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Re: [Evènement/RP]IV. La foire au monstre

Publié : 23 Mai 2014, 20:10
par Falcon
Il y a effectivement une demande, ou plutôt, une suggestion qui a été faite à la Capitaine Protectrice d'Anwenn : l'idée précisément de demander des renforts à Cathal, pour traquer et/ou protéger le village.
Il est cependant à supposer que si les effectifs des Protecteurs libres pour accompagner la traque sont trop faibles, les Vaillants iront demander là-bas.

Re: [Evènement/RP]IV. La foire au monstre

Publié : 24 Mai 2014, 20:17
par Pum
Avis visible de toutes Epines de la Rose :

Avis aux volontaires expérimentés en défense ou attaque :

Demain aura lieu une battue vers le comptoir d'Hanto, pour débusquer le Nécromancien et ses "créatures", à l'origine des horribles meurtres dans la région. Il nous faut donc au plus vite le plus d'hommes possibles. Il est obligatoire de savoir se défendre, et toutes les têtes-brûlées qui n'en font qu'à leur tête seront vite fait renvoyées au Bosquet.
Extrême prudence requise. Il faut s'attendre à tomber sur des têtes coupées flottantes avec des organes internes, ou d'autre choses dans le genre, âmes sensibles à éviter donc.

Demain matin, rassemblez vous au comptoir d'Hanto, armés et parés à toutes éventualités.

Protectrice Pum.


Spoiler : :
[HRP] La véritable horaire sera donc demain à 15h si je ne me rompe pas ! [/HRP]

Re: [Evènement/RP]IV. La foire au monstre

Publié : 25 Mai 2014, 01:25
par Cypries
Les Veilleurs de l'Escouade de Caledon ont également été convoqués par messages individualisés de la part de Cypries, leur demandant d'être disponibles au jour et à l'heure dite... Cependant, il ne faut pas se leurrer. Les membres de l'Escouade étaient en longue permission, la plupart loin du Bosquet, et tous ceux-là risquent surtout de recevoir le message de convocation d'urgence... après la date requise. Solliciter la veille au soir se révélera sans doute un peu court, mais peut-être Calbagh, Caïwen et Cypries sauront-ils se rendre disponibles au pied levé, eux qui vivent continuellement au Bosquet.

Re: [Evènement/RP]IV. La foire au monstre

Publié : 25 Mai 2014, 16:56
par Cappaeriel
Le Monstre fait son apparition.




La Tyrie produit des choses sombres. Et vous avez le sentiment distinct, face à l'être qui se présente à vous, que le Cauchemar qui vous est presque familier est bien loin d'être la seule.

La créature qui s'élève en flottant dans les airs vous toise avec arrogance. Séparée de son corps trop longtemps, sa tête est devenue un masque lisse, froid et dédaigneux, ça et là griffé par sa folle fuite à travers les végétaux, mais qui garde encore les traces d'une beauté terrible et ancienne. Ses sourcils sont arqués par le mépris et la fierté, et ses yeux bruns ont un regard perçant difficile à soutenir. Les longs cheveux humides de l'abomination s'auréolent autour de sa tête en couronne sombre.

Sous ce visage, les entrailles de la créature se balancent, partiellement déchiquetées par la course hâtive dans les fourrés épineux.

Elle vous observe, pour l'heure, sa bouche superbe mais cruelle pincée dans une moue résolue.
Sa voix, lorsqu'elle s'élève, résonne d'accents sinistres, presque métalliques, déformés par ses poumons déchirés.


Spoiler : "attention, image un peu gore" :
Image

Re: [Evènement/RP]IV. La foire au monstre

Publié : 26 Mai 2014, 12:40
par Cappaeriel
Ils repartirent au matin, comme il leur avait été promis. Tirant leurs chariots, la poissonnière Quaggan Caoola, et son ami de toujours, l'alchimiste hylek Omuchuitl, furent les premiers à s'en aller. Sombres et fermés, sans un regard derrière eux,ils descendirent la pente jusqu'aux sables de Caledon, et vers leurs villages respectifs.

Idris Varric, le vendeur de textiles humain, lui, attela son bœuf avec plus de lenteur, jetant en désordre ses caisses de tissu et de fils sur la carriole. Il avait à peine dit trois mots depuis la découverte de la vraie nature de Penny Callahan. Sans rires, sans remarques grossières, sans propositions louches, il repartit en menant son carriole, vers l'Ouest, vers Rata Sum.

Un premier groupe de Protecteurs rentra à Annwen, laissant le campement sous la supervision des tengu qui l'avaient fondé. Les enfants de l'Empire des Vents avaient fini l'affaire par une conclusion tacite, mais partagée, que le monde extérieur ne valait vraiment pas la peine qu'on s'y étende.

Un deuxième groupe de Protecteurs s'en fut au soir, après avoir aidé à ranger ce qu'il demeurait au Comptoir d'Hanto, transportant avec eux, à la cosse des Protecteurs d'Annwen, ce qu'il restait de preuves, à disposition pour un éventuel complément d'enquête.

A Annwen, un Lyahn solitaire avait commencé, depuis deux jours déjà, à creuser, seul, deux tombes dans le jardin de l'atelier de poterie. Sitôt qu'on lui permit, il enterra Terri et Irrianne, chacun porteur de son bracelet de fiançaille, jalousies balayées par le deuil.

Les quatre corps d'humaines, impossibles à identifier, furent incinérés pour éviter tout risque de contamination. Leurs cendres furent rendues à la rivière, et une petite stèle de pierre gravée, simplement porteuse de la mention "1327 : Aux quatre femmes humaines malheureuses qui moururent pour qu'un monstre puisse vivre ; puissent-elles à présent trouver la paix" rejoignit la grande stèle qui listait les morts et disparus de la Bataille d'Annwen de l'été précédent.

Enfin, la skritt Trikki disparut dans la nature, laissant au Comptoir ses ordures comme ses trésors. Nul ne la revit dans la région.

Re: [Evènement/RP]IV. La foire au monstre

Publié : 31 Mai 2014, 12:14
par Cappaeriel

Mille histoires de revenants et de mort-vivants, plus abracadabrantesques les unes que les autres. Mille fantômes, de la jeune fille tuée le jour de son mariage et revenue se venger, à l'esprit-renard facétieux et séducteur. Des contes de tous les bords, certains touchants, d'autres terrifiants, d'autres encore bizarres, ou incomplets. Avec rapidité, Falcon put se targuer d'être devenu, en quelques temps, un expert en contes d'horreur.
Et puis il y eut la Mère du Serpent. Un conte de Cantha, issu tout droit de la Mer de Jade, la patrie des Luxons, nomades océaniques privés de navigation. Adapté pour les temps modernes, dans un recueil récent, il n'en demeure pas moins que le conte présente des similarités troublantes avec l'histoire de Penanggalan.


Lorsque la mer était encore vive et salée, et que les poissons y nageaient librement, avant que les trois clans ne réunissent le peuple Luxon, il était un millier d'îles, et un millier de familles. A cette époque, l'océan n'était point jade, mais saphir liquide, et les marins qui y naviguaient étaient libres de toute attache. Les kraken et les dragons dévoraient les imprudents, leurs mâchoires suffisant à gober, d'un trait, le plus fier des navires.

Pourtant, il existait des monstres bien plus dangereux, qui n'avaient pas de noms, et pas de grandes mâchoires.

Sur l'île du Clan du Serpent, il y était une mère qui craignait fortement un monstre dont elle avait eu l'idée en rêve : une créature vicieuse, qui flottait et qui mordait, et qui lui volerait sa jeunesse. Toutes ses nuits étaient hantées : elle craignait qu'un monstre ne passe par sa fenêtre pour la dévorer, et ainsi, elle ne dormait point.

Aussi la mère réunit-elle un jour toute sa famille, qui était de sept fils, et leur annonça que celui qui trouverait guérison à ses terreurs nocturnes deviendrait son héritier.

"Ma mère", fit le premier fils. "Les monstres hantent les océans, ce sont des krakens et des dragons, nul n'a jamais entendu parler d'un monstre qui rentre dans les maisons !"
Aussi la mère bannit-elle son premier fils.

"Ma mère", fit le deuxième fils. "Je pense que la seule arme qui puisse te défendre contre pareil monstre est tout courage : réunis-le tout entier, et tu dormiras paisiblement."
Aussi la mère bannit-elle son deuxième fils.

"Ma mère", fit le troisième fils. "Ne serait-il point simple de fermer ta fenêtre ? Assurément, les oiseaux n'ont point de mains pour les ouvrir."
Aussi la mère bannit-elle son troisième fils.

"Ma mère", fit le quatrième fils. "Je m'en vais couper des ronces sauvages du bord de la mer, et les placer à tes fenêtres. Ainsi, le monstre s'y piquera, et la douleur le fera reculer."
La mère réfléchit, et considéra l'offre de son quatrième fils. Mais le monstre de ses rêves était terrible, et son fils avait un sourire moqueur, aussi le bannit-elle.

"Ma mère", fit le cinquième fils. "Je placerai mon chien à ta fenêtre ; il te défendra contre tout intrus, et ta survie sera assurée."
Encore une fois, la mère réfléchit et considéra l'offre. Mais le chien de son cinquième fils était maigre, et elle savait qu'il ne suffirait pas à la défendre. Aussi bannit-elle son cinquième fils.

"Ma mère", fit le sixième fils. "Nul autre qu'un champion ne saurait te protéger : je serai ton champion, et je veillerai contre l'oni qui te fait peur, chaque nuit que tu dors."
A ces mots, la mère ouvrir la bouche pour accepter, quand le septième fils parla à son tour :

"Ma mère", fit le septième fils, qui était le plus intelligent de tous, quoique le plus petit. "Le problème est pris à l'envers. Te protéger du monstre est une chose, mais moi, je sais ce qui doit être fait pour qu'il ne puisse jamais t'inquiéter.

J'ai parcouru mille pays, et partout, j'ai croisé ceux qui avaient ta hantise. Qu'une chose dévorante ne s'infiltre chez eux, et mange leur jeunesse. Aussi ai-je cherché la solution à ce problème universel.

Voici ce que j'ai trouvé, ma mère : il est une formule sacrée, qui doit être prononcée pendant sept jours et sept nuits, qui mène à l'immortalité. Ainsi, tu seras figée dans ta jeunesse, et ainsi, la blessure des armes ne t'atteindra point."

A ces mots, la mère fit immédiatement de son septième fils son héritier. Et elle bannit le sixième fils, qui avait voulu prendre l'épée contre le vent.

La mère et le septième fils s'installèrent en la chambre de cette première, pour procéder à la prononciation de la formule magique. Le sort était fort complexe, et les mots se mélangeaient les uns aux autres, si bien qu'il fallait être fort intelligent pour parvenir à terminer la formule correctement. Heureusement, le septième fils l'était.

La mère fit face à la fenêtre, et son fils commença à réciter.
Pendant sept jours, il parla, et sa bouche s'asséchait.
Pendant six nuits, il parla, et la faim le tiraillait.

La mère sentait en elle la vigueur, pendant ce temps, car le sort commençait à faire son effet lentement. Cependant, elle n'était point tranquille, car il n'y avait qu'à l'aube du huitième jour que l'immortalité la prendrait vraiment. Aussi surveillait-elle la fenêtre avec toute l'attention du monde.

Pendant ce temps, les six autres fils, dépités d'avoir été jetés de chez eux, mais toujours pleins d'amour pour leur mère, avaient fait leurs projets : ils partiraient à la conquête des îles Luxonnes, chacun de leur côté, et en feraient des havres pour leur mère bien aimée.

Souhaitant l'informer de leurs projets, le premier fils revint, ses cadets derrière lui, prévenir sa mère. Lorsqu'ils s'avancèrent vers la hutte de la famille, ils trouvèrent la porte fermée, car la formule ne devait point être interrompue. Aussi firent-ils le tour, jusqu'à trouver la fenêtre de la chambre de leur mère.
Il faisait nuit noir, et la mère qui surveillait la fenêtre n'y voyait, en réalité, rien.
C'est alors que son premier fils cogna gentiment l'encadrement, ainsi, il avertirait de sa présence sa mère et il repartirait à la conquête. Mais le premier fils avait oublié ce qui hantait sa mère.

Lorsqu'elle entendit le son contre la fenêtre, et qu'elle vit un visage pâle, car son fils n'avait point mangé depuis son bannissement, la mère tendit brusquement le cou, dans l'horreur et l'attente du monstre.

Las ! Si grande fut sa surprise, et si grande fut sa peur, que sa tête s'en détacha de ses épaules ! La formule d'immortalité inachevée, son corps retomba au sol, où les vers vinrent immédiatement les dévorer. La mère du clan du Serpent hurla de frayeur, et, dans son horreur de voir ce qui était arrivé à son corps, vola jusqu'à la fenêtre, où elle s'enfuit dans la nuit. Et ses intérieurs volaient derrière elle, car, la formule presque achevée, elle n'avait perdu que son enveloppe humaine, mais quelle perte !

Car en vérité, elle était devenue l'exact monstre de ses rêves.