[Évènement/RP/Récits]II.Les Endormis de Tersech

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[Évènement/RP/Récits]II.Les Endormis de Tersech

Messagepar Cappaeriel » 03 Janvier 2014, 20:52

Spoiler : :
Topic pour le RP de ce nouveau chapitre des Contes Doux-Amers. Mise en place tranquille pour le moment, vous en saurez plus bientôt.


La grande sylvari marchait d'un pas preste et volontaire au sein du Bosquet, souriant de dents très blanches lorsqu'elle croisait les rares à la reconnaître. Elle laissait derrière elle un sillage qui sentait bon le sel marin et l'aventure.
Ses marins, tout aussi heureux de retrouver leur foyer, s'étaient eux aussi déjà dispersés, qui vers l'auberge, qui vers Caledon pour revoir de vieux amis, qui près de Mère pour s'y ressourcer.
Dreir la Saline, elle, passait le chemin avec toute l'énergie donc elle disposait. On disait que la mer coupait les jambes ; rien de tel chez elle. Elle avait quelqu'un à voir, et malgré les semaines passées en mer, elle ne prendrait de repos qu'une fois sa tâche achevée. Elle passa donc l'arcade des Jardins de la Belladone tout aussi vivement qu'elle avait sauté du pont du
Corail, et ne s'arrêta qu'une fois plantée dans le bureau de Cappaeriel, mains vissées sur les hanches, sourire malin aux lèvres.

"Capitaine." Fit-il, remontant ses lunettes après un temps d'arrêt, et lui renvoyant son sourire.
"Cap'taine." Répondit-elle avec un brin de moquerie.
"-Le Corail est enfin de retour, alors ?
-Mh ? Oh, non, non." Fit-elle en s'inspectant les ongles. "J'ai d'cidé que j'f'rai les derniers mille à la nage, 'stoire d'me garder en forme... 'siblement, j'suis arrivée 'vant l'reste, c'est tout."
-Tss... devez-vous répondre à toutes les question avec sarcasme ?
-C'fait partie du truc, cap'taine, c'fait partie du truc... on d'mande pas à une pirate d'êt' tout' sucre et fleurs.
-Dreir, vous n'avez jamais été pirate." Fit-il avec un soupir amusé.
"Shh ! Moins fort ! C'fait partie du truc aussi, ça !"
Elle fit la moue à son adresse. Avant de prendre sur un ton plus sérieux.

"-En c'qui concerne not' mission... c'fait. 'fin, jusqu'au prochain truc du genre... c'fait. Héhé. J'suis pas trop m'contentes d'mes gars. J'v'raconterai p't'être l'détails, m'faudra plus d'rhum qu'ça ! Té ! T'c'que j'peux dire c'est qu'c'tait un 'cré beau combat !
-Vous resterez longtemps au Bosquet ?"

Nouvelle moue de la part de la Saline.

"-Ch'pas. Jusqu'à c'qu'on trouve un nouveau truc à faire. Savez c'qu'c'est, l'ennui... 'spère pas attend trop longtemps.
-En tout cas, vous et vos vaillants avez été exemplaires contre cette horreur. Toutes mes félicitations. Ça n'était pas une tâche aisée.
-Quand l'd'voir appelle, on r'pond !
-Je sais."

Il y eut un moment de flottement entre eux. Puis il reprit la parole, une lueur curieuse dans le regard :

"-Dites-moi, Dreir, au bout de combien de temps sur terre est-ce qu'un marin s'ennuie ?
-T'veux savoir ?" Elle grimaça."Moi, ça d'mange d'jà... j'donnerai n'importe quoi juste pour s'voir quoi faire après.
-Hmm... j'ai peut-être une idée, pour vous changer des chasses au monstre."

Et ils en discutèrent.
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Re: [Évènement]Voyage aux Marais de la Lumillule

Messagepar Cappaeriel » 11 Janvier 2014, 20:22

Quelque part au milieu de l'activité bourdonnante actuelle, Cappaeriel avait tout de même eu le temps de faire son annonce... fièrement affichée avec le planning des cours de la Rose et la Plume, soigneusement cartographiée. Les places n'avaient pas tardé à être remplies par les intéressés, jusqu'à ce que le voyage annoncé soit complet.

Voyage scolaire !

La Rose et la Plume propose à ses élèves un voyage aux Marais de la Lumillule, terre lointaine, de l'autre côté de l'océan, mais peuplée de colonies des nôtres. Le monde est vaste à découvrir, et dangereux, mais tout son intérêt est là ! Accompagnés par des aînés, vous aurez là une occasion de découvrir un petit bout du monde, et notamment le combat que les Vaillants mènent loin de Mère... le Bosquet est rarement entièrement tranquille, alors imaginez-vous ce que c'est, loin de lui. Le directeur *ratures* Cypries sera votre accompagnateur principal. Le départ se fera le 18 au soir [en RP. La date "réelle" de jeu de la première session de ce RP sera le 18 à 16h, alors qu'il sera en RP le 19 au soir, voyez ?], à bord du Corail, le navire végétal de la Capitaine Vaillante Dreir la Saline. Vous joindrez le village de Tersech dans un premier temps, puis ceux d'Ondesaline et de Caer Bruyère afin de bien découvrir la région. Vous serez absolument tenus d'écouter les instructions de vos aînés. Cette zone est dangereuse, et si vous mettez exprès vos vies en danger, vous mettez aussi en danger celles de ceux qui devront vous aider. Des instructions de sécurité complémentaires vous seront également données.
Si vous voulez des informations supplémentaires, contactez Cappaeriel.

Accompagnateurs :
-Cypries (chef d'expédition)
-Oriel
-Jerynd

Élèves :
-Gyffen
-Damroctod
-Elirth
-Ormeronce
-Artyphiss

Contacts :
Dreir la Saline, Capitaine du Corail, qui vous déposera au Nord des Marais de la Lumillule dans l'après-midi du 19, et reviendra vous chercher au matin du 25.
Dhur de la Feuille, Protecteur de Tersech, qui s'est proposé pour vous faire découvrir la région.
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Re: [Évènement]Voyage aux Marais de la Lumillule

Messagepar Cypries » 15 Janvier 2014, 20:23

Tous les participants à ce voyage reçoivent le message suivant :

Spoiler : :
Voyageurs,

concernant le voyage vers Lumillule, il a été décidé que mon Frère resterait ici car trop occupé, alors que le front de guerre est suffisamment bien engagé pour que j'en délègue la responsabilité au Chevalier Gernoshan, assistée par l'Instructrice Moebius. Je remplace donc Cael en tant qu'accompagnateur principal.

Cependant, la première leçon à retenir de ce voyage est préventive : un Sylvari averti en vaut deux.
Parlons donc préparation.

J'ai préparé un petit coin d'étude à la Cosse des Veilleurs du Bosquet, dans la première tente à gauche, où vous pouvez, et même devez vous rendre, seul ou à plusieurs, avant le départ.
Dans ce coin, vous trouverez une carte détaillée de la région des Marais de Lumillule, que chacun d'entre vous doit connaître sur le bout des doigts. Je veux vous voir capables d'en former l'image précise dans le Rêve <Oriel est dispensé de ce dernier commentaire>.
Si l'un d'entre vous ne sait pas nager, il doit l'apprendre d'ici notre départ. Il y a un manuel de nage dans ce coin d'étude, mais rien ne vaut la pratique. Jerynd est un excellent nageur, demandez-lui.
J'ai également regroupé, avec l'aide du Prieuré et des Protecteurs, plusieurs recueils dignes d'intérêt généraliste pour préparer le voyage. Chacun de vous doit au moins en lire un entier, au choix :
- Jardinage en Marécage, par Calembour Geon. Un bon moyen pour que les Jardiniers parmi nous connaissent les bases de cet Art dans cet écosystème particulier.
- Herbier du Marais de Lumillule, par un comité d'Explorateurs du Prieuré. Toujours bon de savoir ce qui est toxique ou non.
- Les Ruines de Lumillule : Rapport de recherche, par Stun Veillepierre, un Asura du Prieuré spécialiste des ruines de Tyrie.
- Survie en milieu hostile, par le Norn Isbjorn Bjornson. De bons trucs pour trouver de l'eau pure, ou en purifier, se repérer grâce au ciel, trouver un endroit sûr où se reposer, le tout sans magie. Jamais trop prudents, la magie, ça s'épuise, et nous serons en région sauvage.
- Premiers secours, par Marisa Hautlieu, adepte de Dwayna. Ce traité très pratique couvre des bases de soins pour différents peuples non-végétaux, dont par exemple les Hyleks que nous pourrions croiser là-bas, mais également des peuples plus répandus comme les Humains. Il est toujours bon de connaître des bases de soins pour nos alliés, et de soins ne nécessitant pas de magie.
- Bilan Rapports des Protecteurs au Marais de Lumillule, année 1326 (<l'année passée, donc>), pour avoir une idée de la situation de la guerre contre le Cauchemar, là-bas, qui est beaucoup moins bien engagée qu'en Caledon où notre paix demeure largement majoritaire. (Je propose à Zyl de résumer les informations de ce recueil sur ce topic)
Vous pouvez vous asseoir sur la couchette dans la tente pour lire confortablement. J'y ai aussi laissé de quoi prendre des notes, servez-vous.

Vous devez également prévoir un sac individuel étanche avec du matériel de survie. Un sac suffisamment peu lourd pour que vous puissiez le garder toujours avec vous. A vous de définir ce qu'est le "matériel de survie", grâce à votre bon sens, grâce au manuel nommé ci-dessus et grâce à l'expérience de vos Aînés. Trouvez des amis aguerris à qui en parler !

Il serait également souhaitable que vous rencontriez Dreir, la Capitaine dite "la Saline", du bateau végétal par lequel nous allons voyager. Après tout, nous serons en huit clos avec elle pendant presque deux jours par trajet. Autant lier amitié d'avance. Elle est souvent à l'Auberge du Bosquet. Attention, si elle vous propose du rhum : c'est un alcool fort, je préfère vous prévenir.

Si vous êtes volontaire au front à Kraitban, prenez un jour ou deux de repos supplémentaire(s) : la préparation du voyage est, à ce stade de stabilité militaire, prioritaire.

Amitié,

Cypries


Spoiler : :
[HRP]Vous êtes invités à jouer tout ça en RP d'ici samedi, de manière à étoffer les connaissances RP de votre personnage avant le départ. Piochez dans le Lore du jeu et votre bon sens pour le contenu exact des livres !

Note : Ceux ne partant pas en RP en voyage peuvent EVIDEMMENT utiliser le coin de lecture aussi, si ça les intéresse ! ^^[/HRP]
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Re: [Évènement]Voyage aux Marais de la Lumillule

Messagepar Cappaeriel » 16 Janvier 2014, 03:06

Une des plus anciennes copies de rapport trouvable dans le dossier des Protecteurs de la Lumillule. Il semble néanmoins important. Il est daté de l'été 1322, tout comme le sont les deux suivants.

Rédaction du rapport : Protectrice Laudren
Le recoupement des rapports des patrouille laisse peu de doutes sur une quelconque intensification de l'activité au sein d'Espoirvain. Entre autres, des cris ont été entendus, et les sentinelles de l'Enclave semblent plus nombreuses aux portes. Pour autant, les groupes de chasse qui battaient problématiquement la campagne semblent avoir diminué en nombre.

Le Protecteur Dhenn semble envisager l'espionnage direct, via magie d'illusion. Les cavernes sont, ceci dit, closes et impénétrables depuis quelques jours -les groupes de chasse pré-cités n'ont plus été vus en sortie, mais le Protecteur a l'air de songer qu'un petit groupe d'infiltration pourrait les escalader et espionner via un accès supérieur. La majorité des Protecteurs, y compris le Capitaine, se sont montrés réticents à l'idée, mais il faudra bien faire quelque chose si nulle information sur la nature de l'activité courtisane ne nous parvient.

La probabilité d'un grand assaut de leur part n'est pas exclue, d'autant plus s'il est effectivement constaté que toutes leurs troupes sont réunies au sein des cavernes d'Espoirvain, et non plus éparpillées de par les marais comme ils l'ont toujours fait.


Deux rapports datés du lendemain.
Rédaction du rapport : Protectrice Laudren
Se sont présentés aux portes de Tersech, annoncés par un héraut désarmé, un groupe d'une dizaine de courtisans, également désarmés bien que chevauchant de dangereux familiers.
Ils se sont dit représenter les intérêts de la Baronne Souriante de la Meute, Lainne, jusque-là connue comme le bras droit du Baron de l'Effroi.
Les nouvelles qu'ils rapportent sont celles de la mort de l'ancien Baron, défié et abattue par son propre lieutenant, et d'une volonté de négocier avec les Rêveurs des environs.
Leur délégation n'a pas été autorisée à pénétrer Tersech ou à demeurer à ses portes. Elle est partie sans heurts notoires, après avoir proposé une rencontre en terrain neutre, sur la plaine au milieu précis entre Tersech et Espoirvain.
Le Capitaine continue de songer à un piège, et nous aussi. Il est facile pour les courtisans d'invoquer notre honneur, quand eux-mêmes ne font pas montre de la moindre once de celui-ci.
Quatre Protecteurs, guidés par Dhenn, iront à la rencontre de quatre courtisans de leur prétendue délégation. Nous observerons de loin. Les quatre Protecteurs se sont portés volontaires, et sont prêts à défendre chèrement leur peau en cas d'embuscade. Personne n'est optimiste.


Rédaction du rapport : Protecteur Dhenn
Les Protecteurs Lucinde, Gwaide, Yune et moi-même, sommes allés à la rencontre de la délégation courtisane, comme consigné dans le rapport précédent.

La mort du sinistre Rodnim a elle au moins été confirmée par la présence de sa tête sur la pique de son successeur. Lainne, l'ancier Chevalier Souriant, semble donc bel et bien avoir assassiné son maître pour prendre la tête de la Meute.
Elle est venue accompagnée de trois des siens, désarmés. L'un reconnu comme Leu "Bois-Passant", un autre des Chevaliers proches de feu le Baron, qui semble devenu le nouveau bras droit de Lainne, et deux inconnus qui paraissaient avoir fonction de scribes pour elle.

Elle a énoncé ce qu'elle a présenté comme des "règles", avec une affabilité particulièrement hypocrite pour qui connaît les actions monstrueuses des Menées au sein des Marais de la Lumillule. Retranscription du discours de Lainne ci-jointe.

L'entrevue terminée, nous n'avons pas eu grand-chose à lui dire. Encore une fois, la Cour impose, et sa prétendue clémence n'est sans nul doutes que les feuilles cachant la fosse à pieux. La Meute n'a jamais été connue pour son honneur ou sa discipline, et il serait bien naïf que de croire cette louve plus tendre que le précédent.

Les Rêveurs et surtout les Protecteurs de la région ont pour consignes de prendre la plus grande garde. Il est fort probable que le "renouveau" de la hiérarchie de Scintillepierre, Espoirvain et Effroi donne des envies de zèle aux courtisans chasseurs.


Retranscription par le Protecteur Gwaide du discours d'"intronisation" de Lainne, dite la Baronne Souriante de la Meute, d'Espoirvain, Effroi et Scintillepierre, assassin et successeuse de Rodnim, dit le Baron de la Meute d'Effroi.
"Nous vous offrons le jour, mes tendres, oui, oui. " (Elle rit.)
Voyez-vous, il est dans notre esprit que ce cher Rodnim s'est montré fort discourtois à votre égard... comme on dit. De quoi vous faire toute sorte d'idées déplacées à propos de la Cour des Cauchemars, je suis sûre. Vous me connaissez, bien sûr, comme Lainne, sa Croque-mitaine préférée, son chien de chasse." (Elle rit de nouveau.)
"Je ne suis pas Rodnim. Je suis une femme généreuse, oui oui, et je suis une femme loyale. Quand je me bats, et croyez-moi, je continuerai de me battre, j'y mets les formes. Voici :
Mes tendres et mes agneaux, le jour est à vous. Quand la dernière étoile et la lune auront disparu dans le ciel au matin, vous pourrez vous ébattre dans les marais sans être inquiétés par la Cour. Vous pouvez ne pas me croire. Vous, là !" (Elle désigne la Protectrice Yune, puis rit.) "Vous n'avez pas l'air de me croire, si, si ! Mais ce n'est pas grave, parce que ce que je dis, je le ferai. Le jour, vous aurez la paix, mes mignons, dussiez-vous prendre quelques années à vous en rendre compte, je ne vous flouerai pas. Pas mon genre." (Elle s'interrompt pour se curer les dents à l'aide d'une griffe. Elle rit.)
"La nuit, par contre, les monstres sortent. Et si vous ne voulez pas être attrapés ? Restez chez vous. Nous ne défoncerons pas vos portes. Et s'il vient aux vôtres l'envie de nous joindre." (Elle se lèche le pourtour de la bouche.) "Ils savent quand sortir. C'est simple, non ? Le jour, vous. La nuit, nous. La nuit, tout ce que vous aurez oublié de ranger nous appartient. Je reste à votre disponibilité si vous voulez parler, oui, oui. J'aime le contact. Evitez juste de vous tromper d'heure, mes tendres. Dogues ! Demi-tour." (La délégation s'éloigne sur l'ordre de Lainne, qui laisse sur place sa pique et la tête de Rodnim.)


Un rapport-exemple daté du début de l'automne 1325, entre beaucoup d'autres, qui de 1322 à 1327 recensent les disparitions regrettables de groupes, toutes survenues la nuit, en soirée ou au matin tôt.

Attaque de chasseurs Rêveurs.
Rédaction du rapport : Protecteur Gwaide

Arrivée, aux alentours de sept heures du matin, aux portes du village, d'un Rêveur présumé en fort état de choc, se présentant comme Aanrai, chasseur errant. Lui et son groupe de chasse étranger, visiblement ignorants des heures de sortie de la Meute, auraient été attaqués aux alentours de l'aube par des courtisans, près de la Tête du Crapaud

Le dénommé Aanrai présentant de grands signes d'épuisement et quelques traces de blessure dont une flèche au flanc, il a été confié à la Protectrice-guérisseuse Yune, qui s'est également chargée du gros des questions pendant ma prise de notes.

Il ressort que ce groupe de trois chasseurs, constitué de Aanrai et ses deux compagnons, Soith et Chreiche semblaient bien au courant des dangers d'une sortie la nuit, mais se croyait à l'abri malgré la présence encore visible d'étoiles dans le ciel.

Voyageurs venus du Nord, en quête de terrains de chasse et de proies variées, ils n'étaient que de passage aux Marais de la Lumillule, et, ayant passé la nuit chez les humains de l'auberge du Chemin Sûr, ils n'ont pas pu être mis en garde avec suffisamment de précision par les Protecteurs connaissant les habitudes de la Meute.

Les attaquants décrits par Aanrai (sylvaris et chiens totalement muets, attaque discrète semblant surgir de nulle part) semblent correspondre aux descriptions de la Menée Muette, tout comme l'absence d'un chef "visible" parmi les assaillants, et la durée des cris des deux victimes. Bien que Aanrai paraisse profondément choqué par ce qu'il a perçu du destin funeste de ses deux compagnons, il était relativement cohérent.

Signalement des deux compagnons disparus :
-Soith, sylvari féminine, mince, taille moyenne, écorce brun pâle, feuilles bleu-vertes, vêtue de feuilles au moment de sa disparition.
-Chreiche, sylvari masculin grand et épais, écorce blanche, longues branches, vêtu d'un manteau de cuir camouflé au moment de sa disparition.

Les recherches menées par les patrouilleurs à l'endroit présumé de leur attaque montrent effectivement des traces de luttes, et les empreintes de nombreux chiens et sylvaris, qui semblent être demeurés sur les lieux un moment avant de repartir vers Espoirvain. Comme d'habitude, on peut présumer qu'ils ont pris leur temps pour tormenter leurs victimes avant de les emporter au sein de l'Enclave.

La famille humaine Reader qui tient l'auberge au Nord de la Tête du Crapaud confirme le passage des trois chasseurs, arrivée dans l'après-midi précédent et ayant passé la nuit à l'auberge du Chemin Sûr, d'où ils sont partis très tôt dans la matinée "pour avoir le meilleur gibier".

Au vu des circonstances, les Rêveurs Soith et Chreiche sont considérés comme perdus. Aanrai sera escorté dès que possible vers l'Arche du Lion.


L'état actuel des choses :

La Baronnie de la Meute se constitue de trois "domaines" reliés : les Caves de Scintillepierre, les plus au Nord, les Cavernes de l'Effroi, accolées à la Chaîne de Pointebrume, et le Village d'Espoirvain, qui constitue la partie Sud desdites cavernes.

La population de la Baronnie est très élevée ; hors Caledon, il s'agit probablement de l'Enclave de la Cour des Cauchemars la plus florissante. Pour autant, il ne s'agit ni de guerriers, ni de conquérants, mais de chasseurs aux règles (en apparence) précises : divisés par groupes, ou "Menées", ils parcourent les Marais de la Lumillule à la nuit tombée, en faisant jeu et des bêtes et des êtres intelligents. Fréquemment dompteurs, les courtisans sont souvent vus en compagnie d'animaux domestiques tels que des chiens, loups épineux ou encore wargs.

Les victimes sylvaris des jeux de la Meute ne sont que très rarement tuées. En général, ils capturent et tourmentent, voire jouent de cruels jeux de victimes relâchées au milieu de la nuit pour mieux être poursuivies de nouveau, juste sous les fenêtres des villages Rêveurs.

Les courtisans de la Meute n'ont été vu de jour qu'à de très rares occasions. La plupart du temps, ils tiennent effectivement la "promesse" moqueuse de Lainne de ne poursuivre que ceux qui s'égarent après l'apparition de la lune et des étoiles.
En terme de situation, le status quo est "presque" parfait : les Rêveurs ont de plus nombreux villages, et des alliés qui pourraient leur venir en aide, mais les place-fortes caverneuses de la Meute semblent imprenables, et leurs troupes relativement nombreuses et entraînées, bien qu'organisées en petits groupes et assez mal équipées. Qui plus est, les Rêveurs font également face aux revenants, fort nombreux depuis la résurgence de Tequatl. La "règle" jour/nuit imposée unilatéralement par Lainne est donc une illustration assez efficace de l'équilibre singulier maintenu dans la zone ; plutôt que de guerre, on parlera d'ennemis en accord. Là où le règne anarchique de Rodnim causait des conflits fréquents, l'alternance de la domination de la zone permet au moins d'éviter de grosses pertes... dans les deux camps, ce qui n'est clairement pas pour plaire à tous.

Figures connues :
Rodnim de la Meute, le Baron d'Effroi : ancien chef de la Meute, et fondateur global de l'Enclave. Un courtisan cruel et désorganisé, qui règnait par la force sur les siens. Il a été assassiné par Lainne en 1322.

Lainne de la Meute, la Baronne Souriante : chasseresse en chef, c'est une sanguinaire qui semble diriger à main forte la Meute, dont elle a établi un certain nombre de règles. Elle est parvenue à sa place après l'assassinat de l'ancien Baron de l'Effroi et fondateur de l'Enclave locale. Sous son règne, la Meute s'est à la fois assagie et élargie, ne prédatant plus que sur les "non-informés" ou les imprudents, mais imposant parallèlement sa manière de faire les choses aux Rêveurs trop occupés par les luttes environnantes pour vraiment contester la "division" jour-nuit.
Lainne est connue comme particulièrement cruelle, même pour une courtisane, tout autant qu'affable et provocatrice. Elle affirme sans cesse pouvoir accepter les audiences des Rêveurs, s'ils y mettent les formes.

Leu Bois-Passant, le Chevalier Versipelle : bras droit de Lainne, et chef de la plus grande Menée connue, la Menée Huante, Leu est un monstre tout comme sa maîtresse l'est, mais de manière plus visible encore, quoique les témoignages des rares rescapés soient rendus relativement flous par la terreur. On dit qu'il est capable d'utiliser de la magie des plantes pour adopter une forme monstrueuse, qui évoque un loup gigantesque.
Il n'est pas considéré comme très intelligent, et semble entièrement loyal à Lainne, assurant pour elle une position similaire à celle qu'elle assurait pour Rodnim.
La Menée Huante est un groupe de chasse féroce et bruyant, qui se fait un malin plaisir à parcourir les Marais la nuit et à hurler pour essayer d'empêcher les Rêveurs de dormir en paix.

La Menée Muette est une autre Menée connue, dont on ignore le chef. Au contraire de la Menée Huante, il s'agit d'un groupe rompu à la discrétion, voire au silence total, y compris dans le Rêve, qui est connu pour fondre sur les sylvaris fuyant les cris de la Menée Huante. Ils semble notamment qu'une partie de leur stratégie consiste à attirer plus de victimes, en ne laissant entendre que les cris solitaires de leurs proies se répandre dans la nature pour susciter la pitié des Rêveurs, gardant eux-mêmes un mutisme presque parfait.

???? "Héraut" : une sylvari de grande taille, à l'écorce foncée et aux luminescences jaunes, qui sert parfois de porte-parole à Lainne. Son importance réelle est inconnue, mais ses apparitions sont plus fréquentes que celles d'autres courtisans.
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Re: [Évènement]Les Endormis de Tersech

Messagepar Cypries » 28 Janvier 2014, 04:09

(A noter que tous ces textes ne sont accessibles en RP qu'à ceux qui y ont accès en RP... Evidemment. Ce post réorganise cependant tous les matériaux (textes/illustrations) dans l'ordre, pour permettre une lecture HRP de toute l'histoire, pour le plaisir de ceux qui le souhaitent)

Archive des lettres échangées à l'avance entre le Protecteur Dhur de la Feuille et le Maître de Guerre Cypries. C'est le Capitaine Cappaeriel qui les mit en contact.
Spoiler : :
Dhur,

merci d'avoir pris contact avec moi.
Nous arriverons le lundi 20, sans doute en milieu de journée.
Je ne sais pas encore où le bateau jettera l'ancre exactement, mais tu dois sans doute mieux le savoir que moi ! Il n'y a, de ce que je sais, pas de port construit "en dur" dans la région. Nous arriverons de la pleine mer par le seul bateau Jardiné existant, et nous serons sans doute déposés aussi loin que possible vers la terre, sans non plus aller jusque dans les zones marécageuses.
Comptes-tu passer nous récupérer ? Si ça ne t'arrange vraiment pas, je pense qu'on saura se débrouiller pour rallier Tersech. Je reconnais que je préférerais quand même qu'on fasse jonction au plus tôt, par prudence.
Des précisions sur ce que nous verrons avec toi ? Comme tu le sais, nous venons avec plusieurs élèves, et j'aimerais leur confier de rapides pré-recherches pendant la journée précédant le départ. Ils en feront de toutes façons quelques généralistes d'ici là. Un Sylvari averti en vaut deux.
Pour les nouvelles de l'ouest : nouveau front de guerre contre le Cauchemar au nord de Caledon. Défense basée à Kraitban. Je me suis occupé d'organiser les bases, jusque là, et je compte laisser la main à celles qui me secondent parmi les Veilleurs, ainsi qu'à mon Frère - qui d'ailleurs se porte plutôt bien, si tu voulais de ses nouvelles - le temps que durera le voyage à Lumillule. Comme tu t'en doutes, un tel courrier ne dépassera pas le cadre des informations déjà publiques, nous en parlerons plus si le sujet t'intéresse.
Veux-tu quoi que ce soit rapporté de l'ouest ? Nous avons de la marge dans nos bagages, alors n'hésite pas à en profiter. N'hésite pas non plus à mentionner ce qui pourrait nous être utile sur place et qu'en tant que Caledoniens, nous risquerions d'oublier.

J'ai hâte de te parler de vive voix.

Respectueusement,

Cypries


=========================

Cypries,
Heureux de faire votre connaissance. J'ai hâte de vous rencontrer en personne, également. De ce que m'a signalé Cappaeriel, relayant les mots du Capitaine Dreir, vous arriverez donc par le Goulet de l'Océan, pour débarquer au Bourbier, juste au sud de Fort Cadence (les pauvres sont souvent très occupés).
Je ferai tout mon possible pour vous attendre sur place avec quelques collègues, dès midi. Le trajet n'est pas bien compliqué, mais on ne sait jamais. Si vous ne vous voyez pas, évitez de perdre trop de temps à nous attendre, il est possible qu'un imprévu nous retienne. Une fois sur place, prenez toujours au Sud. Nous devrions passer à côté du village allié des hyleks Ni-tluaca, puis traverser un bras d'eau juste là où se trouve une auberge humaine, l'Auberge du Chemin Sûr, à l'orée de la Tête du Crapaud.
Si nous ne sommes pas là et en cas de doutes, n'hésitez pas à demander votre route à l'un ou l'autre de ces endroits. SURTOUT, s'il commence à faire sombre, trouvez un abri, et ne vous avancez pas dans la Tête du Crapaud, la région la plus proche de l'enclave. Si vous devez choisir, retardez plutôt votre arrivée d'une nuit.
Ci-jointe, une carte. (carte du jeu, à peu près)

Concernant vos activités sur place : je dois déjà vous faire visiter nos trois villages du Rêve, particulièrement Caer Bruyère et le grand mur tenu par les Vaillants. Si les temps sont cléments et les revenants calmes, je ferai également mon possible pour vous montrer la Pierre d'Hazaan et la Pénitence d'Aleem, ainsi que vous faire découvrir la journée typique d'un patrouilleur des Marais ! Notre Guérisseur, Ocel, s'est également proposé pour un cours sur la flore locale. Tout cela devrait vous faire des journées plutôt chargées. J'ai hâte, à vrai dire. Ce n'est pas souvent qu'on a l'occasion de voir des jeunes pousses, là où nous sommes.

Quant à ce que nous pourrions vouloir... des livres, peut-être ? La culture est bien lointaine, et le Prieuré peu implanté ici, au contraire des Veilleurs. L'ennui pointe souvent.

Respectueusement,
Dhur de la Feuille


===========================


Récits de la traversée en bateau. L'accostage a eu lieu le lundi après-midi.

Première lettre de Cypries, datée du mardi, le second jour passé à Lumillule, et le premier passé à Tersech.
Spoiler : :
Jour 1, mardi.

Frère,

j'écris ces lignes alors que notre groupe tend une embuscade à deux Humains dans leur propre maison. Présenté ainsi, cela doit paraître un peu fou. D'un autre côté, connaissons-nous vraiment tant de situations qui tournent comme on aurait pu le prévoir ? Nous avons éclos pour une vie mouvementée, semble-t-il bien.

Le bateau est arrivé avec du retard sur l'horaire escompté, à cause d'une tempête naissante. Sur la côte, nulle trace des Protecteur censés nous accueillir : ni présence, ni message. Prenant du recul, j'ai réalisé qu'il était possible que Tersech soit tombé pendant la durée de notre traversée et que nous allions peut-être nous diriger vers des terres complètement sous le joug du Cauchemar. Peu probable, soit, mais pas impossible. Il nous fallait donc trouver un lieu sûr pour passer la nuit en de bonnes conditions, tout en préservant nos stocks de nourriture et boisson, pour parer au pire qui était peut-être à venir.

L'après-midi étant déjà bien entamée, j'ai un instant envisagé de demander à la Cap'taine de passer une nuit de plus en pleine mer. Nous avions sinon quelques autres possibilités sur place. Vu la tempête qui s'annonçait, ne pas trouver d'abri n'était pas envisageable. Le camp de Veilleurs, au nord, aurait par exemple été trop sommaire, d'autant plus avec les difficultés qu'ils rencontrent à Fort Cadence. Les Hyleks sur le chemin auraient demandé beaucoup de diplomatie. Aussi sommes-nous partis sur l'idée d'aller dormir à l'auberge du Chemin Sûr. Après tout, c'est leur métier d'accueillir ainsi les voyageurs fourbus, et la solution semblait la plus adéquate pour affronter un potentiel danger bien plus grand le lendemain.

L'accueil était effectivement sympathique et chaleureux. Le lieu, géré par une famille humaine de quatre personnes. Le père, la mère enceinte, leurs deux fils. Gyffen et Dam' sont partis se laver dans la chambre en haut, et nous autres avons aidé en bas. Tant de manière à faire bonne impression que pour surveiller un peu à qui nous avions affaire, après tout nous y étions les seuls clients et le lieu était assez isolé, en lisière d'une zone dangereuse. J'ai envoyé Arty aider en cuisine, et nous avons pour les autres aidé au salon. Comme il n'y avait rien de suspect nulle part, nous avons accepté de passer à table avec eux. Comme tu le sais bien, j'ai toujours quelque réticence à manger la cuisine d'inconnus, vu que je ne sens rien. Mais vu que Gyffen et Dam' étaient encore en haut pour indirectement nous "couvrir" et que les aubergistes mangeaient avec nous, je me suis dit que les probabilités d'intentions malveillantes étaient basses.

Visiblement, nous avons mangé du ragoût contenant de la viande humaine - une petite dent dans l'assiette de Jerynd en témoignait. Ce plat et les boissons étaient probablement drogués, d'une substance qui a endormi notre méfiance, puis endormis tout court. Je ne sais pas comment Gyffen et Dam' l'ont été aussi, toujours est-il que nous nous sommes réveillés bien plus tard dans la cave de l'auberge, attachés et encore sous le coup de la drogue. D'ailleurs, je crois que certains du groupe se sentent mal d'avoir mangé de l'Humain. J'avoue qu'après le front d'Orr où on a parfois dû manger des choses bien peu ragoûtantes, ça ne me fait pas grand chose. Tu savais qu'il existe des bigorneaux revenants ? Eh bien, maintenant, tu sais. Bref, ce n'est pas comme si nous avions tué les autres clients de l'auberge, même si je ressens de la tristesse à l'égard du souvenir de ces inconnus.

Les indices laissent penser que ces gens servent en fait de rabatteurs pour la Cour au sud, revendant des clients sylvaris qui ont eu le malheur de dormir chez eux. Visiblement, cette fois, ils ont visé trop gros, et nous avons également eu la chance de compter dans nos rangs Arty et Jerynd, des Jardiniers épineux qui ont pu se libérer de leurs liens à l'aide de ces pointes, puis libérer tout le reste du groupe. Nous nous sentions tous très faibles. Mais tout le monde est resté très calme, Arty' d'ailleurs se montre jusque là exemplaire. C'est le seul du groupe à s'être vraiment préparé au voyage comme je l'avais demandé. Je crois qu'il grandi très vite, et que ça lui fait du bien. Il se rend compte qu'il y a bien des horreurs dans le monde, et qu'on peut ouvrir les yeux sur cette réalité et y faire face sans nous dénaturer ni perdre notre bonté.

Oriel par contre était attaché, dévêtu, sur une table digne d'une boucherie, et près de tout un tas d'outils de cette même fonction. Le nombre d'ossements partout dans la cave laisse penser que les aubergistes mangent en fait tous les êtres de chairs, et revendent les Sylvaris. Oriel a très peu apprécié la situation et a viré berserk. Gyffen et moi avons dû nous sacrifier en absorbant la drogue encore présente chez les autres, ce qui nous a rendus à nouveau inconscients lui et moi, mais qui a au moins permis aux autres de retrouver leurs pleines facultés. Il l'a bien fallu, car il a fallu se battre pour nos vies. L'aubergiste a été tué par Oriel, après avoir blessé Gyffen et tenté de nous empêcher de fuir. Sa femme a été faite prisonnière, les deux fils suivront bientôt. Ils ne devraient plus tarder à rentrer, et notre embuscade est prête, à l'aide de sphères paralysantes, les mêmes qu'à l'époque de l'Ombre du Lion. Je remercie Digg en pensée. Il faudra que je lui en demande de nouvelles.

J'aurais préféré capturer les quatre vivants pour les remettre tous aux autorités protectrices de la zone - qui, d'ailleurs, n'ont semble-t-il pas eu idée de toutes les horreurs qui se tramaient à cette auberge, et pourtant il y a dû en avoir beaucoup, au vu de la quantité d'indices restants dans la cave et de ceux qu'ils ont probablement déjà fait disparaître. J'espère simplement ne pas tomber sur trop de traîtres à Tersech, qui auraient fermé les yeux sur des pistes par lâcheté ou pire. Les futurs trois prisonniers que nous allons porter là-bas seront, je l'espère, dûment interrogés, pour que d'autres dossiers de personnes disparues soient éclaircis et peut-être pour grappiller quelques informations nouvelles sur la Cour proche. Puis ils seront jugés pour leurs crimes, équitablement. Je suppose que l'influence de la Cour non loin est pour beaucoup dans leur comportement criminel. Ou du moins, je l'espère. Car il est possible qu'ils commettaient déjà des atrocités avant l'arrivée même du Cauchemar ici, et cette pensée me peine pour toutes ces vies gaspillées et ces esprits perdus dans la malveillance égoïste.

Au final, nous avons au moins passé une nuit gratuite, épargnés par la tempête, et même si nos mesures de prudence n'ont pas été suffisantes... Je suppose que nous pouvons estimer très bien nous en sortir, car nous sommes tous vivants et presque indemnes. Je commence néanmoins à me poser des questions sur toutes ces personnes mal intentionnées que nous croisons partout. Ne sont-elles pas censées être, quelque part, minoritaires ? Peut-être les attirons-nous, en bons opposés ? Je me refuse néanmoins à voir le mal partout. Nous continuerons de nous montrer prudents. Certains pièges sont simplement trop imprévisibles pour être désamorcés.

En tous cas, la discrétion de l'arrivée de notre petit groupe n'aura pas duré longtemps pour la Cour, qui comprendra probablement dès ce soir que nous avons su nous échapper de l'auberge et que nous avons mis fin à leur petit commerce avec cette famille humaine. J'envisage, Frère, de rapatrier tout notre groupe à l'autre bout de la région, côté Veilleurs, et finir la semaine tranquillement en attendant le retour du Corail. Tersech ne me parait plus si sûr, à la lumière de ces derniers événements. Ton témoignage de ces lieux, Frère, tend à me rassurer tout de même.

Je suis très fier de tout le groupe, en tous cas. La discipline y règne bien, même Oriel fait de gros efforts sur ce point. Il aurait préféré égorger toute la famille, je crois. Mais je lui ai dit que ce qui fait de nous des Rêveurs est que nous nous comportons en gardiens de la paix, et non en meurtriers. Et je lui ai confirmé qu'il était des nôtres, ce à quoi il s'est plié d'assez bonne grâce tenant compte de son état de violence exacerbée. Arty' a bien aidé à le canaliser, et il a vraiment bien entraîné sa magie d'illusion, comme je le lui avais demandé. Il fait également des efforts visibles pour ne plus se laisser affecter comme s'il était un enfant humain. Jerynd demeure fiable, à son habitude. Dam' et Orme trouvent bien leur place dans le groupe, tous deux très dévoués à leur devoir. Orme est juste un peu plus timide. Gyffen progresse aussi, à son rythme, vers une présence onirique moins fragile. J'aime chacun d'eux, j'aurais aimé les veiller mieux que je ne l'ai fait - comme toujours. J'ai hâte qu'ils puissent tous goûter un peu de vrai repos. Je suis pour l'instant assez dirigiste avec le groupe, mais j'ai bon espoir que les habitudes se prennent, que l'organisation devienne spontanée, et que les ordres requis ne soient plus que minimes.

Pour l'heure, nous mangeons, nous buvons, et nous nous préparons à "accueillir" les deux fils de la famille, sans doute partis négocier avec l'Enclave pour nous remettre à eux en tant que prisonniers. Gyffen scrute le Rêve, Dam' détecte les énergies vitales alentours. Si les deux ne reviennent pas seuls, on va fuir plein nord plutôt que d'affronter une potentielle escouade de Courtisans. Si les deux reviennent seuls, ce que j'escompte, ils seront bientôt entre nos mains, et donc les mains de la Justice. Et si nul ne revient d'ici le début d'après-midi, nous partirons vers Tersech en emportant juste la mère prisonnière. Je préférerais que non, car nous pourrions alors croiser accidentellement les deux fils en chemin, sur un terrain qui leur serait d'un plus grand avantage. Et ils risqueraient de commettre un acte désespéré...

Ce lieu a connu bien assez d'horreurs et de drames. Le Rêve a besoin de voir autre chose, ici, et nous avons la chance de le lui offrir. De la Justice, de la sagesse et de la retenue. J'ignore si les Protecteurs d'ici exécutent ce genre de meurtriers ou s'ils les remettent aux autorités non-sylvaries, mais ce sera toujours moins atroce que ce que leur réserverait la Cour, je pense.

Je t'aime, mon Frère. J'ai demandé à Hanaraka et Amynarmëh de veiller sur toi, sachant bien que tu en ferais autant en retour. J'espère que vous vous serrez bien les coudes pour Kraitban, et aussi pour être heureux. Et j'ai hâte de te remettre cette première lettre en mains propres.

Cypries


Description de l'arrivée à Tersech, avant-poste Rêveur au Marais de Lumillule.
Spoiler : :
Cappaeriel a écrit :C'est après un chemin quelque peu agité que les voyageurs purent enfin poser leurs valises au village de Tersech, où une cosse leur avait été réservée. Accueillie avec joie -mais aussi une pointe d'inquiétude bien compréhensible- par les Protecteurs locaux,et installés dans une des cosses du village qui leur avait été tout spécialement réservée, ils purent enfin souffler et commencer à découvrir correctement la vie des sylvaris des Marais de la Lumillule.

Vie pour le moins trépidante. En un bel après-midi, la pluie de la veille avait laissé place à d'aimables rayons de soleil, bien agréables, et le temps était à la détente.

Pour l'instant, évidemment.


Seconde lettre, datée du mardi, même auteur que la précédente.

Spoiler : :
Jour 1, mardi, suite.

Cher Frère,

je t'écris cette fois depuis la cosse qu'on nous a prêtée, à Tersech.
Tout va bien.

Il est clair que nous avons eu de la chance de nous tirer si facilement de l'auberge. Nos ravisseurs ont sous-estimé la complémentarité des compétences dans notre groupe. Ils ont vu un peu gros en terme de nombre, je pense, aussi. Nous avons pu appréhender les deux fils à leur retour, sans difficulté. Et c'est donc avec trois coupables, enfin, trois suspects très très fortement soupçonnés de culpabilité, que nous avons atteint Tersech.

Tersech, l'avant-poste Rêveur, est sur le pied de guerre. Pas très grand, mais très ordonné. Tout le monde vit proche les uns des autres. L'accueil fut rigoureux et prudent, mais j'aurais désapprouvé qu'il en soit autrement. Nous avons rencontré le Protecteur Phreise, puis Laudren, chargée de ces lieux. Notre histoire, contée par Jerynd, et imagée dans le Rêve par Ormeronce, Artyphiss et moi, les a attristés, eux aussi faisaient confiance aux aubergistes qui étaient en fait des cannibales et des rabatteurs de captifs. On a remis ce trio ainsi que la suite de l'enquête entre leurs mains. Ils vont détacher une patrouille à l'auberge rapidement, pour réunir les preuves restantes ainsi que les affaires volées aux autres victimes - nous étions trop chargés pour les transporter. De nombreux dossiers classés sans suite, ou fermés trop hâtivement, pourront ainsi être détaillés. Vérité sera faite, Justice sera rendue, et les victimes pourront enfin Dormir en paix.

Le Protecteur Dhur de la Feuille et ses amis qui étaient venus à notre rencontre vers la côte, hier matin, n'ont pas donné signe de vie depuis lors. L'inquiétude est grande à leur sujet. Nous n'avons repéré aucun indice sur le chemin, ni message sur le lieu d'accostage. D'un autre côté, la tempête a sans doute brouillé les pistes, s'il y en avait. Nul doute que dès demain, nous prêterons main forte aux recherches pour ces disparus. Chacun dans le groupe a grandement envie d'aider, mais je ne laisserai personne prendre d'initiative en solitaire, ni même accompagné de Protecteurs d'ici. Mener une enquête est très formateur et je compte bien les laisser exprimer toute leur intelligence et leurs compétences sur cette affaire, mais je garderai chacun du groupe à l’œil à la moindre sortie des rares lieux sûrs.
Je les aime tant, chacun d'entre eux.

Les plus jeunes parmi nous ont eu l'excellente idée d'organiser une veillée, ce soir. Il est trop aisé de se laisser gagner par une ambiance maussade. Après tout, une telle guerre d'usure, dans une région aussi reculée... Le désespoir grandissant face à la stagnation est ici une arme terrible au service du Cauchemar. Voilà bien longtemps que je n'ai pu organiser une fête, faute de temps, mais les plus jeunes du groupe n'ont, quant à eux, pas perdu ce réflexe. Heureusement ! Ce soir, il y aura donc des biscuits, des contes et de la musique, à Tersech. Et de l'humour charr. Espérons que nulle mauvaise nouvelle ne ruine ce plan d'ici là. Et sinon, nous ferons face. Evidemment !

Pour l'instant, nous avons des fruits frais, de la viande de drake, et des hamacs pour nous reposer. Vu nos dernières trente-six heures, ce n'est franchement pas du luxe. Une sieste est au programme. En attendant, le groupe a pour mission de trouver un nom de troupe. Il y a déjà plusieurs idées : Dentefeuille, Feuillecroc, Champriès, Steak aux Fines Herbes, Papillons Tatillons, Bravépines, Foudrevrilles, Les Mal Lotis, Les Griffépines... Visiblement, ce sera ce dernier nom. La Troupe des Griffépines, donc. Même si Dam' semble perturbé par les sonorités, pour une raison inexplicable. Dam' est d'ailleurs vraiment attachant, aux petits soins avec tout le monde.

On pense tous beaucoup à vous, nos proches restés à l'ouest, et on vous aime de loin.

---

Sieste effectuée ! L'après-midi est du coup déjà fort avancée, nous n'entreprendrons rien de vaste ce jour. Oriel, Jerynd, Ormeronce et Arty' ont insisté pour pouvoir faire une bataille de boue - comme avec de la neige, dans l'idée. Leur argument principal étant qu'on est déjà, tous, tout sales, ce qui est vrai, donc bon. Je les ai autorisés, tant qu'ils restent tout proches des murailles végétales de Tersech. Dam' désapprouve une telle activité, inquiet, mais il a aussi besoin de s'entraîner à maîtriser son réflexe de penser très très TRES fort à "soigner", dans le Rêve, au moindre détail laissant croire que quelqu'un s'est cogné un genou. Bref, Dam' et moi surveillons les autres qui font les fous dans la boue, depuis la muraille. Les Protecteurs qui guettent, eux aussi, demeurent flegmatiques, mais je crois que ça leur fait du bien de voir un peu de vie et de spontanéité.

Et puis ça fait pratiquer les réflexes, l'équilibre, l'esquive, l'endurance, le travail d'équipe... Un bon entraînement.
Je dois ranger ce carnet, Frère, car je crois qu'ils vont me prendre pour cible. Je vois quatre tas de boue, cinq comptant Cinnar, qui fomentent quelque chose à voix basse... Et Dam' s'est déjà replié stratégiquement.
Souhaite-moi bonne chance, je vais en avoir besoin ! Ils sont supérieurs en nombre !

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Tu pourras le dire à Amynarmëh : non, je n'ai pas tremblé.
Je t'aime, Frère, et je prie l'Arbre pour qu'aucune combustion spontanée de jeune pousse n'ait lieu, pour reprendre ton expression fétiche. Porte-toi bien.

Cypries


Du même auteur, la dernière lettre du mardi.
Spoiler : :
Jour 1, mardi, fin.

Mon bien cher Frère,

nous voilà installés pour la nuit.

La veillée s'est bien passée, ce soir, et a pris des allures de fête à part entière. Dam' et moi avons cuisiné du ragoût pour quatre-vingt personnes. Les aromates prévues par Arty' ont bien servi pour en relever l'arôme à la manière de Caledon. Assistés par Orme' et Himiko, Oriel et Arty' ont bien préparé le lieu de la veillée, s'occupant de préparer un bon feu, des plantes lumineuses, et un tapis de mousse.

Des gens sont même venus des autres avant-postes du Rêve, visiblement notre idée de Veillée s'est répandue avec les patrouilles de cet après-midi et a beaucoup plu. On a tous bien mangé - Oriel a profité d'une triple ration spéciale "viande". Arty' a fait goûter de sa liqueur de framboise, l'Artifice. On a donné les cadeaux que j'avais prévus : tous les livres et les quelques kilos de biscuits. Mon sac à dos est tout léger, maintenant. Orme' s'est révélé excellent flûtiste et nous a régalés, avec l'aide de Phreise qui a improvisé un instrument de percussion, de quelques morceaux, certains apaisants, d'autres dansants. Et on ne s'est pas gênés pour danser ! J'ai lancé le mouvement en invitant Laudren, et je dirais qu'Arty a fait le reste. Puis, quelques jeux de contes plus calmes, et chacun est retourné à ses activités.

Dam', Arty' et moi avons tout bien rangé, et nous voilà posés dans notre cosse. Ayant bien dormi pendant l'après-midi, je vais plutôt veiller, cette nuit. Nul doute que le Cauchemar non loin a remarqué notre fête et l'a prise comme une provocation. Ce qui n'était pas notre volonté, évidemment : nous sommes simplement nous-mêmes, Rêveurs à part entière. Ils ont bien tenté, sans grande réussite, de nous déconcentrer de nos festivités à grands bruits dissonants de cors de chasse et d'hurlement, et je pense qu'ils vont tenter d'autres approches pour conserver leur mainmise sur la nuit. C'est d'ailleurs quelque peu rassurant pour Dhur, qui est toujours porté disparu. Je pense que s'ils l'avaient capturé, ils se seraient arrangés pour nous faire entendre ses hurlements.

Notre cosse est située non loin de la muraille végétale - comme tout, à Tersech, vu que c'est tout petit - et je compte bien veiller à ce que notre bulle de Rêve reste bien stable. Je ne les laisserai pas instiller des Cauchemars dans le repos du reste du groupe. Je dormirai à l'Aube, Dam' devrait pouvoir relayer ma veille pour une ou deux dernières heures de nuit. Puis je m'autoriserai une petite grasse matinée.

Ensuite, on aura beaucoup à faire !

J'envisage, mon Frère, que nous devrions leur faire venir des paquets plus souvent. Avec des épices, des sirops, des livres. Peut-être même un peu de matériel de dessin, ce genre de choses. Ils pensent beaucoup à leur Devoir, ici, ce qui me plait, mais ils ont besoin de passe-temps.

Je t'aime, mon Frère, et te souhaite une bonne nuit de loin.

Cypries


L'Appel ressenti dans le Rêve, pendant la nuit du mardi au mercredi, par les Rêveurs de la troupe Griffépine.
Spoiler : :
Cappaeriel a écrit :La veillée fêtarde ramena au cœur des Rêveurs la joie que les sinistres aubergistes ou les hululements lointains de la Cour auraient pu mitiger. Fatigués d'émotions contraires, mais, globalement, plus assurés d'une nuit heureuse que la veille, les voyageurs glissèrent donc dans un sommeil bienvenu. Le lendemain aurait, nuls doutes, ses épreuves, le courageux Protecteur Dhur manquant toujours à l'appel... mais le lendemain était le lendemain.



A moins que.

Il fait nuit sur Tersech, et les bienheureux dorment tous.

Ce ne sont pas les hurlements lointains et les sons de cor de la Meute qui t'éveillent. Ce ne sont pas non plus tes compagnons, qui semblent autour de toi dormir à poings fermés. Il y a quelque chose d'autre. De plus proche et pressant. Tu te lèves avec hâte de ta couchette, pour réaliser que le monde tourne autour de toi. Gris. Flou. Tu te sens comme décalé et fantomatique, dans un univers bien concret.

Tout, autour de toi, est parfaitement silencieux, à l'exception d'un léger bourdonnement, à l'arrière de ton crâne, juste derrière, comme un insecte insistant. Dans un réflexe, ta main vient tenter d'écraser contre la paroi de la cosse le parasite qui te gêne.

Quelque chose s'échappe d'entre tes doigts maladroits. Quelque chose de dur, et de piquant, et tu sais que tu as échoué. Tu n'as pas été assez rapide.

Tes compagnons ne paraissent pas avoir entendu le claquement. Ils dorment, paisibles. Quelque chose continue de te trotter à l'arrière du crâne. Le bourdonnement est aussi pensée, et aussi avertissement, et danger imminent. Imminent ? Tu es soudain pris d'un affreux doute, et tu te penches vers le plus proche de tes compagnons, le saisissant à l'épaule pour le secouer doucement. Il dort. Alors que tes mouvements se font plus frénétiques, ton compagnon, respirant calmement, un léger sourire aux lèvres, ne paraît pas le moins du monde répondre à ton angoisse pressante.

Pris d'un doute soudain, tu ouvres à la volée l'opercule de la porte. Sous la lune et les étoiles, au son coassants des Marais de la Lumillule, les silhouettes des sentinelles sont allongées au bas des remparts. Sans heurt, ni sève. De temps à autre, une se recroqueville sur elle-même, et serre contre elle son arme en un réflexe assoupi bien inutile -sans jamais ouvrir les yeux.

En face de toi, l'être à la fois sylvari et ver siffle d'un ton victorieux, debout sur des jambes grêles, les bras écartés comme pour te présenter son triomphe, son absence de face tournée dans ta direction. Sa vision te remplit d'horreur, et également de courroux. L'ennemi, est là, et le Rêve lancine à l'arrière de ton crâne.

Il fait nuit sur Tersech, et les bienheureux dorment tous. Si fatigués, de tant de guerre, si épuisés, de tant de veille, ils ont cédé, et se sont laissés glisser dans l'assoupissement. La pensée te remplit d'angoisse, mais également...

De résolution, tout aussi subitement. Avant d'en arriver là, il y a toi, et l'Appel du Rêve, vibrant au fond de ton âme.


La lettre suivante dénote d'un style bien plus hâtif et succinct, comme si l'auteur avait... fort à faire.
Spoiler : :
Jour 2, mercredi.

Frère,

Une Grand-Chasse, rien que ça ! Visiblement, tous les Sylvaris de notre Escouade Griffépine l'ont ressentie. On a fait le même Rêve pendant cette première nuit, une vision d'avenir, quelque chose d'inquiétant, et il nous faut faire face. Ce n'est pas le premier Appel que je ressens, mais les autres sont un peu pris au dépourvu. Tout le monde fait néanmoins de son mieux. On doit agir, on doit absolument agir.

La menace est celle de tout Tersech plongé dans le sommeil, un sommeil que rien ne semble pouvoir briser, si rien n'est fait pour l'empêcher. Visiblement, l'outil de ce sommeil serait un genre d'insecte solide, vrombissant. L'ennemi prend la forme symbolique d'un Sylvari-ver, dans le Rêve. Et le danger est proche. Proche dans le temps.

Et on manque d'informations. J'ai l'impression de me lancer dans le vague, pas comme pour mes autres Appels. Et on va devoir prendre des risques. Tous. C'est évident. La vie est un long voyage scolaire, avais-je dit à Arty'... C'est plus vrai que jamais.

On va faire de notre mieux, Frère, et je ferai au mieux pour veiller sur eux tous. Mais c'est une guerre et nous ne pouvons pas rester de simples spectateurs. Ils vont tous devoir devenir des Epines des Roses à part entière. Fiables, matures, perspicaces et efficaces.

---

On a retrouvé Miria, la chienne de fougère de Dhur qui est toujours porté disparu avec le reste de sa patrouille. Miria est plongée dans un profond sommeil duquel rien ne la réveille, et un parasite semble fiché dans le fond de sa gorge.

Ce n'est pas une coïncidence.

On a trouvé une piste depuis là où elle était étalée. Quelqu'un a tiré, traîné, quelque chose - Dhur, peut-être ? - vers le sud-ouest. On a remonté jusqu'aux dangereuses ruines d'Aleem.

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On se répartit les rôles. Miria mise sous surveillance, en quarantaine. Gyffen et Dam' m'accompagnent pour aller rencontrer des gens à Ondesaline, le plus grand village du coin. Peut-être quelqu'un aura-t-il quelque chose à nous apprendre sur notre Appel ? Peut-être nos images oniriques leur évoqueront-elles des indices, des faits ? Peut-être y a-t-il d'autres Appelés avec qui faire équipe ? Arty, Oriel et les autres vont interroger les autres patrouilles de Tersech.

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Ca avance, un peu. Les éléments semblent converger vers quelque chose d'encore flou. L'Appel se fait intense. Nous méditerons, ce soir, pour essayer d'en saisir tous les détails, toutes les pistes.

Nous avons fort à faire, mon Frère aimé. Et nous y parviendrons.

Cypries


Résumé de la virée au village d'Ondesaline.
Spoiler : :
Cypries a écrit :Une partie de "l'escouade Griffépine" se rend donc, accompagnant une patrouille, à Ondesaline, rentabilisant l'après-midi du mercredi en effectuant un peu de reconnaissance, en rencontrant les principaux contacts sur place, et en parlant surtout de ce qu'ils ont ressenti en Appel, cherchant à trouver quelqu'un à qui l'image onirique du Sylva-ver évoquerait quelque chose, précisant qu'il s'agit vraisemblablement d'un envoûteur. Sera aussi évoquée la magie de "sommeil profond", pour voir si cela évoque un précédent à quelqu'un, et si quelqu'un posséderait une solution ou une piste pour mettre en déroute de la magie d'envoûtement de ce genre. Sera également vérifié si d'autres que les membres du groupe ont reçu le même Appel.

Retour à Tersech avec la dernière patrouille avant la nuit, sauf imprévu.


Cappaeriel a écrit :Le groupe est aimablement accueilli à Ondesaline, le plus grand des villages Rêveurs de la région. Certains des Protecteurs présents lors de la veillée du jour précédent en profitent pour remercier, avec chaleur, l'initiative des visiteurs. L'image d'un sylvari-ver ne semble pas énormément parler aux présents sur place, bien que l'Archiviste locale, Mayya, une envoyée du Prieuré, promette au groupe de se replonger dans les dossiers sur la Cour à la recherche d'une pareille image, sait-on jamais... l'Archiviste asura annonce un éventuel rapport pour le lendemain. Le groupe de voyageurs ne paraît pas trouver d'écho de leur Appel chez les nombreux sylvaris d'Ondesaline. Suggestion est faite, par un envoûteur des Protecteurs, d'un éventuel parasite ou objet enchanté pour ensommeiller, qui pourrait éventuellement être contré par un autre envoûteur... voire retiré de force. Le même envoûteur théorise que l'enchantement est une variation sur les sorts d'assaut mentaux, une qui plongerait donc simplement la cible dans un sommeil profond. Il ajoute que le responsable d'un tel sort est probablement d'une puissance non-négligeable.


Résumé du jeudi matin et midi.
Spoiler : :
*Jeudi matin*
Arty et Oriel ont interrogé les Reader pour connaître plus de détails sur leur "commerce" et sur leur contact qui s'avère être une certaine "Vespide", probablement le "Héraut" d'Espoirvain plusieurs fois venu "parler" avec les Rêveurs. Pendant ce temps, Jerynd, Cinnar et Cypries ont accompagné la patrouille du matin vers le nord et l'ouest, menée par la Protectrice Lashniki. Ils ont décelé une piste vers les cavernes au nord, et surtout, ont été attaqué par une sorte de guêpe vrombissante métallique, chargée d'énergie d'envoûtement, qui a cherché à piquer là où l'écorce est tendre : intérieur de la bouche, nez, yeux, oreille. Cypries ne doit le fait de ne pas avoir fini endormi qu'à son bois très solide, car la bestiole a bien failli avoir le fond de sa gorge. Après une "lutte" difficile de tout le groupe pour écraser le "machin vrombissant" sans se faire piquer malgré sa rapidité, le "machin" a été récupéré dans un petit pot et rapporté à Tersech, en urgence, par la moitié de la patrouille, l'autre moitié ralliant Caer Bruyère pour parler de cette nouvelle menace. Il faut des respirateur, il faut confectionner des moustiquaires solides, car si l'Appel ressenti par le groupe est juste, alors, de ces "machins vrombissants", il y en aura beaucoup, assez pour attaquer tout un avant-poste, ou pire...
Laudren a reçu le rapport du groupe et s'est arrangée avec eux pour les marches à suivre. Il est évident que plus personne ne prend la Grand-Chasse du groupe de "touristes" à la légère, à présent.


*Jeudi presque midi*

C'est donc un groupe en ébullition qui se prépare pour une virée qui prendra sans doute l'après-midi.

Au nord de Tersech, à l'entrée d'une grotte, des traces ont été repérées et Cinnar a senti une odeur de sylvari(s), une piste assez claire - pour une truffe de fougère, en tous cas. Si la patrouille de Dhur a trouvé refuge là, l'hypothèse principale commence à être qu'ils y ont été capturés et que quelque chose se cache encore dans ces grottes. Le groupe a donc décidé d'aller voir, en compagnie de deux Protecteurs habitués à la région, Phreise et Tapgep.

Sous la houlette d'un Cypries habitué à dispatcher efficacement des ordres pour mettre à profit les expertises de chacun, Jerynd est allé chercher de quoi boire et manger. Ainsi que, de son initiative, des torches. Cypries demandera à chacun de prendre un repas de midi léger avant le départ et de correctement s'hydrater. Damroctod, une fois bien protégé par les soins de Jardinier d'Arty, aura à réunir une quantité suffisante de rotin pour... sans doute le dévider derrière eux alors qu'ils s'aventurent dans les grottes labyrinthesques. Chacun sera invité à s'équiper de son respirateur, Cypries glissant le sien sous l'écorce de son gorgerin. Enfin, il s'équipe de son respirateur léger, ayant laissé son secon respirateur intégral, plus sûr, mais moins fashion, à Arty'. Ce dernier s'occupera aussi de protéger les zones sensibles de Cinnar par Jardinage, et peut-être même complétera-t-il l'armure d'Oriel, si ce dernier pense en avoir besoin.

Cypries demandera à Laudren si elle a deux ou trois personnes libres de plus, des sentinelles discrètes si possible, pour veiller à l'entrée de la grotte. Si possible, équipés de fusées éclairantes ou autre signal de détresse dont ils ont l'habitude dans la région. Il s'arrangera aussi pour trouver un quelconque morceau de craie, glissé dans une poche de sa braconnière. Puis demandera à chacun de vérifier son paquetage et, sans un instant faire de distinction entre les jeunes et les accompagnateurs, considérant chacun comme utile, mettra tout le monde en ordre à la sortie nord de la ville... Pour peut-être récupérer là un ou deux retardataires ?


Les notes prises en cours d'interrogatoire des Reader, la famille Humaine qui gérait l'auberge, mangeait les clients de chair et vendait les clients Rêveurs à la Cour des Cauchemars.
Spoiler : :
Artyphiss a écrit :[écrit d'une jolie main, avec quelques fioritures, un gribouillis dans la marge qui ressemble un peu à Carmen avec marqué BLUH BLUH et ces mots ]

<3 ~ Interrogatoire des Readers vivants ~ <3


C'est la Meute qui est venu leur proposer le marché. La Meute paie un bon prix pour les sylvaris vivants. Cinq pièces d'or par tête. Ils ne tuent jamais les sylvaris, qui sont encore vivants lors de leur livraison. Les Readers faisaient déjà leur funestes actions avant la proposition de marché des cauchemardeux. Il y a 10 ans, un sylvari au nom inconnu, grand, des feuilles bleus, la peau roussatre tirant sur le vert, yeux complètement noirs.
Ils sont rentrés dans l'Enclave avec la Vespide, grande et plantureuse, seins et hanches, mais jamais sans son masque. Ecorce noir, masque et robe noir et jaune. Ce matin là, ils sont entrés dans le vestibule de l'enclave pour discuter du prix avec la Vespide, de mauvaise humeur et ne portant pas son habituel masque, mais un masque fait d'une matière semblable à du cristal, reflétant de la lumière ? Masque sculpté en forme de crocs et d'épines. Les sylvaris sont cherchés pendant la nuit par la Meute.
Dernière livraison de sylvaris, voyageurs, il y a un mois. Les cavernes au Nord d'Hazaan sont vides, pour eux. Les somnifères sont donnés par la Meute.


La lettre de Cypries retraçant le jeudi.
Spoiler : :
Jour 3, jeudi.

Mon Frère,

nous reviendrons vivants de tout cela. Si, si, je t'assure. Dans quel état précis, je ne saurai dire, mais nous reviendrons. S'il n'y avait l'Appel lancinant qui nous pousse à rester, j'aurais déjà raccompagné tout le monde à Fort Trinité pour les faire rentrer en lieu sûr, et ensuite je serais peut-être revenu ici avec Jerynd et Oriel, pour nous rendre utiles jusqu'au bout.

Dorénavant, on réservera le "voyage scolaire à Lumillule" aux individus déjà hautement aguerris. Je veux dire, les jeunes font vraiment, vraiment de leur mieux. Je le vois, je le sais, et je leur en suis reconnaissant, et je suis fier d'eux. Mais la situation que nous rencontrons demanderait des Amynarmëh, des Cael, des Hanaraka, plus de Jerynd, et peut-être bien une ou deux Pum.

Ici, tout s'accélère. Notre Appel nous annonçait déjà un temps fort restreint, mais à ce point-là ?
Oriel et Arty se sont occupés d'interroger les aubergistes ce matin, pour mieux détailler les processus de leur commerce. Ils se montrent parait-il d'assez bonne volonté. Sans notre intervention, ils auraient été exécutés plutôt que prévus pour être remis à la Garde du Lion qui se contentera peut-être de travaux forcés ou d'emprisonnement.

Jerynd et moi avons accompagné la patrouille de Lashniki, vers le nord, ce matin. Vers les grottes où Dhur et sa patrouille - toujours portés disparus - auraient pu trouver refuge pour éviter la tempête qui couvait, le jour où nous avons accosté. Et non loin desquelles nous avons trouvé Miria. Lashniki des Mares a d'ailleurs confié avoir repéré une silhouette au matin de ce même jour, une silhouette en jaune et noir, vers ces grottes, qui sont pourtant, normalement désertes. Ces grottes forment un réseau labyrinthique décrit comme dangereux.

Jerynd et Cinnar ont fait de l'excellent travail. Ils ont repéré le début de la piste trouvée près de Miria, visiblement ce qui a été traîné l'a bien été depuis l'une des grottes au nord. Trop peu nombreux et peux préparés, nous n'avons pas poussé l'exploration plus loin, nous reviendrons cet après-midi pour cela. La patrouille de Lashniki continue vers Aleem. Et nous avons été attaqués par une sorte de guêpe vrombissante, métallique. Elle a réussi à rentrer dans ma bouche et a bien failli piquer au fond de ma gorge, heureusement que Jerynd a réagi très vite pour me donner de grandes tapes dans le haut du dos.

Comme dans notre Rêve, notre Appel. Ces mêmes trucs vrombissants, pointus. Je suis passé près de... d'au mieux, un long sommeil. J'ai eu chaud.
Tout s'accélère.

On a séparé la patrouille en deux pour aller alerter Caer Bruyère et Tersech, où Jerynd et moi sommes allés. Les trois lieux Rêveurs de la région vont se préparer à faire face à une nuée de ces bestioles. Peut-être pas une nuée, mais déjà quelques unes pourraient causer des ravages. Elles sont rapides et visent les yeux, le nez, les oreilles, l'intérieur de la bouche. Tout le monde doit se protéger en conséquence et protéger aussi les lieux de repos.

La guêpe qu'on a réussi à écraser a été rapportée, on va la faire analyser par quelqu'un calé en envoûtement, à Ondesaline. Et nous, on va monter un groupe, après un rapide rapport à Laudren, pour aller voir ces grottes au nord. Il s'y trame ou s'y est tramé quelque chose. Cette silhouette en jaune et noir, ces guêpes, et cette dénommée Vespide de la Cour d'Espoirvain qui était l'intermédiaire commercial des Reader, et peut-être aussi le Héraut de la Cour... Trop de coïncidences pour notre Grand-Chasse, toutes n'en sont pas, c'est certain. Pendant ce temps, une équipe d'éclaireurs très rodés va s'occuper d'Aleem.

----

Et la nôtre, d'équipe, ne l'était pas assez, rodée. On a à peine pu progresser jusqu'à la première intersection de souterrains. Je suis trop maladroit pour un terrain aussi impraticable, et le terrain est trop dangereux pour mettre autre chose qu'un bouclier devant, la grotte trop étroite pour faire front à deux. Dam' s'est brisé une cheville dans une descente, Orme a été blessé à son œil directeur quand trois nouvelles guêpes nous ont attaqués, bref, nous avons fait demi-tour. Nous nous étions pourtant bien préparés, rapidement, et avions prévu un groupe de Protecteurs pour veiller à l'entrée de la grotte. Mais là, non, on a... juste pas le niveau.

On est rentrés faire notre rapport et traiter les blessés en priorité. Le pauvre Dam' va se sentir inutile, à ne pas pouvoir marcher malgré le poids de l'Appel derrière la tête, qui commande si fort d'agir, agir, agir à tout prix. On aura au moins vu que ces grottes sont liées à l'affaire et trouvé là-bas un couteau de Protecteur, couteau appartenant à première vue à une membre de l'équipe de Dhur. On a aussi mis la main, grâce à Arty, sur un spécimen de guêpe encore entier, celui qui s'en prenait à l’œil d'Ormeronce en tentant de se glisser sous sa paupière.

Le reste de la journée sera consacrée à préparer Tersech à se défendre, à l'aide de solide moustiquaires Jardinées et de solutions de ce genre. A défaut de parvenir à vraiment pousser l'enquête, on peut au moins défendre.

Mayya, une Asura du Prieuré située à Ondesaline qu'on a rencontrée hier, n'a rien trouvé dans les archives parlant d'un Sylva-ver. Par contre, elle est venue nous rencontrer pour nous dire que ces guêpes sont des... mini-golems mais très ornementaux. Très esthétiques, trop, ils pourraient être mieux optimisés. On lui a confié le spécimen capturé par Arty pour une étude plus poussée, surtout concernant la manière de se repérer qu'ont ces golems. Ils visent clairement les yeux, la bouche, et il doivent être programmés pour cela. On trouvera peut-être une idée pour détourner leur système de repérage et les rendre inefficaces.

Je ne désespère pas, même si le moral du groupe est bas, Frère. Je leur rappelle, exemples à l'appui, à quel point ils font tous, on fait tous de notre mieux. Et que je suis fier de chacun d'eux.
Néanmoins, je suis réaliste : on se bat face à un temps très limité et on n'est pas en train de gagner, pour le moment.

J'aurais presque envie de vous envoyer une lettre, et pas seulement d'écrire ces mots remis un jour en mains propres, mais avec le délai d'aller et retour... Vous ne pourriez pas nous aider, concrètement.

Et Amynarmëh me manque tant, mon Frère. C'est un manque cruel, qui me donne presque mal au ventre.

Je l'aime, et je t'aime toi aussi, mon Frère. Différemment, mais même.

J'espère que le succès est plus au rendez-vous chez vous que chez nous.

Cypries


La lettre suivante, datée du même jour.
Spoiler : :
Jour 3, jeudi, suite et fin.

Cher Frère,

J'écris ces lignes alors que je veille, au milieu de notre cosse, à ce que chacun de nos Rêveurs s'endorme convenablement malgré les huées des chasseurs de la Cour et l'ambiance onirique tendue.

En ce jeudi soir, les avant-postes du Rêve dans cette région sont normalement protégés au mieux de moustiquaires solides, et les habitants ont tous de quoi protéger leur visage afin de mettre en déroute les guêpes programmées pour viser ces points faibles.

Nous nous sommes répartis sur les différentes tâches à mener à bien pour cette fin d'après-midi. Déjà, j'ai demandé à la Guérisseuse Luneth de créer une attelle spéciale pour la jambe de Dam'. Ca ressemble presque à une prothèse végétale, qui lui couvre la jambe en immobilisant et protégeant la cheville, et qui lui permet de marcher sans appuyer dessus. Evidemment, côté dextérité, ce n'est pas fameux, il se retrouve avec une jambe plus longue que l'autre et nettement moins précise, mais c'est mieux que rien. Orme' a également été soigné au mieux, il a l'air de tenir bon malgré son oeil douloureux.

Arty', assisté par Jerynd et Orme' qui s'y connaissent bien en animaux, et par Dam' qui lui a transféré son énergie, a réussi à lever la malédiction de sommeil profond qui pesait sur Miria avec un contresort classique mais puissant. Ce ne sera pas possible de faire ça à large échelle. Le parasite dans sa gorge est tombé de lui-même lorsque le sort a été levé et Miria semble en bonne santé. Elle suit Cinnar et est donc sous la responsabilité de Jerynd, pour l'instant. Peut-être pourra-t-elle se rendre utile pour aider à pister.

De mon côté, pendant ce temps, je suis parti à Caer Bruyère avec une patrouille. J'ai pu y voir le mur végétal qui empêche l'avancée des morts-vivants, surtout depuis l'apparition de Tequatl. Et j'ai surtout pu y voir ce que j'espérais, le retour du groupe d'éclaireurs vétérans, menés par Sayesar des Mares, qu'on avait demandé d'envoyer aux ruines d'Aleem. Ils sont tous revenus en vie et y ont trouvé de nouveaux indices. D'une part, la piste du "truc lourd traîné" semble mener à une chambre mortuaire de ces ruines, transformée en laboratoire d'apprenti sorcier. Ils y ont découvert le corps de celle que, plus tard, on a identifié comme la Protectrice Una, membre de la patrouille de Dhur, sans doute traînée jusque là alors qu'elle était déjà morte. Son visage a été soigneusement découpé et retiré. Ca semble être une pratique déjà vue plusieurs fois de la part de la meute de Lainne, ce qui est un indice de plus qui encourage à penser que la Cour est bien derrière tout cela, ou liée de près.

Dans le laboratoire, ils ont également trouvé des tentatives de symboles et de cercles de nécromancie, d'après eux des tentatives échouées. Et également un grand coffre avec trente guêpes dedans, plus vingt autres guêpes "disséquées". Ils ont rapatrié tout ça dans le coffre jusqu'à Caer Bruyère, coffre qu'on s'est décidés à enterrer en lisière de l'avant-poste.

Ils n'ont vu aucun ennemi dans Aleem, mais comme nous sommes face à de la puissante magie d'envoûtement, je n'exclus pas la possibilité de présences antagonistes invisibles. Ô joie.

Mon hypothèse est qu'Aleem servait à un isolé parmi nos ennemis à tenter d'ajouter à leur plan une composante nécromante, visiblement échouée. Ca veut aussi dire que l'ennemi est prêt à "gaspiller" cinquante guêpes pour une expérience annexe. Et ça, ça veut dire qu'ils ont de sacrés moyens.

C'est à Tersech que le corps a été ramené et identifié par le Protecteur Phreise des Bois comme étant probablement Una. Sans visage, c'est un peu délicat d'être sûr, et la tentative de nécromancie de la part de Dam' pour "parler" avec les souvenirs de la morte s'est soldée par un résultat vague : une sensation de peur, de danger, d'endormissement. On n'est même pas sûrs que ça ce soit passé dans les grottes au nord, bien que la logique le laisse penser.

On s'est réunis pour le repas, avec Phreise et Laudren, et on a discuté de la suite des événements. La probabilité pour que l'ennemi ait repéré notre passage à Aleem et aux grottes du nord est très haute, et la probabilité qu'il s'attend à nous y voir revenir l'est également. Si on y retourne, on va devoir faire face à encore plus de pièges, peut-être même une embuscade. Ils ont déjà eu la patrouille de Dhur, c'est quasi-certain. Sommes-nous vraiment prêts à nous jeter dans la gueule du loup - ou sur le dard de la guêpe - pour le maigre espoir qu'il reste peut-être un survivant Rêveur quelque part ?

Je préfère penser à sceller ces lieux, mais nous ne disposons pas d'assez d'explosifs, et les stocks du Pacte dans la région tirent déjà une tronche piteuse sans qu'on demande à piocher dedans. Il n'y a également pas assez de bons géomanciens dans le coin pour refermer la roche sur elle-même. Dam' a suggéré d'enfumer les grottes de poison, ce qu'on garde comme solution de dernier recours. A mon avis, il n'y a plus rien à sauver de toutes façons, ou rien qui ne puisse peser assez lourd dans la balance par rapport à la possibilité d'arrêter nos ennemis et d'enrayer une probable attaque de large ampleur. C'est clairement une situation de guerre, à présent, et plus seulement une Grand-Chasse d'un petit groupe ou une tentative de sauvetage individuel.

Le moral du groupe est bas. L'ennemi a une longueur d'avance qu'on arrive pas à rattraper. On manque de temps, de moyen, et d'expérimentés. Pour l'instant, notre plan pour demain est de scinder notre groupe en deux et d'y adjoindre à chaque moitié, une moitié du groupe de vétérans de Sayesar. Le premier groupe irait à Aleem en portant Dam', pour tenter d'étudier la tentative de nécromancie. Le second groupe retournerait aux grottes du nord pour une dernière tentative d'y retrouver les Protecteurs disparus avant d'en venir à l'empoisonnement de ces lieux, autant qu'on pourra, car ce réseau de souterrains est vaste et le nombre de passages d'entrée inconnu.

Je tends à penser qu'on voit encore un peu trop grand. A ce stade, on devrait sauver les meubles et mettre les élèves à l'abri, mais...
Mais l'Appel résonne et nous tire vers l'action. A défaut de nous permettre de garder les idées parfaitement claires, je suppose qu'il faut faire confiance au Rêve qui ne nous a pas choisis au hasard.

On va faire de notre mieux avec nos moyens et nos compétences.

J'espère que vous avancez bien contre la Toile, Frère. Bonne nuit à vous.

Cypries


Des notes arrivées dans la matinée à Tersech, sitôt le quatrième jour levé.

Spoiler : "De la part du Protecteur Kryss" :
Cappaeriel a écrit :Maître de Guerre Cypries,
J'ai achevé mes analyses de l'enchantement des "guêpes d'argent" comme les a nommées l'Archiviste Mayya. Il s'agit d'une variante particulièrement puissante d'un sort d'injonction psychique, contenue et alimentée en magie par un cristal arcanique tels que les asuras en utilisent. Une fois le cristal introduit dans la chair de la victime, la malédiction est déclenchée, et celle-ci tombe dans un profond sommeil. Un enchantement secondaire est également présent dans le cristal, provoquant une douleur insupportable si le parasite venait à être retiré par la force. En raison de l'importante dépense de magie demandée pour le maintient du sortilège, les "guêpes" sont à usage unique, une fois qu'elles ont parvenu à piquer une cible. L'ensorcellement prend probablement fin au bout d'une poignée de jours, mais, sans assistance, la victime est en danger de mourir de soif avant ça.
Les contresorts habituels aux malédictions semblent fonctionner, bien qu'il soit relativement épuisant d'effacer ce puissant sortilège.
J'ajoute sur une note personnelle que le créateur de ces objets est très, très probablement un envoûteur de haut vol, complètement spécialisé dans les enchantements, pour parvenir à ce degré de puissance. Prudence, donc, en particulier si vous rencontrez des adversaires dont les équipements semblent un peu étranges.
Protecteur Kryss


Spoiler : "De la part de l'Archiviste Mayya" :
Image (Par Cappaeriel)


Spoiler : "Un courrier de la part de Falcon" :
Falcon a écrit :
Chers vous tous, explorateurs, voyageurs et découvreurs Lucioles,

J’espère bien que vous êtes arrivés à bon port ! Je fais confiance à Cypries pour ce genre de choses. Auriez-vous fait naufrage qu’il vous aurait ramené, un par un, sur la berge, et peu importe la distance.

A présent, vous marchez sur des terres qui me sont totalement inconnues. Je n’ai frôlé ce territoire par le biais des livres du Prieuré uniquement, et je dois dire que je compte sur vous tous pour en ramener la saveur, la senteur, l’humidité, la chaleur, ainsi que la vision et les bruits de ce marais dans votre Rêve.
Je vous imagine dans un village Hylek aux façades de torchis colorées et ornées de lances et de boucliers à plumes.

D’ailleurs, je vous conseille vivement de tenir un carnet de bord, comme nous l’avions fait à Kesse !
Le Bosquet n’a pas encore explosé, et le Rêve est toujours vaillant. Nous y attendons votre retour avec impatience –Pum a hâte de démanteler la Toile- et j’espère sincèrement que ce séjour sera synonyme de joie, découverte et maturité pour vous tous.

Que Dwayna vous porte,
Falcon.

PS : Arty, Synnaël me demande de te remercier.
PPS : Oriel, ta plante va toujours bien. Je n’ai pas encore réussi à la noyer totalement.
PPPS : Ecoutez bien Cypries !
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Cypries
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Re: [Évènement]Les Endormis de Tersech

Messagepar Cypries » 28 Janvier 2014, 04:10

La lettre de Cypries retraçant le vendredi.
Spoiler : :
Jour 4, vendredi, dernier jour à Tersech.

Cher Frère,

nous touchons donc au terme de ce... dérapage moyennement contrôlé.

La stratégie de couvrir les deux lieux qui s'étaient jusque là révélés liés aux guêpes a été payante, mais nous étions loin d'avoir anticipé la vérité derrière la menace. Il s'agissait en fait juste d'un Courtisan nécromant désœuvré, "amoureux" - note les guillemets qui sont importantes... - de la Courtisane dénommée Vespide. Pour se faire remarquer d'elle, il lui a volé son masque jaune et noir, un masque enchanté qui donne l'apparence de Vespide et qui incite à première vue à vraiment entrer dans son rôle. Un bon outil de doublure, donc, et qui explique pourquoi Vespide portait un autre masque quand les Reader l'ont rencontrée pour tenter de nous échanger. Il lui a également volé ses golems-guêpes, nul doute que Vespide en était très mécontente et réservait un usage plus terrible encore à cette arme.

Ce Courtisan désœuvré se fait appeler Torve et comptait utiliser les guêpes pour endormir tous les Rêveurs du coin pour récupérer leurs visages. Littéralement. Avec un couteau et tout. Il s'avère que Vespide est une amatrice d'art à une manière très Cauch', elle collectionne des visages. Oui, c'est absolument charmant, comme passe-temps. Torve s'est découpé son propre visage pour le lui offrir, d'ailleurs. Les Cauch' sont malades, vraiment malades, si quelqu'un en doutait encore.

Pour résumer, avec notre Appel vague, qui ne donnait qu'un objectif et guère de pistes concrètes, on a tout interprété à l'envers. On pensait qu'Aleem était secondaire et que les grottes au nord abritaient la réelle menace, et en fait le "secondaire" constituait toute la menace. Vu que les pistes nous faisaient penser à Vespide, une gradée de la Cours du coin, on a forcément cru à un gros truc de leur part. Mieux valait d'ailleurs surestimer le danger que l'inverse, note bien. Mais ça nous a laissés dans un flou peu propice à une stratégie vraiment rodée, surtout en quatre jours d'action seulement.

Aux grottes du nord, après une progression souterraine fort délicate vu qu'on pensait le lieu truffé de pièges - et que l'escalade n'est vraiment, vraiment pas mon fort - on a retrouvé les trois autres corps qui manquaient pour retracer le tragique destin de la patrouille du Protecteur Dhur. Visiblement, alors qu'ils voulaient venir nous attendre sur la côte, ils ont juste eu la malchance de tomber sur Torve, déguisé en Vespide avec le masque, qui s'entraînait à commander aux guêpes. Ça a été la panique face à cette arme surprenante, Torve a réussi à endormir Una, et les trois autres se sont repliés vers les grottes du nord, poursuivi par les guêpes, pour éviter de les guider à Tersech. C'était pas forcément le plus malin, comme réaction, mais ils ont réagi comme ils ont pu dans le feu de l'action, les pauvres.

Les guêpes les ont pistés jusque dans les grottes et les y ont endormis à force d'harcèlement. Torve n'a eu qu'à les achever dans leur sommeil et découper leurs visages pour son projet dément. On a retrouvé les corps et le journal de Dhur qui détaille un peu plus ce qui leur est arrivé. Miria, la chienne de fougère de Dhur, était évidemment endeuillée et triste, mais Jerynd va la ramener chez Danador pour qu'elle change d'air, et ça ira mieux pour elle au bout d'un temps.

Après avoir rendu hommage aux trois tombés, et récupéré sur eux leurs affaires pour leurs proches, on a quitté les grottes pour les enfumer de poison. Notre première visite en ces lieux n'avait pas révélé d'autres formes de vie que des algues, mais en fait il s'y trouvait également des chauve-souris. La solution du poison a donc quelque peu endommagé la faune locale, mais mieux valait cela que laisser planer une menace militaire d'ampleur.

Le groupe allé à Aleem, avec Oriel et Gyffen sous la direction de Dam', y a donc trouvé Torve et l'a appréhendé sans violence en portant le masque pour se faire passer pour Vespide. Evidemment, tu t'en doutes, Frère, l'épreuve qui demande de s'imprégner d'un rôle a été confiée à... Gyffen, bien sûr ! Histoire d'entacher un peu plus sa présence onirique si fragile. Au moins ont-ils tous fait de leur mieux et ont-ils pu capturer le plus-que-suspect et le faire parler sans difficulté, pour ensuite le ramener à Tersech. On ne sait toujours pas ce qu'il tentait de faire en nécromancie, sans doute un "petit plus" pour l'oeuvre des visages qu'il comptait offrir à celle qu'il aime et déteste. A ce stade, peu m'importe. Pas besoin de s'imprégner et de compatir outre mesure avec le Cauchemar. Il faut le faire juste assez pour les besoin stratégiques, et nettoyer le reste.

A noter tout de même que le jeune Dam' a déjà bien la tête sur les épaules. Ça fait du bien de voir une jeune pousse qui assume sa maturité, malgré, bien sûr, ses petits côtés encore très maladroits qui se révèlent attachants. Sa stabilité onirique a du potentiel.
Gyffen progresse dans le fait de rester lui-même - ou de le redevenir rapidement en cas d'épreuve. Oriel s'est également très bien intégré. Je ne lui laisserais pas encore un rôle de responsable - il est très Charr, après tout, et un peu berserker - mais en tant que défenseur au moral solide, il excelle. Arty' est, je pense, celui à qui le voyage aura le plus servi pour devenir plus qu'un écervelé naïf, j'ai bon espoir qu'il arrête dorénavant de ne pas finir entre les mains du Cauchemar par simple miracle mais qu'il devienne peut-être même une Epine des Roses à part entière... nous verrons.

On s'est rejoints à Tersech pour résumer le fin mot de toute cette histoire, et... voilà.

C'est sûr que vu de l'extérieur, ça fait quatre Endormis pour toujours côté Rêve, contre un exécuté côté Cauchemar, ce qui fait une balance assez peu réjouissante. D'un autre côté, nous, on a été Appelés à arrêter Torve qui apparaissait dans le Rêve comme le Sylvari-ver sans visage. Pas à retrouver Dhur et compagnie en vie, ce pourquoi on avait de toutes façons trop de retard. On a concrètement permis d'arrêter un malade doté d'une arme puissante, qui aurait pu mettre à mal les Avant-Postes Rêveurs. C'est d'ailleurs heureux, d'une certaine manière, que Torve ait fait tout ça, sinon l'arme serait encore secrètement entre les mains de Vespide qui est sans doute bien plus futée que Torve - c'est pas dur, tu me diras - et aurait pu causer des ravages bien plus grands. Là, au moins, les Protecteurs du coin vont pouvoir s'attendre à d'autres plans du genre de la part de l'ennemi qui semble bien partenaire de l'Enqueste, vu la nature de l'arme.

On se plaint souvent des jeunes pousses qui se jettent des toits et tout ça, mais ils sont pas vraiment mieux servis en face, côté plans qu'ils se sabordent tout seuls.

Enfin bref. Le prochain voyage scolaire, il est pour toi, Frère.
J'ai hâte de quitter ces lieux. J'aime les Protecteurs du coin, ne te méprends pas. Mais la ligne entre "Je garde une attitude digne dans la difficulté" et "Je me complais dans la morosité alors que je suis habitué à un front actif et je suis pourtant persuadé que je réagis au mieux' est une ligne bien maigre et il faudrait bien plus qu'une semaine pour qu'une influence extérieure puisse impacter quoi que ce soit sur ce plan. Ils le disent eux-mêmes, "le Rêve est trouble", ce n'est vraiment pas une région où on prend la main. Mais ce n'est pas ma tâche. C'est en Caledon que je suis Appelé. Je pense tout de même garder l'idée du colis hebdomadaire avec des livres d'occasion, des biscuits, peut-être des partitions musicales écrites par Orme, aussi. On verra.

Orme et Jerynd sont les deux qui vivent le moins bien cette fin d'histoire, d'ailleurs. Affectés, l'un comme l'autre. On va faire un bon repas, s'occuper d'eux, rester actifs, et ça ira mieux. Y a pas de secret à ce propos : Agir avec sagesse, mais agir. J'essaie de leur enseigner la leçon finale de notre voyage. Celle de savoir quand tourner la page, et aussi quand refermer le livre. Savoir passer à autre chose, aller de l'avant, c'est crucial pour des défenseurs du Rêve. Ça peut sembler "sans cœur", mais ça ne l'est pas. C'est même l'inverse.

Enfin, pour ce qui est de refermer le livre, c'est pas gagné. Dam' tient à être celui qui s'occupe de l'exécution de Torve avec un poison qui endort, une fois que les Protecteurs auront fini de l'interroger. Arty' tient à réaliser une illusion de Vespide pour lui offrir comme dernière image avant de s'endormir pour toujours ce que Torve avait toujours désiré : que Vespide remarque sa présence. Je peux comprendre le besoin d'écrire l'histoire jusqu'au mot fin, aussi les accompagnerai-je et veillerai-je à ce que cette exécution nourrisse bien le Rêve et ne vire pas au spectacle. Après ça, méditation pour tous, repos, et départ demain matin vers le point d'accostage du Corail.

La traversée va être moins sympathique et plus étouffante, vu qu'on ramène aussi les cannibales vendeurs-de-Rêveurs pour qu'ils soient remis entre les mains de la Justice de la Garde du Lion. En plus, je suis contusionné de partout, avec toutes ces chutes dans les grottes, ces cordes qui lâchent et... y a même eu un stalactite qui a lâché. Tout, pour me faire tomber. Je me relève toujours, bien sûr. J'ai éclos d'un bois solide. Mais qu'on ne me parle plus d'escalade pour au moins un mois.

Je te remets tout ça dans... deux ou trois jours, Frère. Je pars veiller au bon déroulement de cette exécution.

Heureusement que notre petit équipe s'est révélée vraiment solidaire et constructive. J'aime chacun d'eux, d'autant plus après tout ça. Ils ont tous su me convaincre à leur manière. J'espère avoir su me montrer tant un bon enseignant, qu'un bon veilleur, mais également avoir su quand leur laisser la main, leur laisser prendre leurs initiatives, leurs risques, et tirer d'eux-mêmes leurs leçons. C'était un peu ambitieux de toujours garder tout ça à l'esprit, tout en prenant un rôle plus stratégique à plus grande échelle. L'avenir nous dira si j'ai plus ou moins bien réussi.

En attendant, j'ai hâte de dormir un jour entier dans les bras de mon compagnon. J'espère qu'il ne sera pas trop occupé avec ses affaires, à notre retour, sinon il me faudra le sylv-napper.

Voilà en tous cas un livre que je referme sur ces derniers mots :

On rentre, Frère. Et on rentre tous.

Cypries


L'image qu'un bout du Rêve retiendra du Torve (âmes sensibles s'abstenir).
Spoiler : :
Cappaeriel a écrit :Voici ce qui vous fait face.

Image


Une copie du journal trouvé sur le Protecteur Dhur. Cypries certifia la correspondance de l'écriture avec celle du Protecteur. (rédigé par Cappaeriel)
Spoiler : :
Lundi, approx. 10h :
Je dois consigner dans ces notes ce qui m'est arrivé, de peur de ne plus être disponible pour faire de vive voix mon rapport sur les évènements récents.

En route vers le Nord des Marais de la Lumillule pour y accueillir un groupe de jeunes pousses et voyageurs du Bosquet, les Protecteurs Trillyan, Una, Gaera et moi-même avons été attaqués par une individue selon toute vraisemblance du Cauchemar, aidé d'une arme inconnue.

L'individue semblait seule, de dos, occupée à gesticuler de manière incohérente -probablement harcelée par un insecte, et son signalement correspondait au Héraut déjà connu de nos services. Nous avons tenté de l'approcher en contrebas et de l'appréhender, compte tenu de sa présence en dehors des horaires de la trève. Notre erreur fut d'élever la voix avant de nous être suffisamment approchés pour nous assurer de l'absence de danger. L'individue correspondait, en tout point, d'après Trillyan, au "Héraut" négociant pour la Baronnie de la Meute, à l'exception près de la voix (je ne peux pas être plus spécifique sur cet aspect).

Le Héraut lâcha quelque chose de tenu entre ses mains, pendant qu'un autre objet, de petite taille, volait directement vers la Protectrice Una. Ma chienne Miria se jeta pour tenter d'intercepter le projectile, qui semble avoir fini dans sa gueule. Una et Miria perdirent immédiatement conscience. Un troisième projectile vint toucher la Protectrice Trillyan, qui tomba dans les bras de Gaera et moi-même.

Le Héraut s'était déjà saisi d'Una. Plusieurs autres de ces "projectiles" à trajectoire aléatoire semblaient se diriger sur nous, depuis une manche du Héraut. Trillyan et moi avisèrent donc rapidement de nous saisir de Gaera et de fuir vers les grottes pour échapper à notre poursuivant, ne souhaitant pas ramener les "projectiles" en la direction de Tersech. Una et Miria durent être abandonnées, au risque que nous avions de tous succomber.

Ce fut une nouvelle erreur, mais dans l'action nous n'avions pas réellement pris le temps d'y penser. Je sais pour un fait être un des rares sylvaris à connaître comme ma poche les dangereuses grottes marines du Nord. Nous comptions nous y abriter le temps de semer nos poursuivants, puis rebrousser immédiatement chemin vers Tersech pour avertir nos camarades du danger.

Nous ne comptions pas sur un retour aussi rapide du Héraut, ou au moins de ses poursuivants. Dix minutes après notre entrée, alors que nous nous abritions Gaera et envisagions de retirer le dard pris dans son palais, Trillyan me signala entendre une série de bourdonnements provenant des tunnels. Son grognement de frustration fut une erreur, qui nous valut d'être repérés, plus, je pense, que la torche que nous avions allumée pour y voir et communiquer par signes. Un "projectile" isolé vint la frapper en rentrant par son nez, forçant le passage à travers ses protections. Trillyan tomba elle aussi dans une inconscience presque immédiate.

A présent, eu égard de mon handicap, dans l'incapacité d'anticiper une nouvelle attaque en percevant les bourdonnements des "parasites", je me suis enfoncé dans les boyaux de la terre avec mes deux collègues inconscientes. J'espère ne pas gêner ainsi les recherches à notre encontre, mais j'ai peu d'espoirs sur notre destin. Au moins, nous ne les avons pas laissés atteindre Tersech... mais nous sommes dans l'incapacité de les prévenir. Je n'ose pas laisser mes compagnes seules dans les grottes. Je vais tâcher de survivre quelques jours sur nos rations, puis j'aviserais ; il serait probablement plus prudent de retirer les projectiles enfoncés dans la chair de mes camarades, mais elles semblent faire montre d'une grande douleur quand je m'y essaie. Quoiqu'il arrive, je devrais aviser avant qu'un autre de ceux-ci ne parviennent à me trouver.

Je suis perdu, pour la première fois depuis longtemps. Sans mes compagnes, sans Miria, sans mon ouïe, je me sens prisonnier de cette terre que j'ai appris à apprécier.

-----
Après-midi ?

Ai écrasé deux de ces parasites, de justesse. Pas en sécurité dans les grottes, je vais tenter de retirer celui de Trillyan, tant pis. Je pense que notre adversaire se cache dans les grottes, et envoie ses parasites pour pouvoir nous cueillir tranquillement, une fois endormis. Je dois agir vite avant


Le retour en bateau.
Spoiler : :
Cappaeriel a écrit :C'est un samedi matin pluvieux -mais pas froid- que la troupe repartit sur le chemin vers le Nord des Marais de la Lumillule, après un séjour des plus mouvementés. Les accompagnant, deux Protecteurs, Phreise des Bois et Tapgep, veillaient sur trois humains prisonniers, qui feraient avec eux une traversée qui s'annonçait donc moins respirable que l'aller.

Un peu avant midi, ils parvinrent à la baie où le Corail s'était amarré, Cap'taine et équipage heureux de revoir leurs voyageurs en bonne santé, et également pressés d'entendre leurs histoires.

Ils ne furent pas déçus, en ce qui concerne les histoires. Et ce fut une bonne chose, la traversée s'avérant des plus houleuses, et bien plus agitée que l'aller. On eut maintes occasion d'entendre Dreir jurer, en toutes les langues existantes et deux ou trois qui n'existaient probablement pas, contre le temps si récalcitrant à ramener les sylvaris épuisés jusqu'au Bosquet.

Les trois prisonniers humains demeurèrent sous bonne garde dans un coin de la cale, veillés sans relâche par les deux Protecteurs, ce qui réduisit un peu l'espace vivable du navire. Pour y parer, le Capitaine Dreir la Saline, toute en générosité, invita le plus massif de ses passagers, Oriel, à loger dans sa cabine le temps de la traversée ; après tout, il y avait de la place.

Deux jours passèrent, et c'est à la nuit tombante que le Corail se glissa de nouveau dans les eaux de la Baie Nécrolithe...


Ce qu'il se passa après l'accostage au Bosquet.
Spoiler : :
La flamboyante Cap'taine Dreir la Saline fut la première à débarquer, virevoltant et atterrissant avec classe sur le quai après qu'Oriel l'ait - à la demande de la Sylvari - envoyée en l'air. Expression qui fera sans doute sourire ceux ayant vécu la traversée, ou ceux ayant entendu les vantardises du Charr à propos de certaines performances. Toute la troupe Griffépine mit pied à terre, tous indemnes ou presque, la cheville de Damroctod mise à part. Cypries et les Protecteurs Phreise et Tapgep menèrent immédiatement les Reader, coupables de cannibalisme, empoisonnement de clients, vente de Rêveurs à la Cour, à l'Arche du Lion via le portail. Au Fort Marriner, la Garde du Lion reçut le dossier avec perplexité, la situation dépassant légèrement leurs lieux de juridiction. Néanmoins, tout porte à croire que la famille sera mise en prison, et l'enfant de Carmen Reader, encore à naître, placé en orphelinat. Peut-être même dans l'orphelinat géré par l'amie de Naira, qui en fit plus tard la suggestion.
Cypries revint au Bosquet avec les deux Protecteurs, et les mena aux bureaux de la Belladone pour qu'ils demandent à être affectés dans la région. Cypries leur vanta les mérites d'un certain Capitaine Cappaeriel et de Caer Emeraude, mais peut-être préféreront-ils simplement rester au Bosquet. Sur le trajet, ils croisèrent un Gyffen en méditation sous les branches de l'Arbre Clair. Le reste de la troupe célébrait le retour et retrouvait leurs amis à l'auberge du Bosquet. Cypries fit le tour de tout ce petit monde et... regagna la cosse des Veilleurs du Bosquet pour se mettre au courant des dernières nouvelles. Il occupa son bureau pendant une heure ou deux, complétant et rangeant des dossiers, se mettant à jour sur le front nord de Caledon, bref, retrouvant avec naturel ses responsabilités habituelles.
D'autres rumeurs parlent d'une suite de nuit passée avec son compagnon, Amynarmëh. Mais ceci, d'une part, ne vous regarde pas, et d'autre part... est une autre histoire.
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Cappaeriel
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Re: [Évènement/RP/Récits]Les Endormis de Tersech

Messagepar Cappaeriel » 28 Janvier 2014, 14:55

Épilogue, au village d'Espoirvain

"Vous m'avez fait mander, ma Dame Vespide."

La courtisane s'inclina aussi bas que bas se pouvait être, une main retenant sa jupe de feuilles, légèrement tremblante. Elle n'avait pas d'escorte, et les deux gardes de la chambre ne lui avaient lancé qu'un bref regard indifférent avant de lui ouvrir.

"Oui, Mharinde. Entrez donc, je vous prie. Et refermez derrière vous."

Fit la voix de sa maîtresse, douce mais ferme. La petite intendante redressa la tête, posa un pied en avant, et se saisit doucement de la porte pour la refermer derrière elle.

"Je voulais vous féliciter pour vos performances récentes, Mharinde. Contrairement à d'autres, vous vous êtes prouvée stable et fiable. Des dons qui deviennent rares, ces temps ci."

La Vespide tourna vers elle son visage démasqué, rayé de jaune et noir. Ses yeux immenses, insectoïdes, oranges et dévorants, étaient fixés sur sa servante, qui ne put s'empêcher de frissonner. Elle n'avait que très rarement vu le Chevalier Vespide sans son masque. L'absence de masque signifiait une rencontre informelle. Et la Vespide était tout sauf informelle.
Mharinde inclina légèrement la tête, et murmura avec modestie :

"Je fais de mon mieux sous votre tutelle, ma Dame. J'honore vos enseignements."

L'autre se rapprocha, dans un froufrou des végétaux de sa longue jupe. Elle sentit deux doigts froids lui saisir le menton, sans violence, et lui relever le visage avant de le lâcher.

"Je sais, Mharinde. Je tenais juste à vous le dire. Trop rarement, la valeur des serviteurs leur est rappelée. Tant qu'ils savent garder leur place."

Elle eut, de nouveau, le réflexe de baisser les yeux, tombant sur les mains mobiles de la Vespide. Les doigts s'agitaient et parlaient par signes, sans que son regard ne quitte Mharinde. Ou était-ce vraiment le cas ? La jeune intendante eut un sursaut de surprise silencieuse, et releva les yeux vers sa maîtresse, qui lui sourit simplement en hochant la tête.

"Face à la déception des Readers... et de mon Torve, bien sûr, vous au moins vous êtes avérée un atout fiable. Votre gestion des désirs de notre Baronne Lainne, puisse son sourire être acéré, a été exemplaire depuis plusieurs mois. Vous avez su faire preuve d'initiative et d'intelligence, sans oublier bien sûr qui vous étiez."

J'ai besoin de vous., signèrent les mains de la Vespide, doucement, en la langue des Grouillants. Une place est désormais vacante. Vous la remplirez.

Les mains gourdes, tremblantes, elle signa en retour des mots que ses lèvres ne prononçaient pas :
Je ferai selon vos commandes, Vespide. Ma loyauté vous est acquise. Que dois-je faire ?

"Oui, ma Dame. J-je veux dire..." fit-elle en balbutiant. Elle s'embrouillait. "Vous m'honorez."

"Là où je veux en venir, c'est que vous méritez une ample récompense, voilà tout. Il n'est nul besoin de paniquer."
Quels sont nos mots, grouillante ?

Pas de cime sans racines.


En leur langue, en la langue signée que les serviteurs seuls employaient, cime et Baronne se disaient main levée, doigts écartés en vastes branches... et les racines, comme la Menée Grouillante, étaient le geste inverse, paume vers le sol. Mharinde plissa les yeux, et signa de nouveau.

Avant tout autre être, je vous suis loyale, mon Chevalier.

La Vespide était en pause pensive. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire.

"Vous irez profiter de ce que vous voudrez aux réserves, et/ou aux prisons, Mharinde. Je sais que vous n'êtes pas une créature d'excès, et je vous respecte pour cela, mais vous l'avez réellement mérité."

Le Torve est mort. Sa place doit être prise. Vous avez quelque talent pour la sculpture, n'est-ce pas ?

Oui, ma Dame. J'étais artiste.

Ce que je vais vous demander, et ce que le Torve réalisait pour moi est sans commune mesure avec ce qu'un simple artiste peut réaliser. Mais vous devrez apprendre à les préparer pour moi, comme il les faisait. Vos dons nécrotiques seront d'une utilité certaine.

Que dois-je faire ?

Il est plus facile de le montrer que de l'expliquer.


"Bien sûr, l'échec des Readers nous laisse à court de prisonniers sylvaris d'un quelconque intérêt, mais vous devriez pouvoir vous défouler sur un hylek ou deux."

Le regarde immense de la Vespide plongea dans celui de Mharinde. Et ses doigts signèrent, plus lentement :

Gardez vos mains devant votre bouche, et évitez de faire trop de bruit. Vous pourriez être surprise.

Puis la Vespide recula, de nouveau, se dirigeant d'un pas ample et gracieux vers un coffret végétal, étroit et allongé, noir et lisse comme la grande gousse d'une plante mystérieuse, mais presque entièrement recouvert d'entrelacs de fines lianes tressées, qui demeurait à l'horizontale au pied de son lit, scellée dans la terre par de puissantes racines. Le Chevalier caressa les veinules, les radicelles noires de la gousse, de gestes complexes et précis, presque dansants, les yeux fermés dans sa concentration. Comme un nid de serpent, les uns après les autres, les liens glissèrent pour libérer la longue gousse de leur étreinte.

Mharinde maintint ses mains sur sa bouche, obéissante, tandis que la chose se déverrouillait.

A l'intérieur, polis, séchés, lissés et apprêtés comme des masques, les yeux creux, des visages se trouvaient, alignés en rangs clairs. Et alors que ses yeux les détaillaient, elle comprit pourquoi sa maîtresse lui avait intimé le silence. Elle en reconnaissait, non pas un, mais plusieurs. L'immense majorité de ces masques qui avaient autrefois été des sylvaris, en fait.

Elle déglutit. Lentement, la surprise passée, elle releva les yeux vers la Vespide, qui la fixait de nouveau, la tête penchée sur le côté.

"-Ne dites-vous rien ?
-S-si, ma D-Dame, c'est un h-h-onneur et je... j'en profiterai au mieux. Excusez-moi."


La Vespide signa.
Pas de cimes sans racines.

Est-ce que c'est... ? Et ça, est-ce ? Qui ? Tous ?

Presque tous, oui. Dites-le, grouillante. Pas de cimes sans racines, et c'est à moi que vous êtes loyale.

Comment avez-vous acquis ces visages ? Personne ne sait ?

Lentement. Et non. Dites-le.


Mharinde prit une grande inspiration. Aucun mot ne devait sortir de sa bouche, mais le geste était là pour sa forme. La courtisane tremblait, même si ses lèvres ne pouvaient, désormais, plus se départir d'un sourire tordu, larmoyant. Cela faisait beaucoup à assimiler pour quelqu'un qui n'était venu que dans la certitude de se faire réprimander pour telle ou telle erreur.

Pas de cime sans racines. Je vous suis loyale avant tout autre être, et je vous aiderai dans vos entreprises, du mieux de mes capacités.

Bien.


"Allez-y, ma fille. Profitez !"

Fit-elle d'un ton informel, presque rieur, retournant Mharinde en lui poussant sur l'épaule, la dirigeant vers la sortie.

La Vespide était tout sauf informelle.

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