[Campagne Cauchemar] Surveillance du Cercle de Ciguë

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Cypries
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[Campagne Cauchemar] Surveillance du Cercle de Ciguë

Messagepar Cypries » 30 Mars 2013, 02:36

*********************************** Dans les épisodes précédents... ***************************************

Résumé de la Campagne tel que l'on pourrait en entendre parler au Bosquet.

L'on raconte qu'une Sylvari du nom de Bhrionnù, recherchée par les Protecteurs, vit comme "forgeronne" au service du Cauchemar, et crée des armes à partir de Sylvaris vivants... Emprisonnant leur conscience dans l'arme et ne laissant derrière elle qu'un cadavre de débris végétaux poisseux de sève. Elle offre l'arme à un Sylvari qui avait un lien avec le Sylv'arme, de son vivant. Sans le prévenir. Pensant ainsi créer des duos extrêmement soudés et efficaces, entre arme et manieur. Mais les armes sont "perturbantes", peuvent partiellement communiquer dans le Rêve... et ne veulent pas forcément le bien de leur manieur. Car les Sylv'armes ainsi emprisonnées semblent souffrir.

Cappaeriel, un Sylvari d'environ six mois, possédait un espadon de ce genre, dénommé "Mentor'. Il a fini par découvrir qu'il était "maudit". Avec l'aide de ses amis, il purifia l'arme grâce à l'eau la plus pure, que l'on puise dans le sanctuaire tout en bas du Bosquet. L'arme s'est dissoute, hurlant une dernière fois dans le Rêve, un hurlement horrible qui déchira le calme et la paix du Bosquet. Cappaeriel y reconnut la voix de Meantoïr, la première Sylvari qu'il avait côtoyée et appréciée.
Ses amis et lui ont bien tenté d'arrêter Bhrionnù, mais sans succès. Ils ne purent que la chasser de l'un de ses repaires, y délivrant un Sylvari du nom de Merric, qu'elle destinait à un état de Sylv'arme.
Bhrionnù est à ce jour recherchée par l'ensemble des Protecteurs et rares sont les Rêveurs à ne pas avoir entendu de rumeurs à propos de ses méfaits. Il paraîtrait même qu'elle considère les Sylv'armes comme ses enfants... Et serait persuadée de faire cela pour le bien des autres.

Cappaeriel a ensuite été capturé par le Cauchemar...
S'inquiétant - évidemment !- de sa disparition, ses amis et compagnons (Nohya, Chloridith, Filmania, Svyllia, Moebius, Aësyl, Merric et Cypries) se lancèrent dans une enquête longue et difficile. Il s'avéra que Cappaeriel avait été vendu à l'Enqueste. Ils durent faire face à de nombreux dangers, de rudes combats, de délicates infiltrations, de difficiles négociations avec des Asuras déclencheurs de migraines, de douloureuses trahisons... Chacun sut se rendre utile et faire la différence, à un moment ou à un autre, et chacun de ces jeunes Sylvaris (et la Norn - Sylvari honoraire, aussi) apprit beaucoup de ces aventures.
Le groupe parvint à récupérer le disparu, presque entier, amputé d'une langue et d'un doigt, et étrangement... bleu.

Hélas, il ne fut pas possible de célébrer la victoire, car Merric perdit la vie le lendemain. L'on ne retrouva de lui que des restes laissant penser qu'il avait été réduit à l'état de Sylv'arme. A un endroit pourtant si proche du Bosquet...

Fortement ébranlés par cette nouvelle tragique, le groupe se mobilisa une fois encore, et appliqua une stratégie visant à faire passer Bhrionnù comme traîtresse au Cauchemar. Sous couvert d'illusion, le groupe fit croire au Chevalier d'Asphyxie, Orvain, le dirigeant du Cercle de la Ciguë du Cauchemar, que Bhrionnù cherchait à le tuer. Orvain mordit visiblement à l'hameçon, et Bhrionnù doit à présent faire face aux recherches croisées des Rêveurs et du Cauchemar... Seule contre tous ?
Du moins, le groupe l'espère.
Cette stratégie n'est pour l'instant pas connue publiquement, pour des raisons évidentes.

A ce jour, nos héros disposent donc, dans une cage du Bosquet, de Shïnay, une Silencieuse qui a aidé Bhrionnù, peut-être malgré elle, en les menant dans un piège. Ils l'ont capturée à Brisban. Ce qu'il adviendra d'elle reste encore à écrire.
Sur Bhrionnù directement, le groupe était parvenu à récupérer son corbeau blanc messager... ou plutôt son cadavre. Il était envisagé d'utiliser la nécromancie pour espérer savoir où il était censé retrouver sa maîtresse... Mais sans le concours de Merric le Nécromant, cette piste ressemble hélas à une impasse.

Pour l'instant, le groupe s'occupe donc de surveiller le Cercle de la Ciguë de près... Quoi qu'apprenne le Chevalier d'Asphyxie, il faut que nos héros le sachent aussi, sans quoi leur plan et leur illusion n'auront servi à rien.

Cependant... Seul Cypries et quelques Protecteurs se chargent pour l'instant de la surveillance.
Le reste du groupe semble... éparpillé ?
Que font donc nos héros ?
Leur plus grand ennemi deviendrait-il... eux-mêmes ?


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Cypries se tapit un peu plus dans les hautes herbes. Sa tenue végétale, aussi protectrice qu'une armure lourde, adhérait parfaitement à sa peau-écorce plus tendre, sans le moindre bruit à ses mouvements. Ses teintes brunes et vertes lui offraient un excellent camouflage.
Il n'avait jamais été très doué en discrétion, mais, vu l'importance de la mission, mieux valait qu'il apprenne vite. Il songea un instant à Aësyl ou Moebius... Elles auraient été tellement meilleures que lui... Lui qui ne pouvait rester qu'assez loin, en sécurité. Et puis, il avait demandé à ce que personne ne prenne de risque seul quand il s'agissait du Cauchemar, il ne pouvait quand même pas donner l'exemple contraire...
Il soupira.

A sa droite, Tovar, une sentinelle parmi les Protecteurs Sylvaris, qu'il connaissait un peu. Paré de longues feuilles, extrêmement discret dans le Rêve, il semblait ne faire qu'un avec la végétation environnante. Et il était parmi les plus grands habitués de la région du Cercle de la Ciguë, un guetteur fiable depuis des années déjà.
Le Cercle de la Ciguë. Un Cercle relativement ancien... et solidement implanté, bien défendu. Il faudrait une opération militaire de grande ampleur pour espérer le renverser, et les pertes seraient sans doute extrêmement élevées.

Tout était calme du côté de l'entrée sud du Cercle de la Ciguë. Depuis l'avant-veille, il ne s'était rien passé, ou presque. Le dernier évènement avait été la capture de l'un des sous-fifres du Chevalier d'Asphyxie. Son interrogatoire par les Sentinelles avait permis d'apprendre que son maître avait effectivement lancé un vaste branle-bas de combat pour retrouver la forgeronne traîtresse. Un lien particulier avec la Sylvari Moith, gradée Chevalier, responsable de l'Antre de Bercebruyère serait à noter... "Perce-gruyère", avant dit, enfin, avait écrit Cael. Tout était lié, décidément. Cypries ne croyait au moins plus aux coïncidences. Un premier pas vers un score de crédulité et de naïveté un peu moins mortel ? Espérons.

Cypries soupira à nouveau.
Tovar tourna la tête vers lui, et murmura, très bas :

- Tu t'ennuies ?
- Pas vraiment. Je crois que je suis triste.
- Triste ? Pour ?
- Aucun de mes compagnons d'armes n'a répondu à mon appel. Nous aurions pu nous relayer pour surveiller, mais... Ils ont tous mieux à faire. Pour la plupart, le "mieux" implique leur vie sentimentale.
- Je vois.
- Je crois que je leur en veux. Je n'aime pas leur en vouloir. Mais les sentiments et le devoir, ce sont deux choses séparées. On voit qu'ils n'ont jamais été au front... A part ma compagne qui s'occupe de son travail et combat justement au front, et une amie qui doit se remettre de ses blessures à la mâchoire, je crois que je perds confiance en les autres. J'ai du mal à trouver leurs raisons valables pour leur absence.
- Qu'est-ce qui t'a mené à surveiller ce Cercle, au fait ?
- Ce qui NOUS y a menés, plutôt. Seul, je n'aurais jamais rien pu faire. C'est pour notre ami Merric que nous sommes venus jusqu'ici. Il est "mort", mais sans l'être vraiment. Il est quelque part, à l'état d'arme, à cause de la forgeronne. Et nous n'aurons de cesse d'agir jusqu'à ce qu'il puisse... qu'il puisse... Ne plus être entre les mains de sa tortionnaire. Ne plus souffrir. Lui n'a jamais baissé les bras ni ménagé ses efforts, jusqu'à ce que nous retrouvions notre ami captif du Cauchemar. Nous lui devons la pareille.

Cypries grimaça, repensant à Merric qu'il avait incité à revenir dans leur quête du Cappaeriel disparu. La question de quelle forme il avait à présent le rongeait, inlassablement. Il reprit, murmurant toujours :

- Enfin, je dis "nous", mais je crois que pour les autres, il y avait surtout une grande part de vengeance personnelle. Et depuis qu'ils ont bien vu que ce n'était pas si simple et qu'ils n'assument pas cette motivation, ils se... débinent un peu. Ils fuient leur devoir. Et je ne pensais pas... je ne pensais pas qu'ils étaient "comme ça". Peut-être que mon frère va finir par venir. J'espère... En tous cas, je n'arrive pas à être un "motivateur" pour notre groupe, j'en ai peur.

Tovar l'observa quelques instants, puis secoua la tête :

- Je peux comprendre ton désarroi, mais ton état-d'esprit se reflète trop fortement dans le Rêve. Tu vas finir par nous faire repérer.
- J'essaie de... De limiter mon impact dans le Rêve. Désolé. Je ne suis pas bon pour ça, répondit un Cypries bleuoyant.
- Retourne au campement. Tu as besoin d'une pause. Je finis ce tour de garde, je te tiendrai au courant. Tu es encore jeune, toi aussi... Jeune et faillible. Ne l'oublie pas. Toi aussi, tes émotions affectent ton devoir.

Cypries s'inclina face à son aîné, et quitta le poste d'observation en faisant un large détour, courbé et silencieux, comme les sentinelles le lui avaient enseigné.
Pensif, peu fier de lui, et un peu triste. Seule l'amère satisfaction du devoir accompli de son mieux l'aidait à maintenir son moral hors de l'eau.
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Cappaeriel
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Re: [Campagne Cauchemar] Surveillance du Cercle de Ciguë

Messagepar Cappaeriel » 30 Mars 2013, 13:28

S'exprimer sans son ardoise, brisée en mille morceaux dans un stupide accès de colère, ni ses feuillets volants, depuis longtemps déjà tous utilisés, s'avérait bien plus compliqué encore avec les Protecteurs qu'avec ses amis. Cappaeriel soupira et gratta le sol du pied, agitant les bras, secouant la tête, grognant et claquant des mâchoires. Dans les hauteurs de leur tour de guet, les deux Protecteurs lui jetaient des regards dubitatifs.
Entre tout, pourquoi avait-il fallu qu'ils s'attaquent à sa langue ? Oh, il savait précisément pourquoi, c'était les hurlements, et les cris de rage, la seule liberté qu'il lui était encore resté. Mais il n'en demeurait pas moins -ils avaient été d'une cruauté qui dépassait nettement leurs expériences. Et le maintenait dans un état de bouillonnement presque perpétuel depuis sa libération -entre autres facteurs. Il était mauvais avec le rêve, mauvais avec l'écriture : pas meilleur avec les mots, mais parfois, crier était simplement bien plus explicite que n'importe quoi d'autre. Et face à lui, les deux guetteurs sur leur tour hésitaient, malgré ses armes à terre et ses bras agités de la manière la plus pacifique possible, parce qu'ils le sentaient très certainement en colère.
La sentinelle Protectrice dût percevoir ce bouillonnement plus comme de la frustration que de l'hostilité, parce qu'elle finit par descendre de sa tour, après s'être brièvement entretenue avec son collègue archer, qui, bien en joue, ne quittait pas le grand sylvari des yeux. Cappaeriel soupira et attendit de la voir descendre. Face à lui, la Protectrice pencha la tête, l'inspectant de haut en bas. Il baissa les yeux, intimidé. Et s'il avait l'air trop stupide ? Et il était déjà en retard, bon sang, avec tout ce qui s'était passé et l'entraînement et Nohya -non, pas penser à Nohya, là. Il avait un devoir. Il avait pris soin de l'écrire en grosses lettres dans sa tête chaotique : UN DEVOIR. Et il devait s'en souvenir.

"Qui va là, mon ami ? On a perdu sa langue ?" fit la Protectrice, qui visiblement ne savait trop sur quel pied danser. Peut-être faisait-elle simplement écho à l'embarras de Cappaeriel ?
"'i." se contenta t-il de répondre en haussant des épaules et hochant la tête. Il prit un plaisir pervers à la voir verdir, avant de se reprendre -et de verdir à son tour pour avoir osé y songer. Sa tête était de plus en plus polluée de méchancetés et mesquineries, ces temps-ci, semblait-il. Il bafouilla -tenta de bafouiller des excuses pour ce qu'il venait d'exprimer dans le rêve. La sentinelle l'inspecta une seconde fois, tandis que son camarade baissait son arc.
"Oh. Désolée. Tu dois être Cappaeriel, le Veilleur, c'est ça ? Ton ami nous a dit... enfin, Cypries nous a dit. Nous ne vous attendions plus. Les autres arrivent ?"
Cappaeriel baissa la tête. Evidemment, on ne l'attendait plus. Il était resté au Bosquet à se morfondre -enfin, pire que se morfondre, à donner des coups dans un mannequin, comme s'il apprenait encore quoi que ce soit à taper un tas de racines tout seul. Il secoua négativement la tête -les autres n'arrivaient pas. Les autres devaient être déçus de lui et- non, il se morfondait encore ! Décidemment.
Il n'y arrivait pas. Il y avait la mission, et il y avait le reste, qui lui donnait l'impression de s'écrouler au fur et à mesure qu'il essayait de le reconstruire. En mission, tout allait bien, sauf qu'il s'épuisait à la tâche. Et c'était une bonne chose, ça lui évitait de s'encombrer la tête. Mais il fallait toujours que les autres en rajoutent par dessus. La permission qui lui avait été accordée par les Veilleurs se trouvait plus une malédiction qu'une bénédiction -elle serait bientôt finie, l'Arbre Clair soit loué, et il aurait deux fois plus de combats à mener pour se passer les nerfs.
Allez. Ca suffisait. Plus de disputes, plus de questionnements, plus de coups de tête dans les murs : il laissait ça derrière, au Bosquet et à l'Arche.

Il pénétra dans le campement, talonné par la Protectrice. Il salua timidement les présents, tous plus expérimentés que lui ou presque, et tous... enfin, certains, sachant qui il était. La sensation était étrange, d'autant que lui, il n'avait rien vraiment fait encore. Mais il était "le grand guerrier muet qui a été capturé par l'Enqueste".
Il posa ses affaires en vrac dans le coin qu'on lui donna. Il pouvait s'installer n'importe où, vraiment. Après avoir lâché son fusil, ses haches et son bouclier, il commença à détacher les plaques de sa grosse armure de Veilleur, pas mécontent de pouvoir s'en débarasser -en dessous, son armure végétale de toujours, un peu plus souple, mais non moins lourde. Il doutait d'avoir l'usage de son armure de plate lors d'une mission d'observation, mais on ne savait jamais. Et puis il tendit à la sentinelle ce qu'il avait ramené de l'Arche et fort Marriner -il fallait bien se faire pardonner pour son absence- : un sac de jute marqué des couleurs des Veilleurs, et rempli de longue-vues charrs pliantes. Il ne savait pas s'ils en auraient l'usage, mais mieux valait être trop équipé que pas assez. Non ?
Il prit le temps de s'installer, soupira, et regarda de nouveau le campement autour de lui, un peu perdu.

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