[Campagne Cauchemar] Lettre à Digg (Aësyl captive > Neithan)

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Cypries
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[Campagne Cauchemar] Lettre à Digg (Aësyl captive > Neithan)

Messagepar Cypries » 31 Mars 2013, 22:26

[HRP] Quelques spoilers de-ci de-là mais rien de trop grave. Un texte pour mettre à jour sur l'avancée de la campagne. [/HRP]

Cypries, assis dans la petite maison que partageaient Filmania et lui au Bosquet, reprit un peu d'encre et replaça sa plume au-dessus du parchemin déroulé devant lui à même le sol. Autour de lui, des images, des sensations et toutes sortes de souvenirs récents se répandaient dans le Rêve.
La discrétion n'avait jamais été son fort. Mais le lieu était normalement un havre de paix et de sécurité.


Cher Digg,

dans mon précédent courrier, je m'étais arrêté au fait que je surveillais le Cercle de Ciguë et que je me sentais tout seul.
Le reste du groupe m'a finalement rejoint ! Mais j'ai compris à quel point il était dangereux de souhaiter quelque chose, car...
Il y a eu un problème. Aësyl est prisonnière. Je l'avais autorisée à aller jeter un oeil, seule et indécelable comme elle sait si bien le faire.
Sans prendre de risque, je l'avais précisé. Ce qu'elle n'a pas fait, un peu trop enthousiaste qu'elle était. Je m'en veux tout de même.
C'est dur d'être un preneur de décisions, surtout quand il n'y a aucun choix idéal.


Autour de lui, des souvenirs imagés de la scène. Le groupe de Rêveurs à l'affût non loin de l'entrée sud du Cercle de Ciguë... L'arrivée de nouveaux captifs... L'inquiétude... Aësyl qui convainc assez facilement Cypries de l'envoyer espionner... Cael, avec sa longue-vue Charr, qui la voit se faire capturer... Le Cercle qui se met en branle bas de combat... Les Rêveurs qui se retranchent dans un campement de Protecteurs. Une sensation de dépit, de culpabilité...

Nous avons capturé une sentinelle de ce Cercle dans le but de l'interroger. Il s'est avéré être un captif, qui n'avait pas encore cédé au Cauchemar...
Mais qui été retenu par la menace d'une graine explosive implantée dans son dos. Et maltraité, aussi. De manière assez classique.
Visiblement, le Cauchemar apprécie l'idée des relations charnelles, enfin, écorcielles, forcées. Quel plaisir y trouvent-ils ?
C'est à n'y rien comprendre.
D'ailleurs, je réfléchis beaucoup à l'idée de plaisir, ces temps-ci. Il semblerait que tout le monde n'en ait pas le même concept.
Ni n'en ressente pour les mêmes raisons. Étrange.
En tous cas, Svyllia a pu me faire découvrir le plaisir gustatif grâce à des illusions de goût. C'est surprenant. Je m'amuse d'autant plus à cuisiner.
Et, décidément, le mieux pour se rendre compte de quelque chose, c'est de le tester soi-même.


Des idées de menus flottèrent autour de lui. De l'agneau fondant ? Un peu de romarin ? Il mémorisait chaque illusion de goût que lui donnait Svyllia. C'était éphémère et compliqué, mais il y arrivait plutôt bien pour l'instant. Ce serait sans doute plus difficile avec des dizaines de goûts différents à retenir.
Il s'efforça de se reconcentrer.


Je m'égare. Désolé.
Notre captif se nomme Duraïg. Il était au service d'un Chevalier du Cauchemar. Le Chevalier de Pestilence.
J'aimerais t'en transmettre l'image via le Rêve, je ne peux pas vraiment me dépatouiller avec des mots pour cela. C'est trop peu, les mots.
Disons qu'il est méchant. Si Orvain le Chevalier d'Asphyxie est la Violence, et Aloïsa le Serpent, lui serait sans doute le Chaos.
Globalement, ils sont tous méchants et fous, de toutes façons. Et immunisés à toute forme de regrets.

Bref. Grâce à Duraïg, nous avons appris que nos plans fonctionnent. Le Chevalier d'Asphyxie s'allie avec certains Chevaliers pour retrouver Bhrionnù.
Et il s'allie avec Pestilent pour nous trouver, nous. Il trouve que certains Rêveurs lui mettent trop de cailloux dans les racines, ces temps-ci.
Nous allons sans doute élaborer une contre-stratégie. J'ai déjà plusieurs idées, mais il ne serait pas rentable de s'occuper d'Orvain trop tôt.
Il est notre outil, il doit d'abord remplir son oeuvre qui est de nous aider à retrouver la Forgeronne. Chaque chose en son temps.


Il repensa à Duraïg. La manière dont il avait plaqué au sol sous lui le petit Sylvari tremblant, un couteau pointé sur son oeil. Sa panique grandissante avec l'interrogatoire, la graine dans son dos qui explose, sans le tuer, mais répandant alentours une puissante vague de confusion et agissant comme un signal pour le Cauchemar. Puis la fuite éperdue du petit groupe vers le Bosquet... Duraïg confié à son Cercle, celui de l'Aube... Le repos bien mérité.
Il préféra inscrire une conclusion plus sobre. Il ne faut pas inquiéter de trop les gens dans les courriers.


Tout s'est plutôt bien passé, au final. Je suis cependant très inquiet pour Aësyl toujours captive.
Le fait qu'elle ne craigne pas la torture car elle y est habituée n'est pas une excuse. J'ai mal pour elle.
J'ai mal pour Merric, aussi. D'autant plus sans savoir ni où ni ce qu'il est exactement.
Heureusement, je suis toujours aussi idiot et très capable de m'arrêter de réfléchir.
Donc je ne rumine pas trop. Ce serait un comble pour un être végétal, de toutes façons.


Des images de bovidés. L'idée qu'il aime bien les dolyaks. Les dolyaks sont calmes et gentils et obéissants. Les dolyaks, c'est bien.

Le groupe se resolidarise un peu. Chacun a toujours ses problèmes à lui, c'est normal. Mais ils sont de plus en plus traités en parallèle à notre devoir.
Je préfère ça et de loin.
Filmania prend un peu de recul en allant aider les réfugiés aux Cimefroides. Je ne lui en veux pas.
Mieux vaut reconnaître quand nous sommes trop touchés que de nous battre avec l'esprit incertain. Le doute est une arme du Cauchemar.
Elle va tout de même bien. Heureusement.


A part de lui-même et de ses compétences, Cypries doutait peu. Droit et raide comme un "i" dans le Rêve. Gagnant progressivement en sévérité, mais aussi en stabilité.

Moebius est amoureuse, quant à elle. Tu aurais dû voir son décolleté l'autre fois à l'Ombre du Lion. Même moi je l'ai remarqué.
C'est un signe irréfutable qu'il était vraiment vraiment ostensible. Mais je suis heureux pour elle et le Norn. On dirait un amour sylvari.


Cypries espéra brièvement que la Norn avait tout de même eu la présence d'esprit de mettre le cadavre du corbeau blanc messager de la forgeronne dans une boîte-à-froid asura. Peut-être viendrait-il le temps pour de la nécromancie, pour qu'il mène le groupe à un potentiel lieu de repli de Bhrionnù.

Nous avons poursuivi l'interrogatoire de Shïnay la Silencieuse, mais nous tournons en rond.
Nous ne pouvons ni l'utiliser de manière évidente, ni la relâcher sans qu'elle risque d'aider Bhrionnù.
Et bientôt, nous ne pourrons plus non plus la garder aux Jardins de Belladone.
Mais elle devrait obtenir le statut de prisonnière de guerre du côté des Veilleurs. Moebius et moi avons bien fait de tenir les dossiers à jour là-bas.
Elle sera juste bien moins confortablement installée. Cela ne me réjouit pas. Je ne la déteste pas, au fond.


Image de Shïnay. Rattachée à l'image d'un souffle de vent agaçant qui met les feuilles-cheveux dans un sens désagréable. Impression de chaos et d'imprévu. Ni bon ni mauvais.

Nous allons peut-être avoir de l'aide d'un autre groupe de Sylvaris. Nous avons rencontré un certain Astval, ami de Cael.
Il faisait partie d'un groupe, les Traqueurs, qui se sont fait battre par le Cauchemar. Lui seul a survécu.
Il est vieux, déjà. Trois ans. Il m'a fait bonne impression. Très droit, dans le Rêve. Fiable.
Son groupe actuel, je ne sais pas trop. Opposé au Cauchemar. Mais beaucoup de Silencieux visiblement. Et aussi Scyerae.
Tu sais, la Sylvari instable qui venait souvent à l'Ombre du Lion avec des masques et des déguisements. Elle clignotait toujours pour entrer ou sortir.
C'est la compagne d'Astval. Cela ne me rassure pas. Mais bon. Je fais des efforts, car il parait que je deviens trop intolérant et trop dur.


Cypries se questionna un peu. Il se trouvait sévère, peut-être, mais juste tout de même. Méchant ? Non... Si ? Non. Par contre, ses mots sortaient toujours trop vite et trop crûment. Mais au moins était-il franc et honnête. Ce n'était pas si mal. Si ? Non. Et puis il était tout de même loyal, même s'il exprimait son désaccord sans détour.
Il mit de côté son introspection.


Astval a un ami, un forgeron. Silencieux. Neithan.
Il a travaillé avec Bhrionnù à l'époque où il forgeait autant pour les Rêveurs que pour le Cauchemar.
Il voyait ça comme de la neutralité.
Je vois ça comme hypocrite. Si quelqu'un souhaite ne pas prendre parti, mieux vaut ne pas s'impliquer du tout.
Astval a des raisons solides mais non détaillées dans le Rêve de lui faire confiance.
Alors le forgeron va tenter de rencontrer Bhrionnù. Il pense pouvoir entrer en contact avec elle.
Nous prenons nos précautions, et nous verrons bien. Nous multiplions les pistes, l'une finira bien par aboutir.


Quelques pensées de stratégies sur l'avenir. Une réflexion rigide, quasi-militaire. Très ordonnée. Cypries appréciait l'ordre. Il n'était pas fait pour jouer à un jeu de bluff ou de hasard. Il était fait pour des stratégies offensives mais extrêmement solides, et commençait tout juste à parvenir à s'adapter à des ennemis qui n'étaient pas juste en face de soi, à combattre directement, comme les sbires de Zhaïtan au front d'Orr. Il se savait naïf, encore et toujours naïf, et cela l'agaçait.

Et pour les pistes qui n'aboutiront pas... Nous saurons nous occuper des obstacles qui auront nui à leur aboutissement.
Nous savons à présent nous défendre et nous organiser. Nous allons ensuite apprendre à punir. Pas nous venger. Punir.
Punir fait partie de protéger. C'est du contrôle, c'est de la justice, c'est de la protection à l'avance.
Et je dois protéger. C'est mon devoir, c'est l'appel que je ressens depuis toujours dans le Rêve.
Après tout, si j'ai été capable de faire peur à Duraïg, alors il est grand temps que notre groupe parvienne à être pris au sérieux.

Amitiés,

Cypries.



Cypries enroula le fin parchemin, le colla avec une goutte de sa sève - la petite entaille sur le côté de sa main se referma presque immédiatement - et le numérota.
Puis il le déposa avec un petit tas d'autres parchemins enroulés et soigneusement numérotés, dans un coin de chez eux.
Un jour, il les donnerait en mains propres à Digg, qui connaîtrait alors toute l'histoire dans l'ordre.
Et avec un parti-pris cypriesque. Bien sûr !

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