le Pacte, et de Caithe, ombre de l'Arbre Clair si rarement vue. Et fermant la marche, le groupe qu'on appelait sous cape « les Orphelins du destin », héros aux actes jeunes mais acclamés.

Tandis qu'en haut, les dirigeants devisaient de l'avenir du monde à l'écart des oreilles indiscrètes, au Bosquet, la foule s'agitait de façon mélangée. Les uns, chaleureux, faisaient déjà connaissance avec les envoyés des autres races, s'amusant des ressemblances et différences entre les devoirs d'un Protecteur et celui d'un Séraphin. D'autres, plus graves, tentaient de deviner le fin mot de la rencontre. Certains, inquiets, voyaient d'un mauvais œil les présences étrangères. La rigueur des gardes du Fer fit sensation auprès des jeunes éparpillés, qui s'amusèrent à essayer de leur chatouiller le nez à coups de plumeau pour les voir réagir.

L'Auberge du Refuge des Constellations ne désemplit pas. Les gardes étrangers dont c'était la pause trouvèrent bien vite le chemin du seul, mais grand, débit de boisson de la capitale sylvari. Les cruches de nectar d'automne et les plateaux de fruits eurent grand succès auprès de ceux que la chaleur de la foule faisait tourner de l'œil.

Les Protecteurs, mobilisés et vigilants, veillaient sur tout cela. Malgré ses aspects de foire, l'occasion de la rencontre ne trompait pas longtemps. La menace était là, pesante, quoique impalpable. Dans les regards, qui se levaient fréquemment vers la cime de l'Arbre Clair, et la Chambre d'Omphalos. Dans les murmures, les prières, les sourires optimistes, les poings serrés résolus, les angoisses réprimées.


La menace impalpable ne tarda guère à inverser sa tendance, et elle le fit de la manière la plus brutale...

Tout d'abord, ce fut une secousse. Puis une autre, plus forte, et le grincement des racines de l'Arbre Clair. L'on entendit un cri monstrueux, puis plus rien. Puis de nouveau, le grincement, et les craquèlement de la terre, du bois... la souffrance de leur Mère se répercuta soudain en écho douloureux à travers les sylvari. Les lumières de la ville vacillèrent, imperceptiblement.

Puis les monstres surgirent. De la chambre d'Omphalos, on entendit des cris... et aux étages inférieurs, hé bien...

Une ombre passa entre deux nuages, trop rapide pour être perçue. Puis elle repassa. Et les horreurs qu'elle avait lâchées atterrirent au milieu de la foule en suscitant des hurlements d'horreur. Mordremoth ne semblait guère décidé à attendre que le combat vienne à lui, tous comptes faits.

A ceux qui avaient déjà combattu le Cauchemar, les hautes et monstrueuses créatures qu'étaient les enveloppes ravivaient des souvenirs bien trop douloureux. Et celles-ci n'étaient pas moins puissantes que les vieux adversaires des Rêveurs. D'un coup de masse, elles broyaient les os et projetaient au loin leurs adversaires. Les loups mordrems, mélange corrompu et ignoble de chair animale et de végétation draconique, hurlèrent et se lancèrent eux aussi à l'assaut. Mais le plus terrifiant fut peut-être l'apparition des rosseurs aberrants, fleurs monstrueuses et aux capacités magiques mortelles.

Rapidement, la défense s'organisa. Les Protecteurs étaient en nombre, et les gardes des autres nations, triés sur le volet, les réflexes et la discipline aiguisés, se joignirent au combat sans prendre le temps d'hésiter.

Mais pour beaucoup, hélas, c'était déjà trop tard. Et l'occasion de toute une vie s'était avéré, pour trop d'innocents, sa conclusion.

Aux étages inférieurs, entre les racines de l'Arbre Clair, les ronces cruelles mordaient et blessaient. Quelques autres créatures, surgies du sol avec ces immondes tentacules, se précipitèrent sur les défenseurs. Les Protecteurs, là encore, étaient prêts à se battre, mais là non plus, la bataille ne fut pas sans coût.

Le gros du combat, cependant, se déroulait bien plus haut. La Chambre d'Omphalos avait subi une attaque sans précédent aucun ; le cœur même de l'Arbre, le sanctuaire inviolable, avait été percé. Le chaos régnait toujours, mais les actions braves et rapides des Orphelins du Destin permirent d'éviter le pire...

Un portail d'envoûteur s'ouvrit, là où les ascenseurs à graines avaient été les premières cibles -sans hasard aucun- des assaillants mordrems, et, un à un, blessés mais vivants, les dirigeants de Tyrie et leurs gardes en émergèrent. Tous, sauf un.

Un commandant du Pacte demeurait seul, dans la Chambre d'Omphalos, et l'Avatar de l'Arbre n'était nulle part en vue... la magie de l'envoûteur Kasmeer semblait bloquée.

L'ombre immense qui hantait les cieux se révéla. Un fragment d'aile, un hurlement sinistre, et, comme un vautour affamé, la soudaine silhouette d'un champion dragon mordant les branches de l'Arbre Clair, cruellement, ses serres plantées sur la Chambre d'Omphalos.

Le souffle court, impuissants, parfois même incrédules, tous levèrent les yeux vers le drame qui se jouait. Pour les sylvari, l'Arbre Clair souffrait. Les hurlements de douleur furent vite couverts par les pleurs -et les cris de rage. Elle ne pouvait, ni ne devait mourir.

Et elle ne mourut pas. Un sang, ou plutôt une sève corrompue, se mit à couler de la gueule du dragon, et, le vol ballant, celui-ci s'arracha soudainement à la Chambre d'Omphalos, disparaissant aussi vite qu'il était apparu.

Et l'Arbre Clair saignait. Ses branches abîmées, ses racines blessées, son cœur attaqué. Kasmeer parvint enfin à rouvrir ses portails ; libérant de la Chambre le commandant du Pacte héroïque qui s'y était retrouvé coincé, et permettant aux guérisseurs sylvari d'accourir au secours de l'Avatar.

L'assaut avait été bref. Désormais, les corps des mordrems, comme ceux des innocents et des défenseurs qu'ils avaient fait tomber, jonchaient le sol du Bosquet. Et un silence d'horreur s'assit brièvement, une poignée de seconde, avant que le deuil, les ordres de secours secs ou la panique indiscernable ne se mettent à tomber sur ceux qui étaient restés.
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Cappaeriel
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Cappaeriel » 14 Août 2014, 15:27

Cappaeriel

Cappaeriel se tenait à son bureau, comme s'il ne se passait rien aux étages supérieurs. Une note de frustration flottait dans son esprit, mais quelqu'un devait bien assurer la prise des rapports et des dépositions aux Jardins de Solanacée, pendant que d'autres faisaient le cordon. C'était le cas de la majorité de la Gardesonge.

Il demeurait en armure, à l'exception de ses gantelets et de son casque, posés à côté de lui, sur un tabouret végétal. Comme toujours. L'inconfort armé était quelque chose que Cappaeriel ne connaissait pas, plus habitué à passer sa vie enfermé dans du métal ou du bois qu'à l'air libre. Et plus que tout, habitué à passer sa vie penché sur un bureau, les lunettes sur le bout du nez et la plume entre les doigts. A maugréer intérieurement contre son manque d'action, mais à accomplir son Devoir avec la même rigueur que toujours.

Quoique la Solanacée fut bien moins peuplée que d'habitude, la majorité des Protecteurs étant de garde dans tout le Bosquet, il n'était pas seul. Quelques autres pauvres âmes s'attelaient avec lui aux affaires courantes.

Lorsque le sol trembla, il serra les doigts à en briser son crayon à papier.
« Qu'est-ce que c'était ?! L'Arbre a... »

Il écarquilla les yeux, et bondit sur ses pieds, comme, assurément, tous les autres qui se trouvaient là. Un tel mouvement ne pouvait augurer rien de bon, et il n'y avait que peu à se questionner sur les raisons, après ce que certains, dont Cappaeriel, avaient pu voir au Col Aride. En hâte, il enfila gantelets et casque, et aboya quelques ordres à ceux qui se trouvaient là, avant de saisir ses armes et bondir en dehors du bureau.

« Ecuyère ! Marai, viens avec moi ! Ça venait de Guettemer ! Les autres, préparez-vous, suivez vite ! Ceux qui restent ici, fermez les portes s'il le faut ! Et protégez les prisonniers !. »

Le capitaine et son écuyère freinèrent instantanément. Une messagère essoufflée manqua de les percuter de plein fouet.

« -Protecteurs ! Des ronces ont été vues près de la Porte du Chevaucheur des Mers ! Elles attaquent... par tous les Cycles, elles attaquent Mère ! Vos collègues m'ont dit de dire que... ils font le possible et...
-On est attaqués ici aussi ! Allez avertir la cosse de l'Aube, on va avoir des blessés, retournez le dire au collègues, et... trouvez quelqu'un pour remonter au plus vite, et prévenir ceux aux étages. »

Il prit une longue inspiration, et décrocha le cor de sa hanche, pendant que le reste de son groupe, rapide, achevait de se rassembler. Cappaeriel sonna, une longue fois, à pleins poumons, puis une deuxième, puis trois. Le Bosquet était attaqué.

Le groupe de Protecteurs, au pas de course, se rendit dans la direction des gémissements du bois.

Ils ne virent pas d'ennemis, cependant, avant d'être parvenus en vu des racines de l'Arbre Clair. Ce qu'ils y aperçurent, en revanche, les fit stopper net.

Une ronce immense était enlacée à la racine pâle de l'Arbre, qui laissait couler une sève dorée partout là où les épines la déchiraient. La même sève qui vivait dans les veines de ses Enfants.

« Attaquez-les à la base ! Faites attention à l'Arbre ! » hurla t-il, en se lançant, hache dressée, joignant le geste à la parole, tandis que ses compagnons, vifs, joignaient leurs mouvements au sien.

« -Cael, c'est sous terre qu'elles font le plus gros des dommages !
-Je sais ! Je SAIS ! Il va nous falloir un élémentaliste ou un nécromancien pour nous en débarrasser !
-Je vais chercher ça ! » se proposa l'un d'entre eux.

Il frappèrent à la base. Pour certains, ça n'était pas le premier affrontement contre ces ronces, et ceux qui découvraient durent trouver bien vite leur sang froid pour batailler contre cet ennemi hors du commun.

La ronce, à demi tranchée, se déroula d'un seul coup de sa proie...

« Att- ! »

… et vint, comme un fouet, balayer le sol où se tenaient ses assaillants, renversant les moins prêts. Cappaeriel trébucha à demi, ses bons réflexes gênés par le poids de ses grèves, et la taille monstrueuse de la ronce.

« Debout ! Il faut l'achever ! »

Fit-il en s'appuyant sur le manche de sa grande hache, un filet de sève là où il s'était mordu à la lèvre. Il ramena son arme en arrière, et, d'un grand mouvement de balancier, frappa à la base abîmée, la tranchant net.

Le sol trembla sous leur pas, tandis que devant eux, le grand tronçon de racine s'agitait de spasme convulsif, avant de s'immobiliser totalement. L'un fut assez vif pour baisser les yeux.

« RECULEZ ! Il y en a d'aut-... »

Projetant d'immenses mottes de terre, les rejetons de la racine tranchée surgirent sous les pieds des Protecteurs, et devant eux. Les plus rapides avaient déjà pu se mettre à l'abri, mais les combattants de contact se trouvaient largement défavorisés.

Cappaeriel, qui avait à peine eu le temps de respirer après son coup, ne put que trébucher en arrière, tandis qu'un rejeton se refermait à toute vitesse sur sa cheville, sinuant sur sa grève. Son dos percuta le sol, lui coupant le souffle, et sa hache sauta d'entre ses doigts. Il ne put prononcer qu'un grognement blessé. Des étoiles se mirent à danser devant ses yeux.

« Cael ! » perçut-il sourdement, tandis que le son torturé du métal et du bois grinçant ensemble se faisaient infiniment plus proche. La ville s'extirpait de terre et remontait le long de sa jambe à une vitesse phénoménale, atrocement vivace malgré les spasmes provoqués par ceux qui cherchaient à l'en libérer. Il vit la silhouette blanche de Marai dresser ses haches, et les abaisser avec force, la détermination au visage. Se tirant du monde cotonneux de l'engourdissement, il chercha hâtivement à sa hanche ; y trouva son glaive, et hurla, sans complètement s'entendre : « BRÛLE ! ».

La lame dressé se couvrit de flammes, et il la planta à demi à l'aveuglette, vers la végétation intruse. La vrille commença à se racornir et noircir...

… et des épines d'un ver vif en surgirent, pénétrant les écailles et le matelassage qui couvraient les cuisses de Cappaeriel. Semblable à un serpent se tirant d'une peau mort, le rejeton parut regagner en vitalité soudaine dans son dernier sursaut, et s'arracha au sol brutalement, soulevant Cappaeriel, l'envoyant voler.

Il heurta durement la racine de l'Arbre Clair affaiblie, dans un grand bruit de métal choqué. Mais il n'eut guère le temps de retomber à terre.

Une nouvelle vrille surgit des restes de la première. Souple, rapide, elle cueillit Cappaeriel au vol, et referma sur son corps une spirale mortelle, formant une boucle au niveau de sa nuque, là où un espace, si petit fut-il, séparait son plastron de son heaume. Et elle serra durement.

Il n'avait pas de souffle, et son champ de vision s'amenuisait vite. Il se débattit, un bras pris dans l'étreinte, et serra les jambes sur le tronc de la vrille, comme s'il cherchait, à son tour, à l'étouffer. Mais il savait qu'il n'en aurait pas, plus, la force, après avoir été balloté. Il entendait son armure grincer, et il sentait le métal ployer, lui rentrer dans les côtes, et il se percevait partir.
Sa nuque partit en arrière, et, dans un dernier effort, il planta durement ses dents dans la ronce qui l'étranglait.
Et le monde continuait de disparaître. Ses jambes cessèrent de répondre. Son bras libre, ballant, frappait devant lui anarchiquement, dans des gerbes de flamme, manquant autant qu'il heurtait son ennemi.

Puis il perdit, enfin, conscience. Ce combat devrait être conclu par un autre.
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Falcon
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Falcon » 14 Août 2014, 17:43

Quartier général des Protecteurs, dans la soirée. Falcon trempe sa plume dans l'encre, en retire l'excès en l'essayant contre le rebord de l'encrier, et inscrit la date du jour sur un papier vierge. Il relève ensuite la tête vers le jeune frère en face de lui, de l'autre côté du bureau d'écorce.

Une banale affaire d'agression comme les Protecteurs en voient chaque jour, à présent. Généralement motivées par le racisme, elles ne vont pas plus loin que les insultes et les coups, généralement ... et c'est déjà bien trop. Et ces coupables qui filent dans les autres capitales, et se fondent dans le décor ... "grmbl", comme dirait ma chère soeur rouge.

Un soupir.

- Comment était votre agresseur, me disiez-v ...


Le Protecteur s'interrompt, comme tous dans la Solanacée. Si c'était un tremblement de terre, il était d'une force phénoménale. Et si la nature de cet évènement peut prêter à confusion, le Rêve résonnant d'appels multiples ne permet pas de doute.
Peur.
Terreur.
Douleur.
Inquiétude marquée.
Il y a comme une ombre onirique, froide, glaciale, même.

Il plaque la plume sur la feuille en se relevant précipitamment. Comme lui, les autres Protecteurs dans les bureaux se ruent vers la sortie, armes en main. Il voit brièvement passer devant lui un éclair bleu et vert, haches à la main. Son Capitaine. Instinctivement, il se dirige vers les arceaux de bois qui forment l'encadrement de l'entrée, puis se souvient. Il se retourne.

- Cachez-vous ici, jardinez-vous un abri !

Pas le temps de s'assurer qu'il ait compris, qu'il ait entendu, qu'il s'exécute. Il repart vers les autres Protecteurs, ayant conscience d'être lent, bien trop lent. Il porte la main dans son dos, et bande hâtivement son arc. Il déboule dans le Bosquet, le parcourant de ses yeux, essayant d'oublier qu'il n'est pas un guerrier. Une bonne fois pour toutes, il est chasseur, diplomate, secrétaire si on veut ...
Inspirer. Expirer. Se calmer.

C'est le chaos. Des frères et des soeurs courant, partout, cherchant à fuir, se protéger des ...
En un geste, fluide, il attrape une flèche à la pointe dentelée, l'encoche, et tire. Le chien à la collerette de pétales orangé se couche sur le flanc. Mort, ou au moins grièvement blessé.

Soufflant par le nez, il rejoint en petites foulées les civils qui s'étaient trouvés face au monstre.

- Ne restez pas là, vous m'entendez ? D'autres peuvent arriver ! Allez vers votre cosse de cycle !

Un instant, il a peur, qu'ils restent figés dans leur peur, dans celle de tout le Bosquet, qui forme une mélasse grise dans le Rêve. Mais non, ils réagissent. Il indique une direction, rapidement, et balaie des yeux l'étage de Ronan. Il y a en a d'autres. Beaucoup d'autres. La menace de Col Aride se concrétise, ici et maintenant, alors que les dirigeants sont là-haut ! Et Mère ... Mère est blessée.

Retenant ses larmes, il suit quelques autres archers, qui grimpent sur les hauteurs de la Terrasse du Rêveur. De là, une vue imprenable sur tout cet étage, sur la folie et les bêtes du Dragon, qui jaillissent, descendent des rampes, tels des chiens fous, se jetant sur tout ce qui bouge pour mordre, et arracher. Une vague odeur de sève le prend à la gorge. Il tire, à répétition, une deux trois, quatre ... des flèches encore et encore jusqu'à ce que sa main libre ne se referme que sur du vide, en cherchant un empennage.

- Damnation !

Il jure tout bas. Tirant son sabre de sa ceinture, il s'élance sur les toits pentus de la Terrasse, se laisse glisser, et tombe dans l'eau. Le fracas s'estompe un moment, lui laissant juste le temps de rassembler sa concentration. C'est un piètre fantassin. Battu par Jerynd, battu par l'humaine au bâton, battu par sa soeur ... il ne compte plus ses défaites en entrainement.

D'un puissant mouvement de brasse, il se propulse vers la surface, se hisse sur la berge, et taillade le premier loup qui l'approche. Les morceaux de pétale incarnat volent autour de lui, retombent en une lente pluie. Sa détresse se mue en rage. Il est Protecteur, il a fait le serment de protéger le Bosquet. Toute sa vie, il a oeuvré pour qu'il soit un havre de paix, et aujourd'hui ... aujourd'hui un Dragon vient. Il le sent creuser, sous les racines, attaquer Mère. Il mourra pour ne pas voir le Rêve s'éteindre.

Le temps se modifie, les minutes se confondent. Attaquer, attaquer, attaquer.
L'attaque est la meilleure défense.
C'est faux, réellement faux, il le sait. Mais il suffit que ce loup bondisse sur lui, le coince sous son poids, et c'en est fini de lui. Il ne comprend pas pourquoi le vide se fait autour de lui, pourquoi les combattant s'espacent et crient. C'est un coup d'une puissance incroyable qui le propulse contre une cosse avoisinante. Tout juste a-t-il le temps de rentrer sa tête, pour éviter un choc fatal.

Mais il y a quelque chose qui craque, alors qu'il heurte l'écorce dure. Il expire brutalement. Dans ses yeux noyés de larmes, il entrevoit une silhouette immense, semblable aux enveloppes que le cauchemar utilise. Mais ... grande. Plus grande. Et lumineuse. Pulsante. Une petite masse verte se jette dessus, hargneusement, grimpe jusqu'à son genou, et mordille impitoyablement.

Son cher compagnon à quatre pattes, protecteur jusqu'au bout. Le géant de ronces gronde, et frappe le sol de son pied, envoyant valser le chien de fougère dans l'eau. Le sol se craquèle par endroit, droit vers le Protecteur tombé. Et il voit les ronces jaillir de terre, happer l'air, puis ses jambes. Hurlant de douleur, il les taillade à coup de couteau, et se réfugie dans la cosse, en rampant, tombant nez à nez avec deux Sylvaris apeurés.

Il pique du nez. Il a mal. Il essaie d'inspirer profondément, mais c'est encore pire. Il sent que ça pique dans son torse. Alors il reste là, à haleter, se liant à la terre par jardinage pour barricader pauvrement son abri. Ses dernières forces y passent. Dès lors, ce n'est plus qu'une loque au teint pâle, serrant fébrilement un couteau entre ses doigts griffés par les ronces, veillant l'entrée.

Derrière, on parle bas, on le regarde.

Il scrute le Rêve, attendant l'instant fatidique. La rupture. Elle ne vient pas.
Ses frères finissent par l'approcher, lui faire quelques bandages. Et quand le fracas, les cris de rage et les hurlements de douleur se calment, dehors, ses pensées vont vers le ciel.

Dwayna, merci ...
Soyez l'onguent sur les plaies de ce monde.
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Cypries
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Cypries » 14 Août 2014, 18:22

Pendant ce temps, à Cathal...

Oui, à Cathal. Lieu que Cypries n'a pas quitté depuis la veille, jour de son retour du Fort Trinité. Lieu dans lequel il a d'ailleurs rassemblé les Veilleurs de l'Escouade de Caledon, ne laissant à leur poste que ceux assignés à la surveillance du poison non loin du Bosquet. A Cathal, il a également convié Amynarmëh.

L'Intendante de Cypries, Illien, elle aussi venue sur place, finit par l'interroger sur la pertinence de ce choix. C'est en souriant, tranquillement assis sur la place centrale du village Rêveur, que Cypries lui répondit :


- Plusieurs raisons ont motivé ce choix, Illien. D'une part, le Maréchal Trahearne lui-même vient avec un petit groupe du Pacte, et d'autre part, les Protecteurs gèrent la sécurité concrète, ce qui remplace la nécessité de notre présence à nous sur les lieux. Si on n'est pas forcés d'être là-bas, où doit-on se placer ? Poursuivons la réflexion.

Réfléchissons aux risques. Le premier risque est le Dragon, ce Mordremoth, bien sûr. Qui, tout comme Zaïthan avait ses liches, possède ses agents pensants, à la fois informateurs et outils. Scarlet et Aerin en étaient sans doute les premiers. La réunion des dirigeants tyriens, tout le monde en a entendu parler d'avance. L'ennemi aussi, du moins, je pense.
Ca ne remet pas en question le bien-fondé de cette idée de réunion. Il faut bien se réunir, et il faut bien le faire dans un endroit aussi sûr que possible. Le Bosquet, comme tout autre lieu en Tyrie, n'est pas absolument sûr, à l'heure actuelle. Mais c'est déjà mieux que rien.

Poursuivons. Quel a été le protocole opératoire offensif du Dragon, jusqu'à présent ? Des attaques par le souterrain. L'origine des ronces draconiques semble se trouver à l'ouest du Col Aride, ce qui place Cathal presque sur la ligne droite entre le point d'origine et le Bosquet. Nous n'avons pas de preuve que les ronces souterraines choisissent toujours le plus court chemin vers leur point d'attaque, néanmoins nous avons mis en place ici même un réseau racinaire profond pour tenter de déceler d'avance une telle attaque et, peut-être, lancer l'alarme avec un peu d'avance sur la possible offensive sur le Bosquet.

Non seulement nous plaçons-nous de manière préventive, donc, mais ce n'est pas tout ! Réfléchissons aux conséquences possibles.
Si le Bosquet devait être attaqué, vu les forces déjà en présence sur place, notre petite escouade ne serait qu'une goutte d'eau sans réel poids militaire. Nous nous plaçons donc en potentiels renforts. Si ça tourne mal, là-bas, l'arrivée d'une troupe fraîche pourrait bien faire une différence. Que ce soit pour prendre en tenailles un ennemi, aider à gérer un flux de civils, apporter des soins aux blessés, relayer des Protecteurs épuisés pour la surveillance du Bosquet contre le terrorisme...

Cypries marqua une petite pause, puis conclut, le regard absent :

- Ou pour compter les cadavres et survivre. Il y aura besoin de gens vivants pour la suite, si jamais on perd entièrement le Bosquet ce soir. En gros, Illien, nous, on est là pour ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier.
Peut-être qu'on ne servira à rien. Que ce sera une mesure sans conséquence. Quelque part, tu sais... C'est ce que j'espère. Dans le doute, faisons au mieux.


Il s’avèrera que, si signal d'alerte il y a bien eu de Cathal vers le Bosquet, il ne précèdera en tous cas pas le terrible assaut.

Spoiler : :
J'écrirai la suite plus tard, vu qu'on est déjà quelques uns à se connecter ce soir à Cathal, vers 21h, pour jouer tout ça en rp actif. Vu que le sous-groupe "Veilleurs" ne représente pas un grand nombre de joueurs, surtout avec les vacanciers, on peut se permettre de prendre l'événement en jeu et débriefer ensuite en forum !
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Cappaeriel
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Cappaeriel » 14 Août 2014, 19:59

Mahaut, Digg et la Noyeuse

« Et c'est bien un carré d'as ! »

Deux paires d'yeux roulèrent dans leurs orbites, deux sourires amusées et ironiques à la fois se dressèrent à la vue de la série de cartes jetées triomphalement à découvert.

« Vraiment, Digg ? Pour la troisième fois ? » Ronronna la Noyeuse, tandis que Mahaut croisait les bras en tapotant des phalanges contre sa manche. L'asura objecta :
« -Si je trichais, je choisirais une série plus crédible.
-Bien évidemment
-Vous me vexez, les filles ! Et on joue pour des prunes, quel intérêt ?
-Peu importe. Un peu de rhum, vous deux ?
-Quelle question.
-Demandes-tu encore, Mahaut ? »

Une soirée comme une autre pour ceux qui se nommaient eux-mêmes, ironiquement, « la Trinité de la Canne ». L'humaine, l'asura et la charr, les expatriés du grand âge -du moins de ceux qui se prétendaient du grand âge-, étaient confortablement attablés chez eux, échangeant quelques piques entre eux, et savourant du rhum de dix ans d'âge, les cannes posées contre leur tabouret.
« -Vous croyez que ça se passe comment, là-haut ?
-Bien, j'espère.
-On aurait pu aller voir.
-Je n'y tenais pas particulièrement, si ça n'était que pour se tordre le cou à attendre.
-C'est vrai. Nous saurons rapidement les résultats du Sommet, de toute manière. »

Un tremblement se fit sentir, déséquilibrant les trois joueurs paisibles.

« On dirait bien que oui, tiens. »

Sans plus de paroles, ils glissèrent les mains vers leurs armes respectives et se redressèrent, comme un seul vieux. Les oreilles de Digg et Noyeuse frémissaient, et Mahaut faisait tourner le barillet de son revolver.

« -Mahaut, Noyeuse ?
-On y va. »

Pour la deuxième fois en moins d'un an, les « retraités paisibles » partaient en guerre contre ce qui assaillait leur domicile d'adoption.

« Je ne sais pas ce que tu mets dans ta poudre, Mahaut, mais j'ai les oreilles qui sifflent !
-Qu'est-ce que ce sont que ces créatures ? Cour ?
-Non. Mordremoth. Créatures du Dragon.
-A ta gauche, Digg !
-Vu, Noyeuse.
-Dire que Gernoshan manque encore ça... augh ! C'était pas loin, merci ma grande !
-Ils n'ont pas l'air si nombreux... rallions les Protecteurs ! Suivez-moi.
-Facile à dire quand on n'a qu'une canne cosmétique ! »

En boîtant, la charr et l'humaine avancèrent à la suite du nécromant asura, qui, les yeux comme vidés, luisant d'un vert léger, ouvrait la voie vers le front des Protecteurs, précédé par une grande ombre protectrice. Entre les mains de l'élémentaliste charr, la canne crépitait d'énergie électrique, et une targe de glace lui couvrait l'avant-bras. La tireuse humaine rechargeait en marchant, pestant contre sa hanche.

« -Ça a l'air presque déjà fini...
-Allez vous mettre à l'abri, messieurs dames ! Les mordrems pourraient revenir. L'étage a subi le plus gros.
-On peut vous donner un coup de main. C'est vous qui êtes à l'abri avec nous, les jeunes ! »

La Protectrice qui s'était adressés à eux les jaugea du regard. L'œil légèrement dubitatif s'arrêta longuement sur les cannes qu'ils portaient.

« Dans ce cas, escortez-nous, on a des brancards à ramener à l'Aube. Et il ne va pas tarder à y avoir d'autres blessés de là-haut, on doit se presser. »

Avec promptitude et coordination, les trois compagnons s'exécutèrent. Après tout, l'ancienneté signifiait parfois que l'on avait les dents assez pointues pour survivre longtemps.
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Thelawiel
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Thelawiel » 14 Août 2014, 20:07

Marai

Marai, jeune recrue des Protecteurs à l'écorce blanche et aux feuilles d'un bleu profond, se trouvait en compagnie de son supérieur, Cappaeriel, à suivre ses enseignements. Et parmi ceux à l'ordre du jour, figuraient les sempiternels rapports, pénibles mais néanmoins essentiels au bon fonctionnement des Protecteurs. Bien entendu, en haut se tramait un sommet qui éveillait une curiosité certaine chez la jeune sylvari, mais cette dernière semblait savoir se plier aux tâches auxquelles elle était assignée sans rechigner même si la tentation de voir autre chose pouvait lui démanger. C'est ainsi qu'elle resta, attentive et passionnée, à recopier un rapport.

Comme à l'accoutumée, elle n'avait pas quitté son armure. D'ailleurs, tous ceux qui l'avaient plus ou moins côtoyée un minimum pouvaient se demander si elle l'enlevait pour dormir ou autre. Probablement, tout comme elle en prenait soin tant les feuilles de la partie végétale étaient d'un blanc éclatant et tant le métal clair qui recouvrait ses jambes était brillant.

Elle était donc là, penchée sur un morceau de parchemin, occupée à recopier un rapport écrit sur un autre, plume en main. À première vue, rien n'aurait pu l'empêcher de continuer, pas même l'agitation qu'il y avait dehors, les cris des jeunes pousses voulant monter voir les dirigeants ou tout simplement le passage des Protecteurs non loin, en rondes. Rien excepté le sol, lorsqu'il se mit à trembler... et qui lui fit faire une tâche sur son parchemin puis se redresser avant de porter machinalement les mains à ses armes. Sa frustration put se faire sentir dans le Rêve, aussitôt remplacée par un sentiment d'interrogation quant à ce qui venait de se produire, aussi leva-t-elle les yeux vers Cael, cherchant des réponses. Ce dernier avait apparemment réagi de la même manière qu'elle et était sur le qui-vive, comme les autres Protecteurs. Elle mit quelques instants à se rendre compte de ce qui se passait, se remémorant le récit de son supérieur au Col Aride et ses lianes surgissant du sol...

« - Bien, Capitaine ! »

Signala-t-elle alors qu'elle se faisait interpeller afin de l'accompagner. Elle le suivrait sans poser de question. Elle allait s'élancer à la suite de Cael lorsqu'ils durent s'arrêter à la vue de la messagère, le temps que Cappaeriel prenne connaissance des informations qui lui étaient adressées. Elle écouta attentivement et sortit machinalement ses deux haches, à l'affût du moindre danger et prête à défendre coûte que coûte son mentor et le Bosquet en règle générale. Elle attendit, cherchant des yeux ces ennemis invisibles, dissimulés dont il lui avait parlé... mais aucune feuille anormale, aucune racine jamais vue à cet endroit, rien si ce n'est cette sensation d'insécurité grandissante. Amplifiée par le son du cor de Cael retentissant dans le Bosquet, trois fois, suivi d'un brouhaha probablement dû à la panique générale dans les étages supérieurs...

Puis ils repartirent en direction des racines de l'Arbre, comme prévu, plus que jamais sur le qui-vive. Et, arrivant sur place, Marai resta quelques secondes immobile, estomaquée par cette vision d'horreur, cette immense vrille de ronces épineuses enserrant l'une des racines de Mère alors abîmée en de nombreux endroits.

À peine Cael eut-il le temps de donner son ordre qu'elle s'élançait déjà vers la base de la vrille la plus proche, prête à donner un coup de hache dans le végétal de toutes ses forces. Étant donné le diamètre de la chose, il n'y avait aucun risque que son coup parvienne jusqu'aux racines de Mère, elle y veilla tout particulièrement. Bien entendu, elle était tiraillée par la peur, mais son sens du devoir et de la protection outrepassaient ses craintes personnelles et lui permirent d'agir avec efficacité, donnant alors un violent coup dans l'une des ronces, enfonçant l'une de ses haches sur quelques bons centimètres et qu'elle peina du coup à dégager. Elle perdit finalement un temps précieux dans la manœuvre, visiblement peu habituée à combattre ce genre de choses, allant jusqu'à devoir poser sa seconde hache pour extirper la première. Et cet effort fut vain puisque, concentrée, elle ne vit pas une ronce venir les balayer et fut renversée par cet assaut, s'accrochant à sa hache et son poids combiné à sa chute finit par déloger la lame comme souhaité. Fort heureusement, sa détermination sans faille lui permit de trouver la force de se relever rapidement, alors que Cael incitait ses hommes à faire de même. Son mentor, bien plus préparé qu'elle, était déjà debout et finissait le travail sur la racine qu'elle avait entrepris d'abîmer.

Elle souffla un instant, mais ce fut de courte durée puisque le sol trembla à nouveau. Et cette fois, elle ne tarda pas à comprendre de quoi il retournait, chose qui fut confirmée bien assez tôt par les propos de Cael.

Alors que des mottes de terre étaient propulsées sur eux, elle tenta de se protéger, mais elle était de toute évidence bien trop près du lieu d'où venait de jaillir l'un des rejetons de la racine pour que cela soit efficace. Elle encaissa donc un impact de justesse, campant sur sa position du mieux qu'elle put afin de ne pas être renversée. Et cette fois, elle ne se ferait pas avoir, surveillant intempestivement le sol et les tentatives de balayage de la part des ronces. Ce faisant, elle chercha des yeux Cael... et l'aperçut, au sol, une vrille commençant à s'attaquer à lui, l'enserrant.

« - Cael ! »

Tentant d'éviter les obstacles que les rejetons formaient, elle se dirigea vers Cael, reprit en main ses deux haches et les brandit au-dessus de sa tête avant de les abattre sur ce qui s'en prenait à son mentor et supérieur. Son regard et son Rêve transpiraient un désir de protection absolu envers lui, ainsi qu'une dévotion sans failles. La peur était bien loin, refoulée et étouffée par ces deux sentiments. Elle entailla donc les vrilles en de nombreux endroits, tentant en même temps de ne pas se faire prendre, ce qui l'obligeait à bouger constamment et à réduire de ce fait sa force de frappe.

Pendant ce temps, Cael, dans un regain de vigueur soudain, était en train d'attaquer la vrille avec son glaive, qui s'enflamma à l'ordre donné. Mais ce n'est pas ce qui retint son attention... car d'autres vrilles se rapprochaient, de manière insidieuse vers elle et semblaient essayer de se saisir de ses jambes comme elles l'avaient fait avec Cael. Et d'autres encore, plus loin, faisaient de même avec les Protecteurs, quand elles ne balayaient pas tout sur leur passage... L'attaque du Capitaine eut le mérite de faire noircir et se consumer la ronce qu'il avait touchée avec son glaive mais, contrairement à ce qu'elle aurait espéré, pas de repos pour les braves. Car elle assista ensuite à un spectacle horrifiant, celui d'un Cael pris au piège, enlacé par une vrille et malmené comme un vulgaire bout de tissu. Malgré son état d'esprit et l'inhibition habituelle de ses sentiments dans des cas similaires, elle ne put rester de marbre en voyant son mentor heurter avec violence l'une des racines de l'Arbre Clair et surtout en entendant le bruit du métal contre le bois, violent. Son esprit se remplit alors de rage, intense, couplée à un désir plus fort que jamais de le protéger et de l'extirper de l'emprise de ces choses.

« Cael ! Tenez bon ! »

Elle hurla, espérant qu'il l'entende. Mais peu importait, elle le sortirait de là, c'était son Devoir. Aveuglée par ce sentiment, elle s'en prit avec une force décuplée à la ronce qui maintenait Cael prisonnier et tentait de le broyer. Elle enchaîna les coups de hache de manière précise et avec violence, chacune de ses armes venant tour à tour heurter la vrille trop vive, l'affaiblissant à chaque coup porté. Elle continua jusqu'à ce que la ronce soit entièrement coupée.

« - Venez l'aider ! »

Elle gueula sur les protecteurs un peu plus loin, qui se battaient quant à eux contre d'autres rejetons qui tentaient de les agripper comme ce fut le cas avec Cael. Un d'entre eux, qui avait vu le Capitaine se faire avoir et qui venait d'entendre le bruit sourd de la vrille et du Protecteur retombant au sol entreprit alors de venir, enjambant tant bien que mal les restes de ronces et mottes de terre jonchant alors le sol.

Mais pendant ce temps, l'attaque ne cessait pas et une vrille commença à tenter de balayer le Protecteur et Marai. Le premier eut le temps d'éviter l'assaut, habile, tandis que la Recrue ne put réagir à temps et tomba au sol dans un bruit sourd alors que le rejeton commençait à revenir à l'assaut, essayant alors d'attraper Marai...

Cette dernière se débattit et accueillit la ronce à grands coups de hache, tranchant tout ce qui tentait de l'avoir.

Le Protecteur, quant à lui, dégagea Cael du reste de ronce qui l'avait maltraité quelques instants auparavant. Coupée et privée de toute source de vie, la ronce tenta de regagner de la vigueur à travers Cael. Mais ce fut peine perdue, elle flétrissait à vue d’œil et finit par se desserrer d'elle-même, les épines encore dans les plaies de ses cuisses.

Marai était occupée avec sa ronce qui était vive, et les autres Protecteurs de même. Mais elle avait vu son collègue dégager le Capitaine.

« - À l'Aube ! Amenons-le à l'Aube ! »

Elle hurla une dernière fois, espérant qu'on lui obéirait bien qu'elle ne soit qu'une simple recrue. Elle ne cessait d'essayer de se dégager et, à force de coups, parvint à le faire, non sans que les nombreuses épines de la ronce n'amochent son écorce. Elle rejoignit l'autre Protecteur et Cael sans attendre et entreprit de l'aider à mettre le Capitaine en sécurité.
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Tùalenn
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Tùalenn » 14 Août 2014, 22:35

Tùalenn

On ne distinguait plus la couleur de l'herbe du Bosquet tant celui-ci était bondé. Invités de tout poils mêlés aux pousses curieuses et sylvaris plus sages, tous ne formaient qu'une seule entité, un seul corps monstrueux et sombre qui semblait venir cerner de ses multiples pattes l'être frêle qui se perdait au milieu de ses cauchemars et du brouhaha ambiant. Le bruit l'effrayait, elle avançait difficilement, traînant les pieds dans ses ballerines, anxieuse d'être à la fois une anonyme au milieu de cette marée grouillante d'individus et aussi voyante avec sa robe aux motifs dorés.

-Tùalenn, ne t'éloigne pas s'il te plait !

La voix synthétique d'Owel était faiblement perçu entre les fibres de son oreille pointue, laquelle se tendait désespérément pour réussir à en percevoir le timbre étrange. Le petit golem, lui, avait toutes les peines du monde à se frayer un chemin. Il guidait tant bien que mal sa protégée de manière à ce qu'elle se trouve une place pour bien apercevoir le cortège qui passerait là, du portail jusqu'à la Chambre d'Omphalos. Quand enfin, après s'être pris une taloche par un garde inflexible patibulaire, l'assistant golémique pu installer la jeune sylvarie, celle ci vit les ténèbres de la multitude se parer de lumière. Les décorations resplendissaient et coulaient des branches de sa génitrice pour se parer de leurs plus accueillants atours. Des pétales de fleurs, des banderoles, mille et un visages mêlés aux mots les plus exotiques, assolant de signaux Tùalenn, laquelle se résolue à fermer les yeux, s'isolant du monde palpable. Faire le vide, se calmer, se raisonner... Nul mal ne pouvait lui arriver ici... Et le Rêve resplendissait de joie, de curiosité, d'espoir. Tant d'ondes, plus belles les unes que les autres qui suffisaient à la raisonner.
Une voix fendit les autres, comme un appel, qui lui fit brusquement ouvrir les yeux. Owel, dans le même temps, tirait sur sa robe, quitte à en froisser les motifs pour lui désigner les êtres armés qui s'avançaient en groupes dignes jusqu'à l'Arbre Mère. Humains, norns, asuras, puis enfin, charrs. Ce furent eux qui captèrent l'attention de Tùalenn, laquelle ne se sentait que plus rassurée de les voir là. Elle finit par se mettre à sourire et applaudir avec les autres, bercée autant par l'enthousiasme qui régnait dans le Rêve que par celui bien palpable qui l'entourait là. Quand ils eurent tous disparus, son acompagnateur tira à nouveau sur sa robe, lui tendant un gobelet de nectar, fermé par un couvercle, qu'il avait vraisemblablement pris à la terrasse. L'un comme l'autre restèrent assis, à fixer la chambre, dans l'attente, loin de toute foule pouvant effrayer la sylvarie. Au loin, le brouhaha régnait, mais ici, tout était au calme. Le Rêve ne résonnait que d'un sentiment cotonneux d'attente...
Tùalenn entendait vaguement Owel tenter de lui faire la conversation, sans pour autant trouver réponse quand le silence fut percé par un tremblement qui la fit basculer sur le côté. Sa sève commença à accélérer sa cadence imperceptiblement, accompagnant le bourdonnement qui résonnait dans son crâne. Elle voulait se relever quand un rugissement la plaqua un peu plus au sol avec un hurlement. Alors qu'une panique sans nom s'emparait d'elle, le Rêve commençait à se teindre d'une souffrance qu'elle n'aurait cru imaginer un jour, laquelle semblait capable de rayonner sur des lieux et des lieux. Mère souffre... Elle a mal, si mal...

-Relève toi !

Les cris, les pas de course précipités, Owel qui la secouait... Mère souffre... Il lui fallut douloureusement sentir sur sa joue la main du golem pour se forcer à réagir. Rampant comme elle pouvait, alors que de tous part, surgissaient des créatures végétales de cauchemar, elle parvint à se relever en s'appuyant sur une barrière. Les formes se brouillaient alors qu'elle tentait follement de repérer un lieu sûr au milieu du chaos ambiant. Le portail asura semblait hors service par on ne savait quel moyen, et les seules options viables étaient la fuite ou la lutte, ce que tout son être semblait refuser, malgré les protestations de l'assistant de sa jumelle, lequel la tirait désespérément.

-A-arme ! Finit pourtant par articuler Tùalenn, après un instant qui paraissait avoir duré une éternité. Faut arme !

Sa voix continuait de trembler, mais une sorte de résolution, de devoir qui allait bien au delà de la simple terreur, s'empara d'elle. Sans même se préoccuper de son petit compagnon, elle commença à courir jusqu'à la cosse d'entrainement des Protecteurs, enchevêtrée dans les ronces et défendue vaillamment par les protecteurs, tout comme le reste d'un Bosquet pris dans la tourmente. Le sol continuait de trembler, comme l'Arbre mère proche du déracinement d'instant en instant. Et au milieu de ce chaos, rien ne lui sembla plus rassurant que l'éclat familier d'une hache qu'elle s'empressa d'empoigner. Les rares étincelles de lucidité qui traversaient encore le flot furieux de sa pensée lui lançaient qu'elle n'était pas en armure, mais cela ne l'empêcha pas d'abattre violemment sa hache sur une ronce proche, ses forces décuplées par la folie qui l'envahissait. Après tout, ce n'était pas bien différent du martèlement de la forge... Encore moins de ses entraînements réguliers, qui lui revenaient comme un ultime instinct de préservation. Taille, taille, estoc, parade, et taille.
Son bras lui lançait comme jamais, et bientôt, ce fut tout le reste de son être, mais elle continuait, frappait, taillait, hurlant entre chaque coups qui atteignait sa cible. Il n'y avait plus vraiment besoin de se poser de questions. Tuer ou crever, il n'y avait, comme toujours, que deux options possibles, et son corps avait choisit tout seul, se dressant comme un rempart tourmenté d'épines d'où jaillissait seulement le sifflement de l'acier de sa hache. Les ténèbres couvraient peu à peu sa vue, mais la lumière que projetait son arme demeurait sa guide, et tant qu'elle filait...

-C'est fini, arrête !

Sa hache finit enfin sa danse pour venir se briser contre le corps de pierre du golem, lequel était perclu de traces de coups, sans doute autant infligé par celle qu'il escomptait protéger durant la soirée que par les mordrems étendus aux alentours. Les corps de ses frères et soeurs les accompagnaient de tout parts au milieu des pleurs, des gémissements et cris de souffrance qui attaquaient tout son être comme autant de coups de poignard. Et lachant son arme, elle poussa un ultime hurlement de désespoir.
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Thelawiel
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Thelawiel » 14 Août 2014, 23:26

Thelawiel


Pendant ce temps, à la Cosse de l'Aube...

La Cosse de l'Aube était pour une fois relativement calme. Tous les préparatifs en cas d'incident avait déjà été effectué sur les jours précédents et l'Aube était plus qu'opérationnelle. Que ce soit pour la venue des pirates ou tout simplement, comme ce soir, dans le cadre du Sommet Mondial.

D'en bas, il était bien entendu impossible de voir ou d'entendre quoi que ce soit d'autres que les habitants du Bosquet parler entre eux, bien souvent du Sommet et de son issue. Rien de plus. La tranquillité si particulière de l'étage de Ronan était palpable.

Mais ce ne fut pas de longue durée car, très vite, des secousses se firent sentir dans les fondations même du Bosquet. Les Cosses de Cycle, légèrement en hauteur par rapport au sol et suspendues n'en furent que plus touchées, soumises à des tremblements amplifiés, oscillant de manière plus ou moins violente en fonction des secousses. Si les guérisseurs et les rares résidents temporaires de la Cosse ont été pris d'effroi en ressentant ces vibrations et surtout la souffrance de l'Arbre Clair, ce ne fut pas le cas de Thelawiel, dont la mine se décomposa au fur et à mesure qu'elle reconnaissait ce bruit. Celui qu'elle avait déjà entendu, quelques semaines auparavant, au Col Aride... dans la roche, sous la roche... insidieux...sournois... rampant...

« - Les vrilles ! »

Son cri retentit dans la cosse et elle s'empressa alors de sortir de la cosse.

« - Restez dans la cosse ! »

Elle demanda cela, sachant que les vrilles sortent du sol. Or, la cosse n'étant reliés au sol que par une tige plus ou moins étroite, les vrilles devraient logiquement tenter d'attaquer le sol du Bosquet avant d'essayer de grimper. Ce n'était certes pas la meilleure option, car la cosse n'était pas à l'abri sur la durée, mais pour le moment, c'était encore le cas...

Elle se plaça juste quelques centimètres en avant de la rampe et s'empara de sa dague, avec laquelle elle effleura son bras gauche et commença une incantation alors que le sol grondait et tremblait de plus belle. Par chance, entraînée à réagir, elle acheva son sort juste à temps et planta sa dague dans le sol, libérant de ce fait l'énergie qu'elle y avait concentrée. Celle-ci se répandit dans le sol devant elle, autour d'elle, irradiant dans la terre dans des marbrures sombres. Par endroits, des amas d'énergie se formèrent et le sol commença à devenir humus. Les endroits se multiplièrent, suivant les marbrures, et le grondement cessa. Rapidement.

Mais pas pour longtemps... car, plus loin, vers les racines de l'Abre, ce bruit se fit à nouveau entendre. Plus loin, plus fort... très probablement des vrilles ayant réussi à percer le sol. Mais trop loin, elle décida de rester à la Cosse de l'Aube pour sécuriser le lieu et non d'aller aider plus loin. Inutile de se mettre plus en danger. La Cosse est l'un des endroits qui DEVAIT rester sûr, et elle ne pouvait pas se permettre...

Elle remonta un moment sur le pont de la Cosse, demandant aux guérisseurs de ne pas en bouger, par précaution. Pendant ce temps, elle observa, écouta, guetta le moindre signe de nouveau danger imminent. Mais rien de plus au niveau de l'Aube. Heureusement. Par contre, elle en entendit, ailleurs. Vers la Terrasse, vers les autres Cosses, aux étages supérieurs... nul autre endroit au Bosquet ne semblait être actuellement plus sûr que l'Aube... elle redescendit jusqu'en bas du pont, observant tout autour d'elle...

Mais le repos fut de courte durée, car une créature surgit, dans l'allée menant à l'Aube, venant des étages supérieurs. Une silhouette canine... canine et... fleurie, qu'elle pourrait reconnaître même sans en avoir jamais vu. Un des chiens des mordrems. Ou du moins, quelque chose approchant. Il se dirigeait vers elle, et l'Aube, traquant la moindre chose vivante dans les parages. Et elle était sur son passage. Hors de question de laisser cette chose entrer...

Thelawiel recommença donc une autre incantation, rapide, comme elle avait déjà fait au Col Aride. Sa magie ne se concentra pas à son niveau, pour une fois, mais... dans la bestiole. Et... pas... après... pas... s'intensifia... jusqu'à... explosion ! La créature de ronces partit en morceaux, répandant alors des morceaux le long du chemin, certains tombant dans l'eau bordant le passage.

Elle resta là un moment, à guetter... jusqu'à ce que deux silhouettes se détachent, deux sylvaris en portant un troisième...

[la suite a été jouée en RP IG]
Dernière édition par Thelawiel le 15 Août 2014, 12:54, édité 1 fois.
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Larthé
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Larthé » 14 Août 2014, 23:50

Larthé


Trier les plantes médicinales fraichement récoltées, une occupation importante mais fort ennuyante. Larthé s’en occupait comme souvent, cela ne la dérange pas tellement d’être au calme avec sa louve et de regarder des feuilles … C’est beaucoup moins excitant que d’être à l’étage supérieur, voir les dirigeants, acclamer avec le reste de la foule, ou de sécurisé les lieux, bien sûr. Mais toutes ses histoires de dragon terrifiaient Larthé plus qu’autre chose.

C’est sans doute bête de croire que rester dans cette cosse peut faire disparaitre toutes menaces. Tellement bête, car la cosse de l’Aube n’arrêta pas le tremblement de terre qui se produisit. Tous les occupants levèrent la tête les guérisseurs, les malades, et aussi le louveteau.

L’inquiétude se propageait comme une épidémie dans la cosse. Beaucoup se précipitèrent a l’entrée pour voir. Larthé se tourna à son tour et s’avança presque à contrecœur à l’entrée. Ce qu’elle vit la figea, ces blessés, ces vrilles.

Elle n’avait qu’une envie se mettre dans un coin en attendant que ça passe. Mais si tout le monde réagit comme ça, ça ne passera jamais. Elle couru chercher son arc et sorti .

-Il faut aider les blessés ! Vite !
Ce guérisseur mit un doute dans l’esprit de Larthé, elle n’est pas habituée à ce genre d’événement et se laisse rapidement gagner par la panique. Sauver les blessés ou tué les serviteurs ? Si les serviteurs sont vivants ils feront plus de blessés mais si on ne les sauve pas ils mourront forcément. Larthé parti en courant vers l'étage supérieur , même si il y avait déjà beaucoup a faire en bas, la curiosité peut être ? Elle banda son arc et tira dans le flanc d’un loup corrompu qui se tenait devant un sylvari au sol. Tuer les serviteurs pour défendre les blessés, un compromis qui devint l’objectif de Larthé.

Elle couru vers le sylvari à terre mais fut devancée par un guérisseur, elle continua donc son chemin en tirant quelques flèches sur les serviteurs. Mais un petit gémissement attira son attention parmi le bruit. C’était Plume, sa jeune louve, face un loup. Larthé eu peur pendant un instant et se ressaisi rapidement en tirant une flèche vers le loup. Raté. Le monstre abandonne le louveteau pour foncer sur Larthé. Panique. Un guerrier arrive sur le côté du mordrem et le percute, faisant tituber le serviteur et le guerrier avec.

- Plume ne reste pas là !

Parler à un loup, ça semble bête mais pourtant le louveteau s’exécute, instinct de survie ou obéissance ? On le saura sans doute jamais. La sylvarie fait rapidement demi tour pour retourner dans la cosse de l'Aube avec sa louve. Mais quelque chose lui attrape la jambe. Larthé s’écroule au sol pendant qu’on la tire. La suite des événements et flou pour elle mais elle se rend compte au bout d’un moment qu’elle est étalée au sol, avec un loup mort accroché a la jambe. Situation étrange…
Elle arrive enfin a se débarrasser du cadavre et de se redresser sur ses jambes bien qu’une d’elles soit douloureuse. Elle finira par tomber et s'évanouir , ajoutant une personne en plus au sol ...
Dernière édition par Larthé le 15 Août 2014, 14:17, édité 2 fois.
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Cappaeriel
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Re: [RP forum]Le soir du Sommet

Messagepar Cappaeriel » 15 Août 2014, 00:54

Liuaith

Liuaith avait su, de sa légendaire habileté en matière de charme, trouver une place d'honneur pour assister au spectacle, tout près du cordon protégeant les cortèges. Le carnet à couverture dorée était ouvert devant elle, et la plume de paon, prête à gratter le papier. Les yeux maquillés de la journaliste ne perdrait pas une bribe du spectacle. Elle s'était judicieusement vêtue d'une crinoline de feuilles, qui lui assurait de ne pas être écrasé parmi les autres.
L'excitation l'empêchait presque de garder sa contenance d'élégante. Une occasion pareille ne se révélait pas tous les jours et, si le deuil très récent d'un ami alourdissait encore son coeur, sa tête bourdonnait de la fièvre journalistique. Oh, elle avait réfléchi, avec beaucoup d'intensité, aux moyens de s'introduire dans la Chambre d'Omphalos. Elle en avait fait une nuit blanche. Liuaith rêvait de connaître la Vérité avant tous, et d'écouter le sort du monde se décider, dans la ville même où elle était née. Mais elle avait bien dû se rendre à l'évidence, car la curiosité n'impliquait pas nécessairement la témérité : ils l'auraient nécessairement prise pour une espionne ou une terroriste, quand elle ne souhaitait que propager le savoir.

Elle supposait que se contenter d'observer le cortège suffirait... pour l'instant. L'idée d'obtenir un mot en privé avec le Conseiller Phlunt ou le Maréchal Trahearne lui trottait toujours en tête.

Lorsqu'ils vinrent, ses cris de joie ne se joignirent pas à ceux des autres. A la place, Liuaith écrivait, formait, à la vitesse de la professionnelle, des boucles élégantes de notes dactylographiées.

« La reine Jennah portait ce jour là une élégante robe de soie blanche, très légèrement moirée d'or et assortie de broderies du meilleur goût. L'ensemble, à la fois ample et cintré aux bons endroits, était bien sûr taillé pour flatter les formes de la reine Krytienne, toujours célibataire malgré les rumeurs. Touche d'originalité pour Jennah, la dame avançait sans chaussures, les orteils nus à même la mousse du Bosquet ! Pour coiffure, elle s'était contentée de repousser ses cheveux noirs en arrière, visiblement, en accord avec son choix de vêtements, adepte de la simplicité élégante. Ce choix à la fois visiblement riche et modeste est un excellent symbole de l'idéologie de la monarque Krytienne : à la fois modérée et aspirant à l'excellence, avec une touche de modernité extravagante (l'absence de chaussures) que nul autre qu'un souverain ne saurait se permettre. Son choix de couleurs, or et blanc, formait évidemment un rappel à celle des dieux humains qui est peut-être la plus importante pour un dirigeant : Kormir, déesse de la Vérité.

Les autres dirigeants suivirent rapidement, bien entendu. Note : compléter ce passage plus tard. »


Liuaith affichait un sourire mutin. Elle leva ses yeux verts vers la dernière des cosses en ascension, vers la Chambre d'Omphalos. Pour les esprits fermés, il ne demeurerait désormais plus que l'attente... pour une journaliste, les gardes de toutes les nations étaient l'occasion parfaite de creuser l'actualité mondiale !

Elle s'en fut aborder, là un soldat de la Légion de Fer qui venait d'entrer en pause, là un Pacificateur plus bavard que les autres, ou encore ici un assistant de Laranthir du Monde Sauvage... le carnet doré se couvrit rapidement de notes agiles, la moitié d'entre elles seulement dédiée aux diverses modes raciales.

Elle se trouvait sur le point d'aborder un groupe de Protecteurs en rangs serrés lorsque l'attaque débuta. Liuaith connaissait l'action ; après tout, toute civile qu'elle fut, elle était journaliste intrépide, et avait même été gratifiée d'une jambe cassée lors du Massacre de l'Aube. La surprise initiale passée, elle recula avec prudence derrière les Protecteurs, car elle-même était sans armes, et vêtue d'une ample robe qui ne facilitait guère les mouvements, si elle permettait d'éviter d'étouffer dans la foule.

Elle seconda les rangs des Protecteurs d'une gerbe de flammes bien placée, lorsqu'un loup mordrem s'avança de trop près ; mais ce fut là sa seule contribution au combat. Les civils qui se rassemblaient derrière les lignes de défense étaient agités ; bien plus qu'elle. Lorsque le dragon fit son apparition, le mouvement de panique qui suivit la bouscula, et, les pieds pris dans sa crinoline, chose impensable ! Elle tomba à terre, et dut rouler pour éviter d'être piétinée.

Lorsqu'elle put se relever, la journaliste fila vers la cosse d'entraînement, où l'on commençait déjà à ramener les blessés. Elle se sentait engourdie et endolorie -mais elle était indemne. Du coin de l'oeil, elle aperçut les corps, tandis que les échos de la bataille se répercutaient, les défenseurs acculant les derniers des mordrems. Et, levant les yeux, elle vit le dragon.

Plus grand que ce que Liuaith avait jamais perçu d'une bête, et pourtant, devinait-elle, infiniment plus petit que son maître, il mordait cruellement dans les branches de sa Mère. La journaliste serra les poings, qui se mirent à chauffer. Mais il était haut, bien trop haut pour elle et sa colère. Pour la première fois depuis le début de son existence, la belle, la calme, l'intelligente et flegmatique Liuaith lâcha un cri de rage primitive, de frustration et de haine pure à l'égard de ce qui s'en prenait à sa Source. Lorsque le dragon végétal se décrocha en hurlant de la Chambre, blessé et repoussé, les lèvres de Liuaith s'ouvrirent de nouveau pour crier : « MEURS ! ». Et la colère accumulée se relâcha dans un poing pointé vers les cieux, envoyant exploser une gigantesque boule de flammes juste avant que la queue du dragon ne disparaisse à la vue des spectateurs pétrifiés.

Il lui fallut bien cinq minutes pour cesser de rager. Les yeux verts de Liuaith, habituellement langoureux, étaient écarquillés, donnant presque l'impression de lancer, à tout va, des flammes de fureur. Ses doigts nerveux laissèrent tomber plusieurs des cigarettes qu'elle tenta d'allumer pour se calmer, et elle fit les cent pas, trébuchant sur les coins malmenés de sa robe, et pestant à coups de pied contre les cailloux. Lorsqu'elle reprit sa composition, le feu se tut, remplacé par les charbons noirs qui lui serviraient à alimenter le foyer de la lutte. Elle ignorait encore comment, mais elle aiderait.

Liuaith n'avait pas le talent magique d'une combattante, ni la force d'une brancardière. Elle n'avait pas la compassion d'une guérisseuse. Elle avait les mots d'une écrivain furieuse, et elle s'assurerait que le monde sache, et comprenne, à quel point l'union était importante. Et si le Sommet avait échoué, s'il avait été pris d'assaut trop tôt pour parvenir à quoi que ce soit... Liuaith avait assez d'ambition pour vouloir rappeler les idéaux qui avaient mené jusqu'à lui, au monde entier s'il le fallait.

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